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Le reste à vivre de la planète

Ecrit le 26 septembre 2012

 Humanité et Ressources

Ah, si ma petite voix de citoyen du monde pouvait se colporter par delà les frontières. Oui, c’est bien trop présomptueux. Mais l’espoir fait vivre !!

La rentrée a remis chacun à sa tâche, bon gré mal gré. Volontairement, pour introduire cet article, j’ai choisi une citation viscéralement reconnue par le peuple chinois : « la vie d’un Homme commence par ses ancêtres et se continue en ses descendants ». (Han Suyin, médecin et écrivain, dans « l’arbre blessé », 1965).

Pourquoi cette citation ? : parce qu’elle résume pleinement et en peu de mots l’obligatoire devoir de continuité et de soutien entre générations, indispensable à toute humanité digne de ce nom.

Pourquoi un auteur (c’est une femme) chinois ? Pour trois bonnes raisons qui vont suivre. Auparavant, je souhaite m’affranchir de toute opinion, sur quelque plan que ce soit, sur l’Etat-Nation qu’est la Chine aujourd’hui. Mon œil se veut seulement observateur. Revenons à ces trois raisons. D’abord que ce peuple voue un véritable culte de respect à ses ancêtres, vivants ou décédés. Ensuite que la Chine (tout comme l’Inde) est vouée à écrire une page essentielle du devenir proche et de la destinée de notre Monde. Enfin parce que l’État chinois, par divers moyens, anticipe les besoins de la descendance de sa déjà nombreuse population.

 A la croisée des chemins

Partout dans le Monde (ou presque), l’espérance de vie s’allonge. C’est un bonheur. Qui induit diverses conséquences, encore floues. Nous l’avons compris, ce propos concerne bien sûr l’avenir (incertain) de notre propre descendance, nos enfants, petit-enfants et au-delà. Sans perdre un seul instant de l’œil le bien-être et le confort (sujet fort actuel) de nos parents, nos grand-parents et toute personne dépendante.

Je voudrais pointer ici une simple date :
LE MERCREDI 22 AOUT 2012

Tentons de nous rappeler où nous étions, ce que nous faisions, à quoi nous pensions ce jour là. C’est important, vital.

Car ce fut cette année le jour du « dépassement ». Mais de quoi qu’y cause, là, le mec ? Tout simplement du fait que, entre le 1er janvier et le 22 août 2012, l’Humanité a épuisé la quantité des ressources terrestres disponibles et renouvelables (je préfère ne pas entamer le débat sur celles non-renouvenables, ça nous mettrait encore plus mal à l’aise). Ceci veut donc dire que, en à peine 8 mois, nous avons vidé notre « compte en banque » qui était censé durer 12 mois !

Bien sûr, je n’ai pas inventé cette date. C’est le très honorable et extrêmement vigilant G.F.N. (Global Footprint Network) qui, comme chaque année, vient de la publier. Et elle est confortée par l’avis du W.W.F. (World Wildlife Fund). Même si ces deux organismes sans liens penchent plutôt vers la défense de la Nature, leurs réseaux sont mondiaux. Et leurs opinions sont crédibles et très écoutées, même s’ils ont une légère tendance à percuter l’alarme un quart de poil avant l’accident.

L’intérêt, c’est que le GFN publie depuis plusieurs années (décennies), par un savant calcul qui m’est totalement inconnu, mais qui tient compte des tendances lourdes de l’évolution, cette date dite du dépassement. Avec le leitmotiv et l’ambition de pouvoir comparer d’année en année ce fameux jour. Voici quelques repères, entre 1960 et 2012.

Le jour du dépassement
Annéespopulation mondiale en milliardspourcentage de consommation des ressources
1960 3,02 80 %
1970 3,70 100 %
1990 5,28 125 %
2000 6,08 130 %
2010 6,84 150 %
2012 7,05 156 %

(sources : ONU, GFN)

Méditons un instant ces données inquiétantes. La colonne population, en milliards d’habitants, donne l’évolution de la population humaine mondiale. La colonne pourcentage est l’estimation par le GFN de la consommation humaine mondiale des ressources disponibles et renouvelables.

L’Humanité consomme actuellement l’équivalent des ressources d’une planète et demie. Nous sommes bien trop nombreux, ou bien, bien trop gourmands. Depuis 1970, nous vivons au dessus des moyens de la Terre nourricière. Le prélèvement de l’espèce humaine ne laisse plus à la Terre le temps de se régénérer ni aux espèces végétales et animales de se reproduire à l’identique.

  Après moi le déluge ?

Oui, nous sommes fort égoïstes, et pour au moins deux raisons, qui sont aussi affreuses l’une que l’autre. La première est que l’Homme est un loup pour l’Homme. Je m’explique : les nations dites fortes ou à niveau de vie élevé pillent sans vergogne les ressources des nations les plus faibles, voire de continents entiers, pour maintenir a minima leur confort de vie. La deuxième relève de l’escroquerie pure et simple envers nos propres enfants et leur descendance à venir. Nous dilapidons allègrement et sans états d’âme (ou bien sans en avoir conscience ?) l’héritage que nous sommes censés leur laisser, « en bon père de famille », à leur disposition. Nous vivons à crédit sur leur dos et sur leur futur.

Le GFN va plus loin : si j’étais habitant de telle nation, voici le nombre de planètes Terre dont j’aurais besoin pour vivre sans privation particulière en 2012 :

Combien nous faut-il de Terre pour vivre ?
Nations Nombre de planètes
USA 4,2
Russia 2,7
Brazil 1,9
China 1,2
India 0,5

C’est ahurissant, non ? Et pourtant réel !!

Décodons ce tableau pour bien le comprendre : si chaque humain vivait à la mode américaine actuelle, nous aurions besoin des ressources de 4,2 planètes-Terre. A l’inverse, si nous étions tous natifs de l’Inde, une demi-planète Terre suffirait à nos besoins. Voilà ce que signifie le concept du « jour de dépassement ».

Signé : Pascal, de BLAIN