Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Foire de Béré > Foire de Béré 2012 : échos

Foire de Béré 2012 : échos

Ecrit le 12 septembre 2012

 Inauguration et bruits d’allées

La 963e foire de Béré. Temps splendide, visiteurs détendus dans les allées. Discours d’inauguration … semblables à eux-mêmes c’est à dire rien de passionnant. Il y a les orateurs qui lisent leur discours (c’est pas terrible !) et ceux qui parlent sans note (c’est plus intéressant). Le contenu ? Comme d’hab ! « la foire millénaire, ancestrale, légendaire, magique, sur une terre bénie, symbole des activités de la région, multitude de talents, valeurs humaines (travail, convivialité), miracle séculaire qui nous réunit aujourd’hui ... »

Jacques Lemaître (Chambre d’Agriculture) a plaidé pour une agriculture dynamique, stigmatisant au passage les « conceptions passéistes » (on sait que les productions bio, il n’aime pas !).

Philippe Grosvalet (Président du Conseil Général) a rappelé que « nos collectivités ont besoin de plus de moyens et d’autonomie, mais aussi d’un Etat fort ». Signalant les difficultés économiques actuelles, il a préféré relever « beaucoup d’occasions de nous réjouir » : « Airbus recrute, y compris des personnes en grande difficulté. Et les artisans ont foi en l’avenir ». Il relève trois projets d’importance : le futur Tram-train, le futur aéroport de Notre Dame des Landes et le grand plan départemental d’aménagement numérique.

Dominique Tremblay (Vice-Président du Conseil Régional) a ajouté le projet (bien engagé) de rénovation du Lycée Guy Môquet, et la Charte de développement des circuits alimentaires de proximité.

Le Préfet, de son côté, (un homme froid et peu souriant), a voulu communiquer sur tout ce qui va bien, pour éviter qu’un pessimisme galopant n’aggrave la situation. Il a parlé des futurs « Contrats d’avenir » (sans détailler davantage), de promotion de la ruralité   et d’égalité des territoires.

 La Foire pour tous

Miss  : La « Miss Pays de la Mée » s’est fait porter pâle la veille de la Foire. Mal au dos (ou mal diplomatique ?). Ces jeunes, c’est bien beau mais pas costaud. C’est une dauphine qui a défilé à sa place. Longues jambes, corps parfait, port altier. Mais Miss solitaire dans le défilé. C’est pas drôle pour elle !

Bébés : le vendredi matin est le rendez-vous des assistantes maternelles qui se regroupent presque au même endroit chaque année et rejoignent les emplacements stratégiques permettant aux enfants en poussette de se distraire au passage des personnalités. On ne sait pas si les bébés ajoutent un peu d’ironie à leur admiration.

Enfants : les écoles profitent de la Foire pour emmener les enfants à la découverte des animaux : les vaches et les taureaux, par leur énormité, provoquent leurs interrogations. « Dommage, dit un instituteur, les moutons ne sont pas là le vendredi. Et il n’y a jamais de cochon, j’aimerais pourtant bien qu’ils voient une truie et ses petits porcelets ».

PMR : on appelle ainsi les Personnes à Mobilité Réduite, invitées à un goûter par le Comité des Fêtes, au Restaurant des Voltigeurs. Certaines parcourent les allées en petit train, d’autres, vaillamment, s’en vont à petits pas, dos courbé et canne. Les plus valides accompagnent les autres dans cette découverte. Les résidents des maisons de retraite sont de la fête aussi … même si les fauteuils roulants s’enlisent dans le sable à l’entrée de l’espace élevage !

Bébés, enfants, personnes valides et PMR : cela fait plaisir de voir que la fête est pour tout le monde.

 Le voyage de la vache

Il s’agit de l’incroyable voyage du lait, expliqué aux petits et aux grands. Une vache, combien de pis ? Réponse : un. Et combien de mamelles ? Réponse une, car le pis et la mamelle c’est la même chose. Et ça, comment ça s’appelle ? questionne l’animatrice. Des tétines, répond un gamin. Non, les tétines c’est pour les biberons. Des melles ? dit un autre (en lien avec ma-melle ?). Non, les mails c’est pour la messagerie internet. Ici ce sont des trayons, quatre trayons pour une mamelle. Laver les trayons, essuyer soigneusement, faire le premier jet pour s’assurer que c’est bien du bon lait, approcher les griffes de la trayeuse, et hop, c’est parti vers le tank ! « Ma vache est fausse, explique l’animatrice, mais le matériel est vrai » et les enfants, ravis, terminent la séance en dégustant un verre de lait à la menthe ou à la grenadine.

 Dans les allées

La Foire c’est toujours pareil : on retrouve les mêmes exposants aux mêmes stands que l’année précédente.

Mais la Foire, ce n’est jamais pareil : il y a de nouveaux exposants attirant la curiosité. Les stands, variés, n’engendrent pas la monotonie. Les voitures voisinent avec les cybermoutons, le vin attire autant que l’assainissement non collectif, les Pots d’Anne sont proches des toitures auto-nettoyantes. Rouges, vertes, bleues, jaunes : les couleurs des grosses machines agricoles éclatent sur l’herbe fraîche et le bleu du ciel. Il fait très chaud, les visiteurs déambulent, jeunes femmes et papies-mamies dont c’est peut-être la sortie du mois, la sortie de l’année. Oubliés les soucis, pour quelques heures.

Au stand de l’opticien on découvre des lunettes-loupes à molette que chacun peut adapter à sa vue. Au stand des Comtoises, les horloges modernes laissent voir leurs rouages internes. Dans l’espace marché un vaste panier d’osier propose une centaine de couteaux pour tous les besoins : avec ou sans tire-bouchon, avec tournevis pour le bricoleur, avec cuillère et fourchette pour le randonneur. Et le bonimenteur, le même depuis des années, vend sa miraculeuse râpe à légumes qu’on ne trouve qu’à la foire. Et s’il y a, au détour des allées, quelque vendeur de poudre de Perlinpimpin, c’est que celle-ci participe à la magie de la Foire.

Ici la machine à griller les cacahuètes date de 1892 et fonctionne au feu de bois. Tiens, ça vient d’où les cacahuètes ? Des racines de l’arachide tout simplement ! Le visiteur peut découvrir quelques pieds d’arachide, tout comme, à l’exporama, il voit quelques pousses de blé noir (qui n’est pas du blé). Aux jardins de Béré, proposés par l’association Rencontres   et les Ainés Ruraux, une soixantaine de plantes aromatiques et médicinales s’offrent aux regards : sarriette et absinthe, herbe aux chats, herbe de l’immortalité, hysope et capucine, monarde bergamote, aurone, achillée, réglisse, consoude, livèche, alchémille, vous connaissez ?

Pourquoi vient-on à la Foire ? L’exposant vient faire découvrir de nouvelles techniques, entretenir les liens commerciaux voire amicaux avec ses clients et recueillir leurs avis d’utilisateurs. Le visiteur vient fouiner, poser des questions librement, se promener en famille, retrouver ses amis ...

 Dites 33 : Le tram-train pour moins de 10 euros

La Région Pays de Loire, cette année, avait un stand consacré au Tram-train, pour recueillir les questions des visiteurs. Celles-ci bien entendu ont tourné autour des horaires et des tarifs.

Les horaires seront faciles à mémoriser. Départs de Châteaubriant à 6.33, 7.33, 9.33, 12.33, 14.33, 17.33 et 18.33. Même cadencement pour le retour.

Quant aux tarifs, Gilles Bontemps explique : « avec le Conseil Général nous travaillons pour que le trajet soit inférieur à dix euros, ce prix incluant le tramway ou le bus à Nantes. Tous les systèmes de réduction existant actuellement seront maintenus ce qui fait que, globalement, 90 % des voyageurs paieront moins que le tarif normal ».

Il va nous falloir nous familiariser avec la carte Fifti et le forfait Tribu, la carte Tiva (50 % de réduction) et la carte Acti (75 % de réduction), les abonnements Pratik, les tarifs nationaux, commerciaux et régionaux. Comment nous retrouverons-nous dans ce maquis ? « Les gares pourront vous donner tous renseignements » dit Gilles Bontemps.

Bon, attendons ...

 Mais oui, il faut garder les traditions

Nous sommes en territoire rural … et nous en sommes fiers ! C’est pourquoi il est agréable de retrouver et cultiver les traditions. L’exporama, consacré aux saveurs du terroir, en fut un élément. L’Académie du Châteaubriant, le miel de Villepôt, les talents culinaires des jeunes du Lycée Lenoir, le bon pain de la minoterie Bourseau, le goût inimitable des crêpes et galettes, sans oublier les chocolats de Georges Merlet. Un cellier reconstitué rappelait le temps où l’on goûtait et re-goûtait « le cid’ » (un peu trop parfois …). La cuisine à l’ancienne voyait bébé dormir non loin de la cheminée tandis que la maman barattait le lait ou maniait la quenouille, dans une bonne odeur de haricots mijotant devant le feu de bois. Moins d’hygiène que maintenant, moins de normes contraignantes (à la limite de l’absurdité) et pas plus de gens malades !

 Le diable et le moine

Vous souvenez-vous des instruments anciens ? Gilles Raimbaud en a exposé variété qu’il a commentée avec passion. Il y avait :

– un moine pour chauffer le lit et une bassinoire (encore appelée : diable), pour le même usage, sans oublier la bouillotte en aluminium !

  • - un écritoire de lit ;
  • - un tricotin pour faire des chaussettes ;
  • - un mors percé pour administrer un remède de cheval ;
  • - une fourche à anguilles ;
  • - une pince pour déterrer les trognons de choux (qu’on faisait sécher avant de les utiliser comme combustible) ;
  • - un outil pour arracher les betteraves ;
  • - une mouchette à bougies ;
  • - une paire de ciseaux pour tondre les moutons ;
  • - un gabarit pour faire des bottes d’asperges ;
  • - un outil pour casser les pains de sucre ;
  • - une pince à greffer la vigne ;
  • - un fer pour ferrer les bœufs ;
  • - Une pince pour mettre un anneau dans le nez des cochons fouisseurs ;
  • - Un fer à friser ;
  • - Un fer à ballonner ;
  • - une fontaine pour le cidre ;
  • - un marteau à tuer les cochons ;
  • - une râpe pour couper les cornichons, dans le sens de la longueur ;
  • - un moulin à blé noir ;
  • - un canon de braconnier ;
  • - et même une faucille cambodgienne pour couper le riz …

Photos : Gilles Raimbaud montre
la faucille cambodgienne.

L’un au dessus de l’autre : l’outil pour
arracher les betteraves et la pince pour
déterrer les trognons de choux-verts.

 La racine de feu

Cela fait des années qu’il vient à la Foire : Richard Delaigue, l’homme au polo rouge, s’installe sous un parasol, avec, devant lui, des sachets d’herbe à tisane (Harpagophytum) et un panier d’osier contenant des racines terreuses (tamus communis). Pas d’étal luxueux mais beaucoup de clients qui, d’année en année, savent le retrouver là.

L’harpagophytum, est encore appelé Griffe du diable, Ses grandes racines tubéreuses sont utilisées pour réduire la douleur et la fièvre, et de stimuler la digestion. On en trouve en pharmacie sous forme de gélules, mais on peut la consommer en infusion en achetant à Richard ses racines séchées. Idéal contre l’arthrose !

La racine de feu (nom savant : Tamus communis) s’emploie pour les douleurs et les coups. La sève, naturelle (attention, ça peut brûler la peau) ou mélangée avec de l’huile d’olive atténue la douleur.

On peut trouver ces produits naturels à Guémené Penfao au 02 40 79 22 41.

 Célestin Deroche : 15 ans et beaucoup d’émotion

Le dernier jour de la Foire, Célestin Deroche, 78 ans, a annoncé qu’il quittait la présidence de la Foire, après 15 ans de service bénévole, avec une grande satisfaction : la Foire de Béré est renouvelée « Foire de France » pour les 3 ans à venir.

Célestin Deroche fut un grand président (nous aurons l’occasion d’en reparler), succédant à Alexandre Ménard (qui fut président de 1964 à 1997). Son successeur est Georges Garnier, 72 ans, premier adjoint au maire et vice-président de la Communauté de Communes. Ce sera un autre style.

G. Garnier a souhaité « respecter les caractéristiques de cette foire » et s’est engagé à mener les mutations nécessaires. Il y aura besoin, pour cela, d’investissements. La commune et la Com’Com’   seront appelées à mettre la main à la poche.


Ecrit le 10 octobre 2012

 Foire de Béré : Célestin passe la main

Célestin Deroche - Georges Garnier

C’est avec beaucoup d’émotion que Célestin Deroche a quitté la présidence de la Foire de Béré à laquelle, après Paul Durand et Alexandre Ménard, il a consacré 15 ans de sa vie de retraité. Il a fait mémoire d’Alexandre Ménard (« j’ai essayé de respecter ses souhaits »), de grands animateurs du passé (Georges Vételé, Jean Chrétien, Jean Debeix …) et du présent (Jacques Bouet, Marcel Auffrais, Yves Pinson ...). Il a insisté sur le bonheur qu’il a eu pendant ces 15 ans et notamment celui de figurer parmi les 36 grandes foires de France.
Homme de consensus, avec un don d’apaisement, il a su coordonner l’équipe de bénévoles qui portent la foire tout au long de l’année. Il les a remerciés, tous, sans oublier son épouse qui l’a aidée et encouragée, et ses enfants et petits-enfants qui sont devenus, comme lui, des amoureux de la Foire.

Marcel Auffrais (50 ans de Foire) et Yves Pinson (25 ans de Foire) ont cessé aussi leurs fonctions bénévoles. Le nouveau président est Georges Garnier qui a promis de respecter le caractère particulier de la Foire tout en engageant les mutations nécessaires.

Trophées de l’ADIC
Rencontres à la foire