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Il faut interdire de trembler au Japon

Ecrit le 23 mars 2011

 Lettre du Japon

« Au fil des heures qui passent, la réalité s’impose à nous. De nouveaux chiffres, toujours plus élevés, s’affichent sur l’écran, et je me dis que cela devait être la même terrible expérience pour nos amis au Pakistan et en Haïti, qui souffrent encore aujourd’hui du désastre naturel dont ils ont été victimes.

Hier 14 mars, le gouverneur de Miyagi annonçait que le nombre de morts allait dépasser les 10 000. Et aujourd’hui le réacteur No.3 à la centrale nucléaire de Fukushima a explosé, et voilà que le cœur du réacteur N° 2 est en fusion (à 2 heures du matin le 15 mars, heure locale). Il est évident que les réacteurs nucléaires de Fukushima sont hors contrôle.

http://www.bbc.co.uk/news/world-asia-pacific-12724953

Il y a quarante ans, nos aînés se sont battus contre la construction de centrales nucléaires : ils avaient compris le danger de telles centrales dans un pays sujet aux tremblements de terre. Malheureusement, ce qu’ils redoutaient vient de devenir réalité !

 Interdire les tremblements de terre

A l’époque, le gouvernement japonais a exproprié les coopératives de pêcheurs et les communautés locales pour construire les centrales nucléaires. Il a détruit la source de subsistance de ces gens pour ces centrales, en affirmant que l’énergie nucléaire était sans danger.

Aujourd’hui, le gouvernement et la société d’électricité de Tokyo, TEPCO, répètent à l’envi qu’un tremblement de terre d’une amplitude inhabituelle a frappé le nord du Japon. Pourtant, Hiroaki Koide, professeur associé en recherches sur le nucléaire à l’université de Kyoto a déclaré : « Puisque le Japon est un des pays où les tremblements de terre sont les plus fréquents, il ne devrait jamais y avoir tremblement de terre imprévu si le gouvernement soutient le nucléaire. » Beaucoup de citoyens ordinaires verront bien qui est responsable de l’accident.

Hier, la TEPCO a commence à opérer des coupures programmées à Tokyo et d’autres municipalités, elles continueront jusqu’à la fin avril, avec comme explication que l’accident nucléaire a provoqué une pénurie d’électricité. Beaucoup de trains vont être mis hors service. Hier moins de la moitié des lignes roulaient normalement.

Les magasins et les supermarchés de la zone métropolitaine n’ont pas suffisamment de nourriture pour les consommateurs. Le lait, l’eau, le poisson, le pain, le riz se font rares. Certains rayonnages sont vides. Les problèmes de distribution sont une explication. Des voies rapides sont bloquées et les camions ne peuvent arriver.
Les habitants de Tokyo ont pris l’habitude d’un certain confort. Nous pouvions facilement trouver n’importe quoi comme nourriture sans nous rendre compte des centaines de kilomètres parcourus. Nous ne nous souciions pas de qui l’avait produit et comment. Là, le tremblement de terre et la fusion au cœur des réacteurs nous rappellent combien la distribution est aléatoire et qu’il y a d’autres façons de vivre.

Comme la surproduction, la surconsommation et le gaspillage produisent des failles dans la planète. Ils sont, accompagnés d’émissions de gaz à effet de serre et de destruction de la Terre Mère. Notre plus grande tâche aujourd’hui pourrait être de redéfinir une façon de vivre sans détruire l’environnement.

Quatre jours ont passé depuis la tragédie. Des informations alarmantes se suivent et se ressemblent. Nous n’avons pas encore de nouvelles de certains de nos proches dans des zones sinistrées. La contamination par radiation se répand. Il paraîtrait qu’elle atteint déjà Tokyo. Nous sommes enveloppés d’une angoisse invisible ».

Yoko Akimoto,
Secrétariat, ATTAC Japon

 

 

Le 20 mars, la police japonaise a indiqué que le nombre de morts confirmés atteint 8 133 et celui des personnes portées disparues 12 272


Ecrit le 23 mars 2011

 Les sacrifiés du nucléaire

Ils seraient une cinquantaine de héros, dans des conditions folles, à jouer le tout pour le tout dans la centrale de Fukushima au Japon. Leur objectif : éviter à tout prix, et ce au péril de leur vie, la fusion du cœur des réacteurs, synonyme d’émanations radioactives importantes et dangereuses pour les populations avoisinantes.

À Tchernobyl, plusieurs dizaines de « liquidateurs » comme on les avait appelés, étaient morts, pour certains un mois après. Les plus irradiés étant ceux qui étaient intervenus les premiers jours et qui avaient survolé en hélicoptère le réacteur en feu.

À Fukushima, la situation est très préoccupante. La radioactivité a atteint des niveaux toxiques. Les salariés tentent le tout pour le tout, pour essayer, encore, de limiter les dégâts. Quelle reconnaissance aurons-nous pour eux ?

 Les nomades du nucléaire

Ils sont près de 30 000 en France, des intérimaires qui travaillent pour des entreprises prestataires. Car aujourd’hui, les sous-traitants assurent 80 % des activités de maintenance des centrales, contre 50% au début des années 90. Pendant que les durées d’intervention ont été réduites par deux, pour effectuer toujours les mêmes tâches. Résultat : les nomades du nucléaire passent de plus en plus vite de centrale en centrale. Des journées de 12h, une vie sociale à réinventer à chaque étape. Puis ils repartent. 600 km dans la nuit, vers la centrale suivante.
Ces travailleurs, dits « extérieurs » , effectuent l’essentiel des tâches de maintenance des centrales et supportent plus des trois-quarts de la dose collective annuelle d’irradiation reçue dans le parc nucléaire français.

Mais ils sous-déclarent leurs expositions aux radiations pour préserver leur travail car les intérimaires ayant atteint la dose-limite se voient interdits d’entrée en centrale. Et l’emploi est rare ..Préserver leur santé ? C’est une autre histoire !

Lire ici : http://voila-le-travail.fr/2011/03/15/lindustrie-nucleaire-sous-traitance-et-servitude/

 Insécurité nucléaire en France

Selon le journal l’Usine Nouvelle du 28 février 2011, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un problème sur 34 réacteurs de son parc nucléaire. L’électricien se dit incapable d’évaluer si l’eau de secours injectée dans le circuit primaire, en cas de fuite, se répartit uniformément pour refroidir le cœur. Or ce système est le seul dispositif qui permette de retarder une fusion du cœur du réacteur lors d’une fuite importante sur le circuit primaire. Lors de l’accident de Three Mile Island aux Etats-Unis, faute d’avoir pu être refroidi, le cœur avait carrément fondu …

 En France la Terre a tremblé

La terre a tremblé en Mayenne mardi 15 mars. Une modeste secousse sismique, heureusement, d’une magnitude de 3 sur l’échelle de Richter. Elle a eu lieu à 11 h 17 exactement et son épicentre était à 4 kilomètres au sud-est de Bais (Nord-Mayenne).

Ce tremblement de terre n’a rien d’exceptionnel. La terre tremble tout le temps. Rien qu’en 2010, on recense trois tremblements de terre en Mayenne : le 9 février à Bais, le 23 mars au Horps et le 5 juillet à Ambrières-les-Vallées. Et mardi en France, la terre a tremblé en huit endroits, surtout en Haute-Savoie et dans les Pyrénées-Atlantiques.

Et pas de panique, la Mayenne est classée en risque faible. Dans l’Ouest, le record reste celui d’Oléron (Charente-Maritime) en septembre 1972, avec une magnitude de 5,6. Ce tremblement de terre avait été ressenti jusqu’en Vendée. Il n’avait fait aucune victime mais avait provoqué une belle panique. Quatre cents cheminées s’étaient écroulées.