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Paysans : s’installer encore ?

Ecrit le 10 novembre 2010

 Transmission - Installation

« Transmission - Installation » : le thème est osé en cette période de vaches maigres en agriculture. Une quarantaine d’exploitants agricoles se sont cependant réunis le 27 octobre à Fercé, autour de l’association « Cap 44 » « Construire une Agriculture Paysanne Performante et Plurielle ».

Il s’agissait d’analyser la situation des agriculteurs de plus de 55 ans, voire de 50 ans, pour préparer la transmission des exploitations, en évitant, bien sûr, que les terres aillent grossir les exploitations voisines car « un siège d’exploitation qui disparaît, c’est de la population qui disparaît. Quand une ou deux exploitations sont démantelées, c’est 4 ou 5 emplois en moins » a dit Patrick Baron, heureux d’avoir pu travailler avec des élus des cantons de Rougé et Châteaubriant.

Quelques chiffres
Entre 2000 et 2010, le nombre d’agriculteurs des deux cantons est passé de 431 à 269 soit une perte de 162 personnes (- 37,6 %)

Il y a 71 exploitants de plus de 55 ans soit 26,4 % des agriculteurs des deux cantons. Et 69 % de ces agriculteurs ne savent pas à qui transmettre ces exploitations

L’important : faciliter l’installation des jeunes. « Même si, actuellement, quand on s’installe, on n’est pas sûr d’avoir un revenu ». Actuellement, chez les agriculteurs de plus de 50 ans, l’activité dominante est l’élevage (lait, viande). « Beaucoup d’autres projets, atypiques, peuvent être rémunérateurs ». Il y a des places à prendre dans les GAEC (groupements agricoles d’exploitation en commun), « mais les jeunes préfèrent d’abord s’installer seuls pour tester leur idée ».

Accès au foncier

Paradoxalement, moins on cherche de terres, et plus c’est dur à trouver ! Il y a pourtant des jeunes qui cherchent 2-3 hectares pour s’installer en maraîchage par exemple. Que faire alors du reste des terres de l’exploitation ? Surtout si l’exploitation n’a pas effectué sa mise aux normes ! « Il nous faut trouver des solutions pour ne pas payer trop de charges sociales ». Quoique …

… quoique ...« si nos parents s’étaient battus pour payer de plus fortes cotisations, ils n’auraient pas une retraite minuscule, de 500 à 800 €, et on serait peut-être arrivés à les faire prendre en compte dans les prix agricoles et peut-être à diminuer ainsi le prix de reprise des exploitations agricoles » explique Patrick Baron.

Cela se fait

Laurent Cerisier : « Je souhaitais être mécanicien agricole, j’ai tous les diplômes nécessaires, et j’ai été salarié pendant 5 ans, ce qui m’a permis de rencontrer plein de gens. Mes parents sont agriculteurs et je ne voulais pas laisser partir la ferme. J’ai donc monté un projet en individuel, mais les mises aux normes à faire représentaient un trop gros risque à prendre. Je me suis donc installé avec un autre jeune agriculteur, à la fois pour partager les expériences, et pour avoir une qualité de vie correcte (possibilité d’avoir des WE par exemple). Nous avons été bien accompagnés, une personne de la Chambre d’Agriculture nous a aidés à découvrir que nous avions la même vision agricole. J’ai dû repasser un Bac Pro agricole, et voilà, nous nous sommes lancés en binôme en mai 2008 avec trois productions : vaches allaitantes, génisses laitières, céréales. Ce n’est pas toujours facile car nous avons trois sites à 4 km de distance. Mais cela se fait ! »

Olivier Rinfray : ce jeune a fait un BEP, puis un Bac Pro par alternance et enfin un BTS. Dans les premiers temps, il a travaillé chez Kuhn Huard comme salarié. « Je faisais équipe, tantôt l’après-midi, tantôt le matin, mais cela ne me plaisait pas. Lorsque la crise m’a mis au chômage, j’ai commencé à mûrir mon projet d’installation en agriculture, j’ai trouvé un « cédant » qui ne voulait pas céder à un jeune comme moi. Et finalement j’ai pris la suite de l’exploitation familiale. Maintenant nous sommes trois, et cela me convient bien ».

Je te laisse mon exploitation

Dans la salle des jeunes ont exposé leur problème : s’installer en maraîchage bio par exemple. « Mais il faut de l’eau sur les terres, et une haie autour des champs, et seulement 2-3 hectares. L’installation demande beaucoup de démarches » ont-ils expliqué. Les communes aident les jeunes créateurs avec une politique de pépinières d’entreprises. « Mais en agriculture, il n’y a pas d’atelier-relais. C’est le grand saut de l’installation, sans savoir si ça va marcher ».

Un autre jeune évoque les nécessités du moment : ne pas sur-dimensionner, ne pas se sur-équiper…. Mais, dans notre région, des agriculteurs construisent un bâtiment pour 1000 truies, ou pour 2 millions de litres de lait. Comment ne pas opposer ces deux types d’agriculteurs ?

Et puis, moralement, c’est dur ! « Quand je parle de mon projet autour de moi, je ne trouve pas d’oreille attentive, pas même chez les agriculteurs ! » regrette une jeune femme, ce qui confirme le manque de notre société actuelle : le manque de lien social.

Mata, qui habite, avec d’autres, au manoir de la Grée  , en Soulvache, pense qu’on marche sur la tête. « Il y a des agriculteurs, en retraite, qui ont conservé 2-3 hectares et qui, l’âge venant, ne peuvent plus les cultiver. Ils pourraient bien les confier à un jeune. En échange celui-ci viendrait les voir et leur apporter à manger ! Ce serait mieux que la maison de retraite ! Une prise en charge locale des nos besoins ». Un peu utopique, mais pas faux !

Un autre jeune s’est demandé où on allait avec la réforme de la Politique Agricole commune, et la suppression des quotas laitiers. « Faut-il que les Français continuent à produire comme s’ils étaient les seuls à pouvoir nourrir le monde ? ». On était loin des problèmes de transmission Mais on était dans le cadre des problèmes du moment : le besoin de s’arrêter, le besoin de discuter pour savoir où on va.


Agriculture et développement durable

L’agriculture est souvent interpellée sur l’impact de ses activités en termes de développement durable. Pour apporter des éléments de réponse concrets, la Chambre d’agriculture des Pays de la Loire publie le 1er tableau de bord régional « Agriculture & Développement durable ». Ce document constitue un premier recueil de fiches-indicateurs, diffusé à l’occasion du Congrès des Chambres d’agriculture du 2 juillet 2010. Il rassemble des présentations synthétiques et éclairées de

données objectives qui permettront, dans le temps, de mesurer la contribution de l’agriculture aux trois piliers du développement durable (économie, social, environnement).

Ce travail de fond, engagé début 2010, est le fruit de la collaboration des six Chambres d’agriculture des Pays de le Loire. Il est appelé à être régulièrement enrichi et mis à jour. Il est également destiné à éclairer les décideurs et les acteurs agricoles et non-agricoles, pour accompagner leurs choix stratégiques.

Tous détails en téléchargeant le 1er tableau de bord régional « Agriculture et développement durable » :

http://www.agrilianet.com/pdf/brochure_10_agriculture__dev_durable.pdf


Ecrit le 10 novembre 2010

 Les vaches mangent trop d’herbe

Les vaches françaises manquent de rentabilité : elles produisent 6300 kg par an, contre 8400 au Danemark. Explication : elles mangent trop d’herbe. Du moins c’est ce que dit M. Philippe Rouault, délégué ministériel aux industries agroalimentaires. (Ndlr : c’est vrai ça ! Donnons-leur davantage de produits composés, importés de pays étrangers. Et bientôt, à nouveau, des farines animales, comme le propose le rapport Rouault)

Les bovins à viande sont vendus trop gros et les vaches de réforme trop maigres : c’est aussi ce qu’il dit, le monsieur.

Il faut regrouper les exploitations, et robotiser davantage les usines. (C’est vrai ça, il faut encore supprimer des emplois !)

Quant au prix du lait, il est encore trop élevé, dit Philippe Rouault tout en reconnaissant que le prix du porc est bas, lui, par rapport à nos voisins. Alors si on perd des parts de marché c’est plutôt en raison des coûts de main d’œuvre plus élevés et d’entreprises de taille trop modeste, explique encore notre homme qui, président de l’observatoire économique des industries agroalimentaires et de l’agro-industrie, ne doit pas se contenter de gagner deux ou trois fois le SMIC. (Ndlr : A l’en croire, faudrait-il donc baisser encore les salaires des salariés agricoles et les revenus des paysans ?).

Moins d’exploitations agricoles (donc moins de paysans), moins de salariés dans les usines robotisées, des revenus plus faibles et hop ! Tout ira mieux dans nos villes et nos campagnes et dans nos industries agro-alimentaires.

Sans blague ?

On peut lire le rapport ici :
http://www.journal-la-mee.fr/pdf/rapport-rouault.pdf