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Nos repères foutent le camp

Ecrit le 4 janvier 2011

Hardi donc. Nous sommes prévenus : 2012 sera tout sauf l’année où l’on rase gratis. Préparez-vous à resserrer votre ceinture d’un ou deux crans (s’il n’y a plus de trou, voyez votre cordonnier). Notre (cher) gouvernement, dés février-mars 2011, misait sur une croissance de 3% pour 2012 du P.I.B. Donc tout va bien en France, 5e puissance mondiale, un taux de chômage qui n’atteint même pas les 10%, à peine 13% de notre population vivant en-dessous du seuil de pauvreté (à peu près 970 € mensuel ), même pas 2 millions de foyers (c’est bien vague, combien de personnes physiques et leurs enfants ?) tentant de survivre avec l’allocation R.S.A., (410 € mensuel pour une personne seule) mais généreusement baptisés Bénéficiaires-RSA  . En douce et pour vous, en décembre, notre (cher) gouvernement a admis que notre P.I.B. pourrait peiner à atteindre les + 1.5% (dernière version officielle) sur 2012, alors que toute la clique d’experts en tous genres s’accorde (c’est tellement rare que ça devient crédible) sur un unanime 0% au mieux. Donc, CQFD, tout va très bien pour notre pays , à ce jour toujours possédant son label AAA, le top. Alors « évitons toute dramatisation » comme le soutient hardiment M. J.H. Lorenzi, Président du Cercle des Economistes et Conseiller de la Compagnie Financière Edmond de Rothschild. Ben voyons …

Si vous voulez bien me suivre, histoire de rêver un peu avant la gueule de bois d’après-réveillon (à votre santé), nous partons pour une autre planète qui s’appelle Football. Et là, les repères nous manquent. Ce jeu, ce sport simpliste, consiste à courir après un ballon et tenter, de gré ou de force, de lui faire toucher l’intérieur des filets adverses après avoir brillamment évité tous les traîtres croche-pattes. Rien à dire, chacun son métier, c’est un C.D.I. plein temps entre entraînement, voyage, jeu et parfois repos à l’infirmerie. Pour anecdote, ce jeu fait vibrer l’âme de millions (milliards ?) d’humains, littéralement tétanisés. O.K. ? Je zoome sur Monsieur Beckham David, de nationalité anglaise, décrit comme une star du milieu, un homme bien sous tous rapports, athlète de haut niveau, déjà 36/37 ans (handicap ?), répondant au joli surnom de « Spice Boy ». Il n’a pas su résister à l’incessant appel de notre P.S.G. (qui n’est plus National mais Qatarien depuis août). Toujours rien à re-dire, chacun mène sa barque. Je lui souhaite tout le bonheur du monde. Mais des chiffres sont publiés (invérifiables !), ils me donnent le vertige et me questionnent.

800 000 euros par mois

La presse estime son salaire brut mensuel à 800 000 €. Si nous avons la chance d’en avoir une, allons donc chercher notre dernière fiche de paie et comparons. Un S.M.I.C. brut mensuel plafonne à 1 365 €. On fait la division ? Résultat : M. Beckham toucherait 586 fois le S.M.I.C. français (si, si, j’ai refait deux fois l’opération). Nous, nous bossons en moyenne 7 heures/jour pour toucher 315 € bruts par semaine et notre ami, dans le même temps, empoche 88 € par minute de boulot. Bon, je vous tire mon chapeau, M. Beckham. S.V.P., soyez à l’heure !!

Voilà, voilà.. Revenons sur notre planète Terre doucement. Le rêve se termine. Revenons sans jalousie aucune à notre quotidien. Nous tous, dits occidentaux, allons vivre un virage impressionnant. Ca va nous prendre aux tripes mais l’avenir est ce que nous voudrons en faire. Nous passons, c’était inévitable, le flambeau de la croissance aux pays émergents. Je pense à la Chine, à l’Inde, au Brésil et à l’Afrique du Sud. Il faudra juste s’adapter au fait que nous ne conduisons plus vraiment l’attelage. L’Euro fête ses 10 ans, c’est encore un petit nouveau dans les monnaies mondiales. Pour bien pousser, comme un plant de tomate, il a encore besoin d’un tuteur, d’un soutien fort de la part à la fois des pays qui l’ont adopté et de ceux qui le surveillent avec envie. Pas de panique, rien ne se perd et tout se transforme. Restons zen, observons, écoutons, sentons. Sur ce, je vous envoie mes meilleurs vœux et vous souhaite un super-réveillon. Faisons la fête …sans abus.

P. Lecteur de Blain