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ACPM : quel rôle pour les bénévoles ?

Ecrit le 30 mai 2012

L’ACPM   est une « vieille » association, plus de 20 ans d’existence, portée souvent à bout de bras par des bénévoles. Ceux-ci cherchent cependant toujours leur place, coincés entre les nécessités quotidienne et les exigences inattendues des administratifs du Conseil Général.
ACPM   : Ateliers et Chantiers du Pays de La Mée. Les personnes qui font appel à cette structure sont des travailleurs, malheureusement à temps très partiel. 45 592 heures de travail ont été effectuées en 2011, ce qui représente 25 équivalents temps plein. En ajoutant le personnel permanent, cela fait 32 équivalents temps plein : une belle petite entreprise ! En réalité les 45 592 heures ont été effectuées par 144 personnes qui ont retrouvé, ainsi, un certain goût de vivre.

Ménage, repassage, jardinage, entretien de locaux, bricolage, déménagement, accueil périscolaire, travaux agricoles : ce sont les tâches effectuées en « mise à disposition ». Les chantiers, eux, travaillent dans le bâtiment et l’environnement. Murs de pierres, déplacement d’un calvaire, clôtures, plantations, gestion de la ripisylve, entretien des chemins de randonnée et des aires de pique-nique, etc. « A l’ACPM  , on ne fait jamais les mêmes activités et on apprend plein de choses » disent les salariés.
A noter plus particulièrement le chantier du tram-train (qui va se terminer en septembre) et la salle polyvalente de Mouais en bois et paille qui a permis aux salariés et aux encadrants d’acquérir des compétences nouvelles et réutilisables dans un secteur « bio-construction » porteur.

 Diversité et … février

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Les encadrants techniques (désormais tous dotés d’un diplôme national) apprécient la diversité des chantiers et leur complexité. « Cette complexité est intéressante, elle permet de réfléchir, d’échanger, de mieux évaluer les compétences des travailleurs, de montrer que nous faisons du travail de professionnels ». La difficulté : avoir une charge de travail régulière. « L’été nous avons trop de travail, l’hiver, et surtout en février, nous en manquons, il serait bon que les donneurs d’ordre puissent nous donner des travaux modulables ». C’est ce que fait le Conseil Général (et en plus, il paie d’avance, ce qui assure la trésorerie), il serait bien que les Com’Com’   en fassent autant ! Il faudrait aussi qu’elles mettent en œuvre systématiquement la clause d’insertion dans les marchés publics.

 Formations

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Sauveteur-secouriste du travail, préqualification espaces-verts, lever les freins à la mobilité : ces formations sont proposées aux travailleurs, de même que la micro-informatique et le code de la route. La formation informatique se fait « à la carte » en fonction des besoins de chacun.

La préparation du Code de la Route par ordinateur, est une bonne préparation à l’examen : apprendre à bien observer une image et à choisir la bonne réponse. Cette préparation est facilitée par la présence d’un intervenant professionnel apte à expliquer la situation de façon personnalisée.

Deux regrets :

  • - La fracture informatique en France est malheureusement très réelle. notamment en raison du coût que cela représente. une personne au RSA  , percevant 410 € nets par mois, ne peut pas se payer un accès internet à 30, 40 ou 50 euros.
  • - L’ACPM   note de temps en temps un certain manque de civilité de la part des personnes qui ne préviennent pas de leur absence. « Cette notion des règles élémentaires de la vie en société est aussi un apprentissage que l’on fait autour de l’atelier informatique ».

Enfin l’ACPM  , à qui des ordinateurs ont été donnés, a pu équiper des familles.

 Finances

La situation financière, très dégradée en 2010 (déficit de 92 727 €) a pu être redressée en 2011 (excédent de 20 142 €) grâce à une subvention du Conseil Général (53 118 €) et de l’Etat (13 253 €), mais il a malheureusement été nécessaire de supprimer le poste de la coordinatrice et de procéder à un licenciement, ce qui pose des problèmes pour l’accompagnement des travailleurs.

 Bénévolat

Un autre problème « moral » se pose à l’ACPM   : celui de la place du bénévolat. Le Conseil Général, parce qu’il subventionne, veut contrôler le fonctionnement de l’ACPM   (en fait-il autant pour les entreprises à qui il apporte aide à la pierre et aide à l’embauche de salariés prioritaires ?). Cette difficulté a poussé la vice-présidente « chantiers » à démissionner de ce poste et de la Commission Locale d’Insertion. Le Président Yves Blais a déclaré : « Le Conseil Général et l’Etat, par le biais des personnels administratifs, vise à réduire le rôle des bénévoles. Ou du moins à cantonner les bénévoles dans un rôle de représentation, de prise en charge des tâches ingrates, et les éliminer drastiquement de ce qui fait l’intérêt de notre association : la gestion de l’humain. Cette défiance vis-à-vis des bénévoles est difficilement tolérable. Il faudra donc s’atten-dre à ce que, dans les années à venir, il n’y ait plus de bénévoles à l’ACPM  . La question de la survie de l’ACPM   est clairement posée. Ce sera très dommage pour les personnes accueillies par l’ACPM   et pour les salariés de la structure ».

« Les personnes qui viennent nous voir à l’ACPM   ne souffrent pas d’abord de faibles ressources : elles souffrent de l’exclusion sociale, elles souffrent de tourner en rond chez elles, elles souffrent du regard des autres qui les considèrent comme des assistés, comme un cancer (comme a dit le ministre Wauquiez) dont il faudrait se débarrasser. Face à cette situation, les expériences d’insertion par le travail, comme le fait l’ACPM  , sont un moyen efficace de lutter contre l’exclusion sociale et professionnelle. Plutôt que d’assumer le coût du chômage, ne vaut-il pas mieux subventionner un emploi permettant aux chômeurs les plus en difficulté de retrouver un avenir professionnel ? Une association comme la nôtre joue un rôle politique essentiel dans la lutte contre la fracture sociale, en montrant que l’exclusion n’est pas une fatalité, qu’il n’existe pas de « handicapés sociaux » qui seraient condamnés à rester éternellement hors de l’emploi. »

« Il faudrait que nous puissions nouer des partenariats avec des entreprises du territoire, créer des filières métiers, faire acquérir aux salariés des qualifications transférables sur d’autres métiers, etc. Mais l’ACPM   ne pourra faire ce travail que si la pérennité de ses actions est assurée. Aujourd’hui, les financements publics du secteur sont considérés comme insuffisants par la majorité des acteurs de l’insertion. Ils sont surtout particulièrement complexes et instables, la réglementation fluctuant au gré des changements de gouvernement, notamment en matière de contrats aidés. (…) L’ACPM   est un instrument d’amélioration des conditions de vie. Nous revendiquons un rôle de cohésion sociale et même de développement local, qui va bien au-delà des simples chiffres d’emploi durable dans lesquels on voudrait nous enfermer. Nous sommes une entreprise de socialisation par l’emploi. Si nous venions à disparaître, le Nord du département s’en ressentirait durement. »

« Tout cela, nous aurions pu vous le dire. Mais nous ne vous l’avons pas dit car nous, les bénévoles, nous sommes priés de ne pas nous occuper de l’humain. Vous comprendrez que nous en ressentions un certain désarroi » a conclu Yves Blais en finissant tout de même par une note d’espoir : un nouveau vice-président a été trouvé pour s’occuper des chantiers et deux salariés permanents acceptent de se former, sur 2 ans, pour acquérir les compétences de « Conseiller en insertion professionnelle ».