Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Libertés, justice, Droits Homme > Libertés > Tous, tous, tous fichés

Tous, tous, tous fichés

Ecrit le 15 février 2012

 Carte d’Identité Biométrique

Un peu d’attention, Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs. Mon ton est solennel car la République Française vous regarde droit dans les yeux. Douterait-elle de son Identité ?

Je demande votre attention parce que, sous peu, malhonnêtes ou honnêtes, quoi que nous pensions, inexorablement, nous allons être « numérisés ». Rien de moins.

L’arme fatale et imparable (qu’on dit !), c’est la Carte d’Identité Biométrique. Oui, la C.I.B. Je vous explique, c’est presque tout neuf et mollement raconté par nos chers média.

La biométrie, c’est quoi ce nouvel O.V.N.I. ? La simple utilisation de certaines de nos caractéristiques physiques (voix, visage, iris de l’oeil, empreintes digitales, ...). En tout cas, elles nous sont propres et uniques. Inimitables, inviolables. Je sens que ça cogite. Notre (cher) Gouvernement a subtilement glissé cette anguille dans la « marmite Parlementaire » en Juin 2011 sous forme de proposition de loi. Depuis, la partie de ping-pong entre Assemblée Nationale (pour) et le Sénat (contre) s’éternisait. L’enjeu était la « protection de l’Identité ».

Allez savoir pourquoi (si vous cherchez bien, vous trouverez !), le projet est adopté par l’Assemblée en dernière lecture le Mercredi 1er février 2012. Bon ! Nous, simples citoyens, pas forcément au courant de tout ça, on va juste jeter un coup d’oeil sur la « date de péremption » de notre carte (normalement, c’est au dos). Et puis basta.

OUI MAIS ! La C.I.B., ça « protègera » chacune et chacun. Finie la triche. Accrochez-vous au bras du fauteuil, ma gentille dame. Pour le prix (pas fixé) d’une seule puce électronique, vous en aurez deux. Oui, sur la même carte. Vous imaginez l’immense progrès ? Moi non. Bon, comme tous, j’ai eng...... le Photomaton quand il a « craché » ma bouille. Ma photo veille sur mon porte-feuille. Je me reconnais, je reste humain. Mais sur la C.I.B., nulle allusion à la traditionnelle photo.

Et j’annonce maintenant le pire : toute cette collecte de données strictement personnelles et intimes seront conservées dans « le plus grand fichier de France » (dixit Serge BLISKO, député P.S. de la 10e Circonscription de Paris). Par contre, avec beaucoup d’humour et d’ironie, Monsieur François PILLET, Sénateur U.M.P. le nomme sans sourciller « le fichier des honnêtes gens ».


Ecrit le 15 février 2012

 Usurpation d’identité

Hier, dans une réunion, je croise Mme X, habitant près de Blain. Un peu plus de la trentaine, propre sur elle, et un intellect intéressant. De nature enjouée et extravertie. La bise habituelle. Sous ses yeux (souvent pétillants de malice), je note des cernes gros comme des sacs à main. Et puis sa mollesse, sans le « bonjour » qui claque d’habitude. Pas dans son assiette ? A la fin de la réunion, chacun y va de son bla-bla bien rôdé (comment vas tu, meilleurs voeux,...). Un peu à l’écart, Mme X semble absorbée au fond de ses pensées. Première approche, je me fais « bouler » comme les autres. J’insiste. Et elle me raconte, à mots hachés, une histoire de fou, à se taper la tête contre les murs.

Chacun connaît (ou entrevoit) les capacités sans limites de l’Internet. Tout à portée de clavier ou de clic   de souris. En à peine 10 ans, c’est devenu un outil faramineux, incontournable, et d’usage quotidien comme notre baguette fraîche au petit-dej. Forcément, des réseaux « sociaux » se sont créés, tissant du lien virtuel. Oui, VIRTUEL ; reprenez vos dicos : « qui est à l’état de simple possibilité ». Revenons à Mme X, que j’emmène plus au calme. Elle pleure et elle parle. Mère d’un fils de 12 ans, elle ne maîtrise ni l’ordi ni encore moins l’Internet, « la toile ». L’ordi est installé dans la chambre de son fils et elle jette un coup d’oeil à l’écran quand elle passe. Le fils est un bon garçon et ne cache rien....

Un lundi, à l’école, ses amis lui disent « Bienvenue chez F.... » . Dès le soir, il en parle à ses parents. Qui tombent de très haut. « C’est toi qui as fait ça ? Tu t’es inscrit sur F.. ». « NON ! ». Angoisse. Les parents constatent l’existence d’un compte F..., à son nom et prénom. Sa date de naissance est déformée (minimum 13 ans pour entrer). Il y a USURPATION d’identité, mais VIRTUELLE. C’est la thèse de la Gendarmerie, qui n’a pas tout faux. Et tant qu’il n’y a pas de délit physique avéré, toute plainte finira dans la corbeille (à papier, celle là).

Ayant écouté cette histoire, je ne peux dire qui dit vrai ou faux. Mais j’ai mal dormi. Et si tout était vrai ? Et qu’une personne Y ait subtilisé l’identité du fils X en pouvant, sous son nom, publier tout et n’importe quoi ?

Nos enfants, nos ados et jeunes adultes, sont imprégnés de communication par écran interposé (SMS, MMS, MSN, Murs, Blogs, Page... et j’en passe !). A nous aussi de faire l’effort de nous renseigner. Ils sont nés avec un clavier dans la tête et dans les mains. Tout en gardant votre vigilance, demandez-leur de vous expliquer, autour de l’écran. L’Internet n’est pas une mode passagère. Par sa vitesse fulgurante de succès, c’est un phénomène acquis, désormais bien installé au quotidien, avec lequel il faut cohabiter. Chacun sait les conséquences désagréables de cracher contre le vent. Mme X envisageait, en plein désarroi, de liquider son outil informatique. L’interdiction pure et simple ne conduira qu’à une rupture de confiance, à une incompréhension mutuelle. Et son fils retrouvera le réseau chez ses copains. Simplement, il n’en parlera plus à ses parents. « Point Barre ou ./ ».

On peut avoir l’impression d’être « largués ». Rien de grave. Laissez-vous « instruire » et dialoguez. Vous comprendrez mieux cette source merveilleuse qu’est l’Internet. Avec ses vertus et ses moutons noirs. A vous donc de maîtriser et d’encadrer son usage, si besoin. Même si vous éprouvez une certaine inquiétude, je ne peux que vous encourager à suivre à la lettre le conseil qui suit. Et un dernier test, laissez vous conduire sur « Google » et entrez simplement vos nom et prénom. Tapez sur la touche Entrée ou Enter du clavier. J’espère que vous n’aurez pas de mauvaises surprises. L’usurpation virtuelle d’identité n’arrive pas qu’aux autres. 

Un conseil : l’ordi est dans la pièce commune et demandant un code pour être activé !

P. Lecteur de Blain

 Que faire ?

Sur Internet comme ailleurs, il peut arriver qu’une personne usurpe l’identité d’une autre, en général à des fins peu sympathiques. Si vous voyez des messages, commentaires, commandes signés à votre nom ou votre pseudo dont vous n’êtes pas l’auteur, attention, vous avez sûrement été « hameçonné » ! [C’est pour limiter les risques qu’il faut envoyer les messages multiples en copie cachée !].

Un site internet donne des indications à ce sujet et en particulier la rubrique s’informer.

Et si vous êtes victime d’une usurpation :

– • Signalez le problème aux fournisseurs de service Internet où vous avez rencontré ce problème
– • Supprimez vos comptes, profils, adres-ses de messagerie
– • Portez plainte contre X auprès des services de police.

 C’est pas une raison

ll y a un peu plus de 200 000 usurpations d’identité en France. Est-ce une raison pour ficher 60 millions de Français ?

« Alors que la Grande-Bretagne et les Pays-Bas renoncent à un fichage généralisé de la population par crainte des dérapages comme des piratages, alors qu’en Israël un employé du gouvernement a pu diffuser sur Internet les données personnelles de 9 millions d’habitants, la France, sûre d’elle, choisit de créer un fichier que même George Orwell n’aurait pu imaginer » disent Les Verts !

L’assemblée Nationale a voté cette loi

Le Conseil Constitutionnel a censuré ce fichier