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Visages de femmes

Ecrit le 7 mars 2012

La « Journée internationale des femmes » reste aujourd’hui d’une brûlante actualité. Tant que l’égalité entre les femmes et les hommes ne sera pas atteinte, nous aurons besoin de la célébrer. » dit la Présidente de l’Espace Simone de Beauvoir à Nantes.

Pour ce 8 mars 2012, rappelons le souvenir d’Irena Sendler, de Rachel Corrie et d’Anna Politkovskaïa

 Irena Sendler

« On m’a éduquée dans l’idée qu’il faut sauver quelqu’un qui se noie, sans tenir compte de sa religion ou de sa nationalité », aimait dire Irena Sendler.

Née le 15 février 1910, figure de la résistance polonaise, Irena Sendler a sauvé 2.500 enfants juifs de Varsovie au risque de sa vie en les faisant sortir du ghetto instauré par les nazis.

Il fallut attendre mars 2007 pour que la Pologne lui rende un hommage solennel et propose son nom pour le Prix Nobel de la Paix.

Assistante sociale, Irena Sendler travaillait avant la guerre auprès des familles juives pauvres de Varsovie. La capitale polonaise abritait alors 400.000 des 3,5 millions de juifs de Pologne.

Dès l’automne 1940, Irena Sendler prit des risques considérables pour apporter de la nourriture, des vêtements ou des médicaments aux habitants du ghetto, que les occupants nazis avaient instauré dans un quartier de la capitale. « Lorsqu’elle marchait dans les rues du ghetto, Sendler portait un brassard avec l’Etoile de David, à la fois par solidarité avec les juifs et par souci de ne pas attirer l’attention sur elle », souligne le mémorial du Yad Vashem.

A la fin de l’été 1942, dans le cadre du mouvement de résistance Zegota, (Conseil d’aide aux juifs), elle fit sortir clandestinement des enfants du ghetto, cachés dans des valises, transportés par des pompiers ou des camions à ordures, ou simplement dissimulés sous les manteaux des personnes qui avaient le droit d’accès au ghetto. Par précaution, elle notait soigneusement les noms des enfants et des familles sur des papiers qu’elle enterrait dans des bouteilles. (1)

Elle fut arrêtée chez elle le 20 octobre 1943. Au quartier général de la Gestapo, ses tortionnaires lui brisèrent les pieds et les jambes. Mais elle ne parla pas. Condamnée à mort, elle fut miraculeusement libérée sur le chemin de l’exécution par un officier allemand qui n’approuvait pas les exactions nazies. Elle continua son combat clandestin sous une autre identité jusqu’à la libération. Après la guerre, elle supervisa des orphelinats et des maisons de retraite.

Elle a toujours pensé qu’elle n’était pas une héroïne. « Je continue d’avoir mauvaise conscience d’avoir fait si peu », disait-elle.

« J’appelle tous les gens de bonne volonté à l’amour, la tolérance et la paix, pas seulement en temps de la guerre, mais aussi en temps de paix », disait-elle quelques temps avant sa mort en 2008..

(1) Robert Brasillach, auteur français collaborationniste et antisémite, que cite Marine Le Pen, écrivait : « il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits".

 Rachel Corrie

Rachel Corrie, américaine, était bénévole à l’International Solidarity Movement (ISM), un mouvement palestinien dirigé par des Palestiniens et des internationaux qui travaillent ensemble pour mettre fin à l’occupation israélienne du territoire palestinien. Le dimanche 16 mars 2003, tentant d’empêcher la démolition d’une maison civile palestinienne par l’armée israélienne dans la zone de Rafah de la bande de Gaza, elle a été volontairement écrasée par un bulldozer Caterpillar D9 israélien. Tom Dale, militant britannique, qui se trouvait près de Rachel au moment où elle a été tuée, écrivit deux jours plus tard qu’elle avait grimpé au sommet d’un monticule de terre, que les militants tout proches criaient au conducteur du bulldozer d’arrêter, mais, dit-il, le bulldozer « a poussé Rachel, d’abord sous sa pelle, puis sous sa lame, et il a continué à labourer son corps jus—qu’en dessous du cockpit. Il est resté sur elle pendant quelques secondes, avant de faire marche arrière. Il a fait marche arrière avec la lame baissée, ce qui fait qu’il a raclé son corps une seconde fois ».

Ariel Sharon, Premier ministre au moment de la mort de Rachel, avait promis qu’une « enquête minutieuse, crédible et transparente » allait être menée. Jusqu’au procès d’Haïfa, la famille Corrie s’est heurtée à des murs, administratifs et juridiques, alors qu’elle essayait d’obtenir une enquête indépendante sur la mort de la jeune fille, et de faire juger les responsables. Lors de ce procès, son meurtrier, un soldat israélien d’origine russe a avoué avoir commis son acte avec préméditation, sur ordre de son supérieur, un officier de l’armée israélienne. Il est toujours en liberté.

Démolir les maisons des civils est un acte atroce qui viole les articles 12 et 25 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et les articles 33, 53 et 54 de la Quatrième Convention de Genève.

En dépit de cette interdiction claire internationale, le gouvernement militaire israélien a réalisé des milliers de ces démolitions de maisons en toute impunité et les décès au cours de ces démolitions ont été nombreux.

 Une femme non-rééducable

La journaliste russe Anna Politkovskaïa a été assassinée le 7 octobre 2006. On connaît d’elle son combat contre la politique de Vladimir Poutine et sa couverture du conflit en Tchétchénie. Elle fut la première à dénoncer les exactions de l’armée russe. Elle a laissé de nombreux écrits permettant au lecteur de plonger dans l’horreur de la réalité de la guerre.

Pour Vladimir Poutine, les ennemis de l’Etat se divisent en deux catégories : ceux que le pouvoir peut raisonner et les autres, les « non-rééducables ». Peu avant sa mort, le dernier livre d’Anna, « Douloureuse Russie » prédit notamment que si une révolution éclate en Russie, elle ne sera ni orange ni de velours, mais rouge comme le sang. Officiellement, l’enquête sur les circonstances de sa mort a été close en juin 2008. Quatre suspects, dont trois tchétchènes et un officier du FSB (services secrets russes), ont été mis en examen. Aucun commanditaire n’a été arrêté. Deux suspects ont été acquittés en 2009.


Ecrit le 7 mars 2012

 Sports de femmes

En Arabie saoudite, les écoles publiques n’offrent aucune éducation physique pour les filles, et seuls les hommes peuvent appartenir à des clubs sportifs. Le pays prévoit que seuls les athlètes masculins feront partie de sa délégation aux Jeux Olympiques de Londres 2012.

La Charte olympique stipule : « La pratique du sport est un droit humain. Chaque individu doit avoir la possibilité de pratiquer le sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique ». En réponse aux observations formulées par le Comité international olympique, l’an dernier, l’Arabie saoudite a déclaré ne pas s’opposer à la participation d’une femme d’Arabie aux Jeux Olympiques de Londres … mais en dehors de son équipe officielle.

Human Rights Watch appelle le Comité international olympique à conditionner la participation de l’Arabie saoudite à la prise de mesures mettant fin à la discrimination contre les femmes dans le sport.

« En 2012 nous devons poursuivre la lutte contre les stéréotypes et les normes sexistes. Les inégalités entre les femmes et les hommes continuent à miner notre société et notre démocratie. La construction de l’égalité passera par des politiques différentes prenant en compte les droits des femmes, en garantissant les droits acquis et en les élargissant : égalité professionnelle et salariale, éducation à l’égalité, lutte contre toutes les violences faites aux femmes, accès libre et gratuit à la contraception et à l’IVG, parité en politique » demande l’Espace Simone de Beauvoir, à Nantes