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Accueil > Thèmes généraux > Personnes en difficulté > RSA : on a toujours besoin d’un plus petit que soi

RSA : on a toujours besoin d’un plus petit que soi

http://www.acpm44.fr

Ecrit le 15 juin 2011

 Un plus petit que soi ... pour taper dessus !

On a toujours besoin d’un plus petit que soi - pour taper dessus - Souvent il ne crie même pas - et on est vainqueur à bon compte !

Le sport umpiste national, actuellement, consiste à cogner sur les allocataires du RSA  , ces pelés, ces galeux qui vivent d’assistanat, dit-on !

Subit-on une recrudescence de l’assistanat, depuis le début de la crise ? Oui, le nombre de RSAstes a augmenté pendant la crise, mais il est redescendu. « Au niveau national, fin 2010, le nombre d’allocataires n’était pas supérieur à ce qu’il était fin 2007 ». écrit Martin Hirsch. « Il n’y a donc pas aujourd’hui d’épidémie d’assistanat, qui justifierait une vaccination massive »

Mais il faut bien occuper l’opinion publique ! Quand les questions de sexe se tassent, quand les gros salaires sont vraiment trop gros pour qu’on en parle, il est bon d’agiter le grelot sur les petits revenus ou les sans-revenus ! (1)

Le revenu minimum est trop élevé

C’est vrai ça : vivre avec 467 €/mois, c’est la fortune (la mauvaise fortune) ! Mais on nous dit quand même que ce merveilleux revenu pousse les gens à ne pas travailler ! Si c’était vrai, on devrait avoir peu de chômage chez les jeunes qui, eux, n’ont pas droit au RSA  . Or c’est l’inverse que l’on observe.

Le fonctionnement du marché de l’emploi est une explication bien plus importante que l’existence d’un revenu minimum

Faire travailler les personnes au RSA   ? Oui, cela se fait par le biais des Contrats Aidés (comme ceux qui sont attribués à l’ACPM  ) et qui permettent aux personnes de gagner un peu plus (800 euros environ). Mais, curieusement, l’Etat diminue les contrats aidés et diminue les aides apportées aux associations …

Alors Laurent Wauquiez a eu l’idée de faire travailler les personnes 5 heures par semaine, sans leur donner un sou de plus. Quelle bonne aubaine ! « Ils ne coûteraient rien à leur employeur, qui s’empresserait de substituer cette main d’œuvre gratuite aux salariés. Aussi bien dans les collectivités locales, dans les services de l’Etat que dans les associations » commente Martin Hirsch. Cela ferait plein de personnes « remerciées » et qui se retrouveraient au RSA  . Une vis sans fin, au bout de laquelle on serait tous au RSA  . Cette concurrence déloyale serait destructrice d’emploi.

Du coup, pour rattraper cette bourde de Wauquiez, l’UMP propose de faire travailler les personnes au RSA   (du moins celles qui n’ont pas pu décrocher un contrat aidé) à raison de 5 heures par semaine, rémunérées, dans les collectivités locales.
On demande à voir les conditions d’application … (1)

 4300 heures

Imagine-t-on le chef du personnel en train de dresser un planning pour 200 personnes, chacune à raison de 5 heures par semaine ? [il y a environ 200 personnes au RSA   à Châteaubriant].

200 personnes à raison de 5 heures par semaine, cela fait plus de 4300 heures par mois. Bigre ! Si seulement la ville en proposait le quart, tous les mois, à l’ACPM  , ce serait merveilleux !

200 personnes x 5 heures x 9 € x 4,33 … cela ferait 38 970 euros par mois, coût pour la ville de Châteaubriant ! Deux fois la fête de la musique ! La ville est-elle capable de payer cela ? Si oui, que ne l’a-t-elle pas déjà fait ?

On voit bien que la proposition de l’UMP est totalement irréaliste ! D’ailleurs l’UMP commence à dire que seules les collectivités volontaires pourront donner du travail aux allocataires du RSA  .

 Six minutes

Martin Hirsch a été invité à s’expliquer devant la commission de l’UMP. On lui a offert, pour cela : six minutes. Oui, 6 minutes ! Dans son blog, il commente :

6 minutes, c’est rapide sur un sujet qui concerne aujourd’hui près de deux millions de foyers et qui fait l’objet de tant de contre-vérités.

6 minutes, c’est court pour à la fois rétablir quelques vérités, pour rappeler quelques résultats, et pour formuler des propositions pour l’améliorer plutôt que de le détruire. J’ai donc travaillé pour préparer ces six minutes. Avec un peu de chances j’aurais droit de passer des diapos (faveur que j’ai sollicitée). j’ai douze diapos, cela fait trente secondes par diapo.

Au moment où on explique que le RSA   est un système qui coûte cher et serait inefficace, les Echos lui ont consacré deux articles coup sur coup. L’un pour expliquer que, en 2010, le RSA   avait permis à 140 000 foyers de sortir de la pauvreté. L’autre pour démontrer que le RSA   avait rapporté de l’argent à l’Etat, près d’un milliard. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir où est passé ce milliard. La question est posée dans l’une de mes diapositives. j’espère que j’aurai le temps de la passer. Car j’ai même quelques suggestions pour que cet argent retrouve sa destination première et bénéficie aux salariés les plus modestes…

je n’aurai pas le temps, dans ces six minutes, de souligner un rapprochement curieux entre deux propositions. Celle, célèbre, qui consiste à imposer 5 heures de travail gratuit à tous les bénéficiaires du RSA   sans activité (et peut-être aussi aux autres personnes qui reçoivent un revenu de solidarité ?). Celle de rendre le service civique obligatoire pour tous les jeunes (rémunéré 300 euros et non pas 540 euros comme aujourd’hui).

Ce qui est curieux, c’est que d’habitude on rend obligatoire quelque chose quand personne ne veut le faire de manière facultative. On a rendu obligatoire le port de la ceinture de sécurité en voiture, parce qu’il y avait trop d’automobilistes qui ne la bouclaient pas. Là c’est l’inverse. Le nombre d’allocataires du RSA   qui voudraient travailler, qui voudraient avoir un contrat aidé, ou qui voudraient prolonger un contrat aidé plutôt que de revenir au chômage au bout de deux ans est énorme. Ils sont volontaires pour travailler. Certes, ils voudraient travailler plus de 5 heures. Ils sont plutôt demandeurs d’un temps complet. On leur explique que cela n’est pas possible, qu’il n’y a pas assez de contrats.

Même problème pour le service civique. Le nombre de jeunes désirant d’eux-mêmes faire leur service civique est bien supérieur au nombre de missions financées pour ces jeunes. Notre problème actuel n’est pas de les forcer à le faire mais de pouvoir répondre à leur demande.

D’où une proposition simple : avant de rendre obligatoire un travail, une mission, un service, efforçons nous de répondre à la demande spontanée, volontaire.

Et si cette volonté d’imposer des obligations nouvelles aux citoyens n’était qu’un moyen de masquer des obligations non tenues ?
(source : http://martinhirsch.blogs.nouvelobs.com/)

 Laissez-les vivre

Lu dans un commentaire, au sujet du RSA   : « ces quelques heures par semaine devraient être une contrepartie au fait que la société les maintient en survie » : c’est vrai ça : à croire que certains, parce qu’ils sont pauvres, ne méritent pas de vivre tout simplement !

Ah, à propos : un certain Luc Ferry, philosophe attitré de l’UMP, est payé 4499 € par mois, pour même pas 24 heures de travail en une année ...

 Entourloupe

Le « RSA   activité », versé en complément de salaire à environ 670 000 foyers, est en partie financé par une contribution de 1,1 % sur les revenus du patrimoine. Le produit est versé au Fonds national des solidarités actives (FNSA). En raison d’une montée en puissance plus lente que prévue du RSA  , le FNSA a enregistré en 2010 un excédent de 999 millions d’euros, autant d’économisé pour l’État.

Martin Hirsch soupçonne une manœuvre « machiavélique » qui consisterait à utiliser cet argent à autre chose que le financement du RSA  . « Ça me ferait mal au cœur qu’on utilise l’argent des travailleurs modestes pour alléger l’impôt de solidarité sur la fortune », a-t-il déclaré en fustigeant « ceux qui veulent faire leur carrière sur le dos des pauvres ». « Il ne faut pas se laisser faire par des entourloupes, a-t-il insisté. Il y a des excédents, un milliard, il faut les remettre dans la poche des gens modestes qui travaillent. »

La droite réinvente les travaux forcés


Ecrit le 8 février 2012

 Les associations d’insertion très touchées

Créée il y a 18 ans à Sablé, l’association des Ateliers ressources, qui aide des personnes en difficulté à se réinsérer sur le marché de l’emploi, va fermer définitivement ses portes. Les quarante salariés que compte la structure, à Sablé et à Angers, vont recevoir leur lettre de licenciement dans les prochains jours.

Selon Béatrice Delpech et « Le Canard Social » : les associations sont le moteur de la cohésion sociale et l’essentiel de l’animation des territoires : 3 Français sur 4 sont ainsi concernés par une association et le secteur représente 1,8 millions de salariés soit 7% de l’emploi en France. Des emplois qui ont l’avantage de ne pas être délocalisables.
or, depuis une dizaine d’années, on constate un désengagement de l’Etat. Les financements publics ont continué à croître grâce à la compensation des collectivités locales, mais cette tendance s’est arrêtée en 2010. Les collectivités locales ne peuvent plus compenser.

Une enquête nationale réalisée en septembre 2011 sur le financement des associations, menée avec l’appui du CNRS auprès de 877 responsables associatifs, révèle que 69% des associations interrogées indiquent qu’au moins un de leur financeur a baissé sa contribution de façon significative ces deux dernières années. Au total, 45% des associations interrogées évo-quent des difficultés de trésorerie. Quant aux relations avec les banques, elles semblent finalement plutôt bonnes, sachant que seules 42% des associations ont eu recours à un emprunt bancaire pour financer leurs investissements.


NOTES:

(1) et pendant ce temps là le gouvernement réduit les subventions accordées aux associations qui donnent du travail aux personnes en RSA :
– baisse de 34 % pour les associations intermédiaires
– baisse de 14 % pour les chantiers d’insertion

L’ACPM est donc particulièrement touchée

(1) Et voilà que le candidat Sarkozy, dans une émission télévisée du 22 février, fait mieux : lui il dit que les personnes au RSA devront travailler 7 heures par semaine à des travaux d’intérêt général. Cela ferait 1400 heures de travail par semaine pour Châteaubriant soit 40 emplois à temps complet ! Merveille et galéjade !