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Mouais : 600 bottes de paille

Ecrit le 17 août 2011

 Bruded

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Le Maire, Yves DANIEL

« Nous ne sommes pas des conseilleurs, nous sommes des rapprocheurs d’expériences » dit l’association Bruded qui fédère les communes engagées dans des réalisations concrètes de développement durable et solidaire.

L’association BRUDED présente la salle polyvalente de Mouais comme un site pilote. « Elle a été pensée pour accueillir l’ensemble des activités associatives, les événements festifs ainsi que la cantine scolaire de la commune. Conçue dans une démarche globale de qualité : inscription architecturale et paysagère, réflexions thermique, éco matériaux locaux, éclairage naturel, géothermie pour le chauffage ... Le bâtiment fait appel pour sa conception à des savoirs faire locaux » notamment à l’ACPM   (chantier d’insertion) pour la pose de la paille. C’est pourquoi la visite de chantier qui a eu lieu en juillet a attiré de nombreux élus municipaux.

 La paille : une nouveauté

La paille ... c’est en effet une nouveauté pour la construction de bâtiments publics. Une utopie même, pourrait-on dire, mais une utopie concrète puisque, après quatre ans de « bagarre » des « compaillons », les normes professionnelles pro-paille ont été validées au niveau national. « Nous nous réjouissons de la prise en compte d’un mode construction respectueux de la vie sur terre » disent les membres du réseau français de la construction paille.
A Mouais, la paille « de tritical bio » a été stockée depuis quelques années. « Pour la botteler, nous avons pris une machine moderne. Mais elle faisait des bottes trop irrégulières. Nous avons donc essayé une deuxième machine, mais ce n’était pas mieux » explique le maire, Yves DANIEL, agriculteur. « Finalement c’est la vieille botteleuse inutilisée de la grange qui a fait le meilleur travail ». C’est qu’en effet il est souhaitable d’avoir de belles bottes, bien parallélépipédiques ! Il en faudra environ 600.

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Il faut comprimer la paille

Les murs sont en bois, en forme de U et, à l’intérieur, sont placées les bottes bien serrées. Pour cela une planche est posée sur la botte et, par un système de vérins, une compression est réalisée, au point que la botte est réduite en hauteur de 20 à 25 %.

Quand la première botte est bien tassée, la planche de bois est fixée et une deuxième botte posée de la même façon. Travail de force effectué les salariés de l’ACPM   (actions pour les chômeurs, Châteaubriant, dans le cadre d’une « clause d’insertion »). Des habitants de la commune, partisans de l’auto-construction, ont aussi apporté leur concours. « Au delà de l’apprentissage de nouvelles techniques, cela crée du lien social dans la commune » dit le maire.

 Les techniques sont nouvelles

« On innove, on s’adapte selon les contraintes » dit l’architecte Bertrand Michel (du cabinet Ménard). Les menuiseries seront « alvéolaires », les vitrages seront triples, le chauffage combinera la géothermie et la pompe à chaleur. Le bâtiment sera basse consommation, voire producteur d’énergie.

Il n’y a qu’un mur en parpaings dans cette construction, imposé par la réglementation actuelle. « C’est dommage car il se fait de plus en plus de murs porteurs en bottes de paille » disent les artisans spécialistes !

Quand la salle sera finie, une partie des murs sera visible derrière une vitre, pour montrer à tous comment est faite la construction. Il est prévu aussi de récupérer les eaux de pluie pour les toilettes comme cela se fait dans la salle Horizinc de Bouvron.

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Mur en bois et paille

Avec 2.000 à 3.000 bâtiments isolés avec des bottes de paille, le marché français est de loin le premier en Europe. Le potentiel de développement de la filière est important : en effet, en 2005, l’agriculture française a produit environ 50 millions de tonnes de paille et si tous les bâtiments neufs étaient isolés en paille, le Réseau français de construction paille (RFCP) estime que 5 millions de tonnes suffiraient.

 Le lambda de la paille

A part ça, quand on écoute les artisans, ils disent de ces choses !... Ils parlent par exemple du « Lamba de la paille ». Brr... c’est koiça ? (voir le site : http://eddy.fruchard.fr/).
C’est la conductivité thermique.

Près d’un barbecue, le manche de la grille brûle les doigts, mais le manche de la fourchette lui, est en bois. C’est parce que le lambda de l’acier est de 50 alors que le lambda du bois est de 0.20, Plus le lambda est bas, plus le matériau est isolant.

Le parpaing a une conductivité thermique de 1,15, la paille a une conductivité de 0,06. Donc la paille est 19 fois plus isolante que le parpaing !

La résistance thermique d’un mur se calcule en divisant l’épaisseur du mur (en mètres) par le coefficient lambda. Pour un mur de paille de 45 cm d’épaisseur, la résistance est 0,45 : 0,06 soit 7,5. A partir de janvier 2013, la réglementation imposera une résistance thermique de 4. Pour le mur en paille, ce sera parfait. Pour un mur en parpaings il faudra qu’il ait une épaisseur de 4,60 mètres .... On n’y est pas !