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Agriculture : Eco-phyto et certiphyto

Ecrit le 8 décembre 2010

 Moins de pesticides, c’est mieux

L’utilisation des pesticides a permis depuis 50 ans une augmentation considérable des rendements ainsi qu’une régularité accrue de la production. Cependant, la prise de conscience des impacts écologiques et sanitaires liés à l’emploi de ces produits chimiques a posé la question de leur utilisation au cœur des débats sur l’agriculture et l’environnement.

L’objectif est donc de réduire l’utilisation des produits phyto-sanitaires, ce qui implique une nouvelle conception des systèmes de production. Une expérimentation a donc été menée au niveau national, sur un système de 18 « réseaux » accompagnés par des techniciens. Un seul réseau de ce type existe dans les Pays de Loire, à Soudan précisément. Une présentation en a été faite le 2 décembre à Soudan. Déception : il y avait moins d’une cinquantaine d’agriculteurs présents alors que, selon Alain Hunault, la Com’Com’   du Castelbriantais compte un millier d’exploitations. Il y a donc du travail à faire pour évaluer les méthodes de moindre utilisation des pesticides et pour convaincre les agriculteurs de l’efficience de ces pratiques nouvelles.

CCC   80 000 euros
La Com’Com’   du Castelbriantais a décidé, le 1er avril 2009, de mettre en place un « plan pilote » avec la Chambre d’Agriculture, pour 3 ans, « pour accompagner et soutenir les entreprises agricoles qui le souhaitent dans la réalisation d’objectifs du Grenelle de l’environnement » et s’est engagée à apporter 60 000 € par an. Mais le 2 décembre à Soudan, Alain Hunault a parlé de 80 000 €/an. Alors quoi ? 60 000 ou 80 000 ?

 Thierry Chantebel, Stephane Boudet, Guy Papion

Thierry Chantebel a présenté le GAEC (groupement agricole d’exploitation en commun) Maine-Atlantique, constitué avec son associé Hervé Hunault : 60 vaches allaitantes, 150 à 170 taurillons, 184 veaux de boucherie. Avec une surface agricole utile de 182 hectares, dont 72 hectares de prairies. Ces agriculteurs sont entrés volontairement dans le réseau de fermes Ecophyto, « pour optimiser le système de production, maintenir voire améliorer le revenu et libérer du temps ». Stéphane Boudet, entré lui aussi dans cette recherche, apprécie les rencontres   et les échanges entre agriculteurs. « Je réfléchissais tout seul dans mon coin, ça ne va jamais bien loin » dit-il. « J’ai envie de vivre convenablement de mon travail, et en même temps d’avoir une approche environnementale, sans pour autant aller jusqu’à l’agriculture bio ». Guy Papion, installé, lui, depuis 25 ans, relève le côté « ludique » de cette recherche « faire le mieux possible sans passer plus de temps de travail ». Il pense cependant que la recherche du « moins de phyto » entraînera une augmentation du temps de réflexion.

Guy Papion, Stephane Boudet, Thierry Chantebel, JeanClaude Leb

Audit social et financier, diagnostic énergie, réflexion sur le système de cultures, expérimentation d’autres pratiques : « nous espérons davantage d’autonomie financière, mais aussi d’autonomie sociale ». Par exemple, naguère, il y avait traitement préventif systématique des maladies et insectes ravageurs. « Maintenant nous attendons de voir la présence de tel insecte ou de telle maladie, avant de traiter. L’an dernier, nous n’avons pas eu besoin de traiter ».

Avec tout ça la réflexion agricole se fait de plus en plus technique, par exemple avec le calcul d’un IFT (Indice de fréquence des Traitements) et la recherche de stratégies d’évitement, ce qui peut conduire à mélanger les variétés de blé, à faire des semis plus tardifs pour le blé, ou plus précoces pour le colza, à allonger la rotation des cultures en introduisant de nouvelles cultures dans les assolements (la luzerne par exemple), à condition que ces cultures de diversification soient mieux valorisées. Car l’amélioration de l’environnement ne doit pas entraîner des difficultés pour les paysans !

Photo : Guy Papion, Stephane Boudet,
Thierry Chantebel, JeanClaude Leberre

 1000 fermes en 2011

La recherche de ces pionniers est observée à la loupe par les ingénieurs agricoles et par d’autres agriculteurs. Au point que 15 groupes de fermes se sont portés candidats pour 2011 en Pays de Loire. Seuls 6 ou 7 seront retenus, pour des raisons financières. Il devrait y avoir ainsi 100 réseaux (soit 1000 fermes) en France en 2011. Objectif : diminuer de 50 % l’utilisation des pesticides, d’ici 2018.

Certiphyto
Certiphyto

 De la luzerne pour les mioches

Luz

Selon les documents de la Chambre d’Agriculture, la luzerne permet de faire des économies d’azote, elle capte les nutriments et l’eau des couches inaccessibles aux autres plantes, elle supporte des températures élevées et un climat relativement sec, elle permet une couverture des sols en hiver (limitant ainsi l’érosion) et améliore même la structure du sol. Elle résiste bien aux maladies cryptogamiques et n’a guère besoin de produits chimiques contre les insectes. D’une manière générale, les champs de luzerne hébergent des micro-organismes et une faune près de 100 fois plus importante que dans une culture comme le blé, tout en abritant des insectes auxiliaires des cultures environnantes. Formidable !

Mais a-t-on oublié que cette légumineuse a d’autres vertus ? Déshydratée, sous forme de granulés, elle remplace avantageusement les tourteaux de soja pour l’alimentation du bétail. Son usage permettrait de réduire nos importations : 80 % des protéines destinées au bétail européen sont importées chaque année du Brésil, des États-Unis ou encore de Chine … sans certitude d’absence d’OGM !

La luzerne, est aussi un complément alimentaire de choix contre la malnutrition, à partir d’extraits foliaires (1) : la dose journalière est de 5 à 10 g pour un enfant et 10 à 15 g pour un adulte (coût inférieur à dix euros ...par an !, hors transport). Des expériences menées au Nicaragua ont donné des résultats étonnants au point que les extraits foliaires de luzerne ont été qualifiés de « véritable arme contre l’anémie et la pauvreté ». Et pourtant, des millions d’enfants des Pays en développement continuent de grandir avec des lésions dues à l’anémie, avec des retards de croissance et un système immunitaire déficient. Les grands semenciers s’intéressent davantage aux OGM qu’à la lutte contre la pauvreté ! ...


Ecrit le 8 décembre 2010

 Certiphyto

Réduire l’usage des produits phytosanitaires si possible de 50 % d’ici à 2018 : tel est l’objectif ambitieux du plan national Ecophyto, résultant du Grenelle Environnement. Pour ce faire, le ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche a lancé un dispositif de formation expérimental appelé « Certiphyto », à l’issue duquel un certificat est délivré aux professionnels ayant suivi la formation. Ce certificat dont l’obtention sera obligatoire pour tous les utilisateurs de produits phytosanitaires en 2015, garantit que les utilisateurs ont été sensibilisés à de nouvelles pratiques.

En un an, les Chambres d’agriculture des Pays de la Loire et leurs partenaires auront formé plus de 4 700 agriculteurs de la région Pays de Loire à la réduction des produits phytosanitaires.

Les principes du Certiphyto sont les suivants :
– Savoir identifier les risques liés à l’utilisation des produits phytosanitaires, savoir les prévenir ou réagir en cas d’intoxication.
– Savoir évaluer les risques au niveau du siège d’exploitation et être en mesure d’en limiter également les impacts sur l’environnement.
– Etre capable de définir des stratégies pour réduire l’utilisation de ces produits et en limiter les impacts sur l’environnement.
– Savoir raisonner l’utilisation des produits phytopharmaceutiques et organiser leur application

Au plan national, 58 000 personnes auront été formées d’ici la fin décembre : les Chambres d’agriculture des Pays de Loire auront formé 8 % de la totalité des stagiaires formés en France ! Beau travail pour la préservation de l’environnement.


NOTES:

(1) Lire ici : http://www.nutrition-luzerne.org/pdf/nicaragua/nica01.pdf