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Vivre dans le désert du Rajasthan

Ecrit le 15 mai 2013

 Le village de Pabu-ki-Dhani

MALENBAÏ, déesse du désert et de la sous-caste des Bhil, les Lautiha. « Elle est partout dans le désert, dit Pabu, autant dans un grain de sable que dans le vent. C’est la déesse la plus importante pour sa tribu et elle est célébrée partout ».

Malenbaï : nom de l’association créée dans le désert, pour gérer l’éco-ferme Panu Ki Dhani, par Pabu et Capucine. Une soirée a présenté ses activités le 4 mai à Châteaubriant : le Marché Couvert   était plein, il a fallu refuser du monde !

Capucine Larmand est parisienne d’origine, sa mère réside à Armaillé en Maine et Loire, à 21 km de Châteaubriant. En parallèle avec ses études de déco-ration, d’architecture d’intérieur, Capucine voyage beaucoup, sac à dos, vers l’Afrique qui l’attire. Mais finalement elle se fixe en Inde, après sa rencontre avec Pabu. Celui-ci est un « intouchable ». Certes, les castes ont été abolies, mais elles demeurent dans les esprits, on dit que les « intouchables » sont des êtres frustes, sales, inférieurs quoi ! Au point que, dans certains temples, on leur refuse l’entrée ! Au temple de Kali Dunger, Pabu se rend très tôt le matin, après des heures à dos de dromadaire, pour être sûr de ne pas être refoulé.

Entre Capucine et Pabu, ce fut le coup de foudre immédiat, l’accord complet, l’envie de vivre ensemble, de créer ensemble. « J’ai su, de suite, que j’appartenais à ce désert, que ma vie serait ici, avec Pabu et le peuple des Bhil, pour toujours ». Capucine multiplie alors les allers-retours entre la France et l’Inde et s’installe définitivement dans ce pays, d’autant plus qu’est né un petit Mohan.

Mais les peuples du désert n’ont rien, pas d’eau courante, pas d’électricité, pas de sécurité sociale. Pas de solidarité non plus entre castes ! Il peut faire très chaud le jour et glacial la nuit et les jours sont difficiles quand le vent balaie les sables. Il faut faire 8 à 10 km pour rejoindre une école et quelques infrastructures de soin. A pieds ou à dromadaire. La petite ville de Jaisalmer est à 28 km, il faut 40 minutes en jeep... quand on en a une.

Capucine et Pabu ont alors créé l’association Malenbaï pour récolter des fonds, en relançant l’artisanat, en finançant l’école pour les enfants, en construisant des habitations « en dur » avec murs et toit.

Photo : Tourisme   solidaire, l’intérieur d’une case

Le couple a pu acheter une butte de pierres noires où se forme un lac naturel (qui peut aussi disparaître naturellement). Ainsi est né Pabu Ki Dhani, le village de Pabu, en plein désert du Thar.

 Tourisme   solidaire

A force de démarches, Capucine a pu inscrire cette destination dans les propositions du Tourisme   solidaire. C’est ainsi que des groupes viennent, de temps en temps, découvrir le désert et ces drôles de gens qui vivent au rythme du soleil, s’arrêtant de travailler, le soir, quand le feu est la seule lumière. Cependant des panneaux solaires ont été montés pour charger les lampes électriques, les téléphones portables et appareils photos et autres petits appareils ! Des témoignages de gens de notre région ont été apportés à la soirée du 4 mai à Châteaubriant.

Pabu Ki Dhani, c’est l’expérience du silence, des nuits étoilées, du sable. C’est la préparation des repas sur un vrai feu, c’est le soin apporté aux animaux, c’est la découverte d’animaux sauvages dont on repère les empreintes, c’est le coup de main donné aux villageois pour « crépir » les cases de terre avec un mélange de sable, d’eau et de bouse de vache. En février 2013 des jeunes d’Avignon ont participé à la réalisation d’une grande haie afin d’entourer une parcelle de sable propice à la culture de légumes et plantes servant de nourriture pour les chameaux. Ces semences seront mises en place pendant la mousson de cet été, en espérant qu’il pleuve !

Le soir, c’est le dîner autour du feu après avoir pris le temps d’éplucher les légumes pour préparer le repas, et notamment ces galettes appelées « chapatis ». C’est surtout la rencontre des populations locales. Démunies, certes, mais heureuses ! Cette joie de vivre frappe tous les visiteurs qui, au retour, regardent notre « civilisation » d’un autre oeil !

Des excursions (à dos de dromadaire) sont organisées pour visiter les artisans dans les villages des alentours. Celui-ci est potier traditionnel. Celui-ci tisse les poils de dromadaires et de chameaux. Celui-là cueille des herbes dans le désert et tresse des cordes qui tiendront une toiture en paille durant les mois de tempête de sable.

A proximité on peut même prendre cours de cuisine ou s’initier aux instruments de musique du désert.

Photo : Le village et ses cases de terre, couvertes de chaume

 Un centre de santé

De nombreuses personnes ont déjà visité Pabu Ki Dhani. Et notamment un médecin, le docteur Olivier Abossolo, médecin anesthésiste à Avignon, qui a un projet de laboratoire de production d’huiles essentielles au village de Pabu Ki Dhani. Il a déjà soigné la population du village avec succès en distillant des herbes et produits locaux : et la saison dernière nul n’a été malade du paludisme ! Mais l’alambic est mal vu par les autorités qui craignent qu’il serve à fabriquer de l’alcool. Il y a donc un projet de construction d’un centre de santé, avec salle de soins et lieu d’accueil, et lieu de fabrication locale. Coût de ce projet : 7906 euros !! Une somme très basse par rapport à ce que nous connaissons, nous, dans nos pays « développés » ! M. Abossolo est membre d’une association « Ressources » basée à Avignon, dont les membres se sont engagés à aller à tour de rôle au village de Pabu pour soigner la population.

Photo : Docteur Abossolo Docteur Abossolo

Source
Il est possible de faire un don ! S’adresser à l’association Malenbaï, 3, rue de la Mairie. 49420-Armaillé, contact@pabu-ki-dhani.com

 Le Glivec en échec

Le 1er avril 2013, l’Inde a refusé d’accorder un brevet au Glivec, anti-cancéreux produit par le géant pharmaceutique Novartis. Selon Médecins sans frontières, la version générique du Glivec est disponible à moins de 73 dollars (57 euros) pour un mois de traitement en Inde, contre 4 000 dollars pour la version originale de Novartis. Les industriels de la pharmacie ont maintenant une crainte : celle de voir l’Inde faire des émules en regardant, avant d’accorder un brevet, si le nouveau médicament proposé apporte de réelles améliorations ou s’il ne s’agit que du même produit avec une perruque.


Ecrit le 8 mai 2013

 Deux fillettes pour 3000 euros

Fillettes

Aru 13 ans et Meena 12 ans sont hébergées dans la ferme écologique du désert du Rajasthan. Elles sont ainsi sauvées d’un mariage trop précoce qui les condamnera à vivre prisonnières de traditions liberticides pour la femme. Il faut trois mille euros pour pouvoir les scolariser à partir de la mi-juin 2013. En effet, dans l’Inde rurale les jeunes filles ayant accès à l’éducation scolaire peuvent repousser leur mariage jusqu’à l’âge de 20 ans, et leurs familles ne sont plus tributaires d’un « bon mariage » pour survivre.

Si 300 personnes pouvaient donner chacune 10 euros … les gamines échapperaient au mariage prévu en début d’année 2014. Douze ans et treize ans, elles sont bien jeunes …

Envoyez vos chèques à : Association Malenbaï, 3, rue de la Mairie, 49420 Armaillé. Et consultez le site de pabu-ki-dhani