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Lycée Lenoir : les jeunes parlent aux jeunes

« Démocratie & Courage ! » (D&C !) est un programme d’éducation à la citoyenneté et contre les discriminations initié en France par la Fédération Léo Lagrange. Dans le cadre de ce programme, la Fédération Léo Lagrange forme de jeunes volontaires pour intervenir dans les établissements scolaires (collèges, lycées).

L’éducation contre les discriminations ne peut se satisfaire de discours moralisateurs ou de tentatives de culpabilisation. C’est par une approche participative et ludique que les jeunes volontaires D&C amènent les participants à interroger leurs préjugés et attitudes, leur rapport à l’autre et à la différence.

Grâce à des outils d’animation dynamiques (films, débats, jeux de rôles, etc.), les élèves décryptent les mécanismes de la discrimination et recherchent des moyens de lutter contre.

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Les intervenants D&C sont des volontaires généralement âgés de 18 à 30 ans. qui ont suivi une formation gratuite de 5 jours pour mieux appréhender les enjeux, les thématiques et l’environnement du programme « Démocratie & Courage ! ».

La semaine dernière, les jeunes du Lycée Lenoir de Châteaubriant ont participé à la journée « Le Respect, c’est mutuel » autour des discriminations sexistes et homophobes.

  • « Avez-vous été victime de discrimination » interroge un jeune animateur
  • - non - « mais un de mes potes n’a pas pu acheter de la bière dans un magasin, on lui a dit qu’il était trop jeune »
  • - faut pas tout confondre. Ca, ce n’est pas de la discrimination, c’est nécessaire pour la santé !

 Insultes

Un animateur demande ensuite aux jeunes d’écrire sur un papier les insultes qu’ils ont l’habitude de prononcer, ou celles qu’ils entendent le plus souvent. Quand les papiers ont été ramassés, les animateurs classent ces insultes et en discutent.

  • - il y a les insultes sexistes : salope ! La discussion avec les élèves dégage une constante : derrière la personne insultée, on insulte en réalité toutes les filles. Il n’y a pas d’équivalent pour insulter tous les garçons..
  • - il y a les insultes qui s’adressent aux parents : fils de pute, fils de chienne, bâtard. Dans les « accidents » (enfant non attendu), c’est toujours la femme qui est responsable. Les femmes n’ont pas le droit à la liberté sexuelle et au plaisir sexuel que l’homme se réserve.

Le vocabulaire est très discriminant : un homme qui a plusieurs partenaires sexuels est un « Don Juan » - La femme dans le même cas est « une traînée »

  • - il y a les insultes racistes : bougnoule, bamboula, sale feuj ... qui ont la vie dure !
  • - et il y a les insultes homophobes : enculé, pédé ... Les jeunes animateurs expliquent que « pédé » ne vient pas de « pédophile » mais de « pédéraste », la pédérastie étant une institution morale et éducative de la Grèce antique, bâtie autour de la relation particulière entre un homme mûr et un jeune garçon. [méthode éducative largement employée à Sparte, Thèbes, Athènes, dans les pays celtiques, au Japon, etc. En Crète, cette initiation rituelle ne concernait pas l’ensemble des citoyens : ceux qui l’avaient connue se voyaient accorder des marques d’honneur particulières].

Les animateurs ont expliqué aussi le mot « con » qui désigne à l’origine le sexe de la femme. Son sens actuel, péjoratif, montre bien dans quelle estime on tient la femme.

– et enfin des insultes plus atypiques « monkab ta mouille » (qui voudrait dire : ferme ta gueule) - et « mange tes morts » : cette dernière est une insulte tzigane. Dans ce peuple très attaché aux valeurs de la famille, les ancêtres sont les garants de la qualité de la descendance. En appelant à « Mange tes morts ! » on souhaite l’extinction de la famille : la pire des malédictions !

 Ouaich !

La séance se poursuit avec un petit film, « Omar »

Une histoire d’homosexualité entre deux garçons dont l’un est un « ouaich » noir. Ah, un ouaich, vous ne savez pas ce que c’est ? C’est tout simplement un gars des cités parisiennes, un de ceux qui disent « ouais » au lieu de oui. Un dur quoi, ou presque ! Alors le voir embrasser un autre jeune, un blanc en plus ... ça surprend ! Le film se termine par le départ du jeune noir, chassé par sa famille et les copains de sa cité où, pourtant, il était un leader.

 Digicode

L’après-midi se termine avec des questions sur le sexe : « L’amour existe-t-il encore ? » - « Serai-je à la hauteur la première fois ? » - « Comment trouver le point G ? » etc. Les jeunes animateurs répondent que « la première fois » ce n’est pas la fois qu’on préfère. Que le point G n’existe pas ! Que la femme est comme un « digicode » à l’entrée d’un immeuble : il faut jouer avec plusieurs touches ! Que le porno, de nos jours, peut être source d’informations mais que ce n’est pas comme cela que les filles aiment faire l’amour.

Bref une journée intéressante, des discussions libres, sans tabou, dans le cas présent avec une section d’élèves conducteurs-routiers. Certains écoutent attentivement et ne disent rien. D’autres blaguent, apparemment plus librement. Dans cette discussion entre jeunes, la parole s’est libérée et les modes de communication habituels ont été chamboulés.


Ecrit le 30 novembre 2011

  Ah les jeunes !

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Formosa (Photo A.Borgone)

Le père s’habitue à devoir traiter son fils d’égal à égal et à craindre ses enfants, le fils s’égale à son père, n’a plus honte de rien et ne craint plus ses parents, parce qu’il veut être libre ; le serviteur s’égale au citoyen et le citoyen au serviteur, et la même chose pour l’étranger.

À tout cela s’ajoutent encore ces petits inconvénients : le professeur, dans un tel cas, craint ses élèves et les flatte, les élèves n’ont cure de leurs professeurs, pas plus que de tous ceux qui s’occupent d’eux ; et, pour tout dire, les jeunes imitent les anciens et s’opposent violemment à eux en paroles et en actes, tandis que les anciens, s’abaissant au niveau des jeunes, se gavent de bouffonneries et de plaisanteries, imitant les jeunes pour ne pas paraître désagréables et despotiques

Quel jugement sévère sur la société actuelle ! Il a été écrit dans le dialogue « La République » par Platon (mort en 348 avant Jésus Christ), accusé à l’époque d’avoir plagié un certain Protagoras.

Et voilà que le 23 novembre 2011 est paru un sondage pour Le Monde dans lequel les jeunes sont jugés égoïstes (par 63 % des personnes interrogées), paresseux (53 %) et intolérants (53 %) ce qui témoigne d’une image dégradée. Ceux qui disent cela, ce sont les plus anciens ... oubliant que, de leur temps, ils étaient des jeunes aux cheveux gras, ou bien des gothiques ou des punks ou des hippies... Et puis ils ont vieilli, trouvé du boulot, fondé une famille, construit une maison ... Rien de neuf sous le soleil. Sauf que les jeunes de 2011 sont entassés dans un ascenseur bloqué au parking. On peut regretter qu’ils ne soient pas assez révoltés !

L’égoïsme est également partagé entre les générations, de même que la générosité, le courage, la curiosité, la peur ..

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