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Joséphine, du Burkina Faso

Ecrit le 22 mai 2013

Joséphine a 33 ans (on lui en donnerait 10 de moins !) et deux enfants de 10 et 12 ans, elle est Burkinabée, de la commune de Gourcy au nord du Burkina-Faso, 700 habitants, à 140 kilomètres de Ouagadougou. C’est une jeune femme apparemment timide, mais en réalité énergique, décidée, au point d’être secrétaire du Comité de gestion du Micro-Crédit dans sa commune et d’être animatrice d’un groupement Naam. Elle parle un français impeccable, ce qui est fort méritoire de sa part car, dit-elle, « je n’ai pas pu aller à l’école, parce que l’école concerne surtout les garçons et que, chez mes parents, il n’y avait pas d’argent pour payer ! ». Mais la petite fille était volontaire, au point d’apprendre toute seule en se procurant les cahiers de ses camarades plus chanceux.


Joséphine est arrivée en France fin mars dans le cadre des découvertes financées par l’AFDI (Agriculteurs français et développement international), mais il lui a fallu payer elle-même son visa : « J’ai vendu six chèvres et douze poules pour cela » dit-elle. De la même façon quatre autres femmes et cinq hommes sont venus dans notre région, passant une à trois semaines dans des familles d’agriculteurs français.

Là-bas, au Burkina, Joséphine cultive du maïs, du mil, des haricots et des légumes,
quand il y a de l’eau (mais la saison sèche dure sept mois et, dans cette période, ce peut être la famine) : la culture se fait à la main voire avec un âne, l’arrosage se fait aussi à la main, et quand il n’y a plus d’eau on n’arrose plus ! « Les femmes travaillent plus que les hommes » dit-elle. Ce serait bien d’avoir une pompe …. « mais nous n’avons pas l’électricité en dehors du centre-bourg. Nous pourrions l’avoir, mais il faudrait payer très cher ! ».

 Le blé et le colza

« Ici j’ai découvert le blé et le colza et les méthodes d’élevage » dit Josépĥine. La famille Vinsonneau lui a montré les cultures maraîchères en France. La famille Gabillard-PetitJean a privilégié la découverte des exploitations pratiquant la vente directe. La famille Hamard lui a fait découvrir la production de viande bovine en bio et une CUMA (coopérative d’utilisation du matériel agricole) et l’intérêt de se regrouper pour coopérer. La famille Marest a proposé la découverte de la vie familiale à la ferme. Quatre séjours très différents et tous enrichissants.

« Chez nous aussi nous avons une forme de coopération avec la FNGN (fédération nationale des groupements Naam) » dit Joséphine. « Elle nous aide pour l’achat de plants et de semences et le suivi des cultures vivrières ». Par exemple, Joséphine fait pousser des pommes de terre avec des plants venus de France (au Burkina, ils ne peuvent se conserver, ils pourrissent).! « Le prix d’achat de ces plants est plus cher quand il s’agit de faire le commerce des pommes de terre » explique Joséphine qui, en dehors de la consommation familiale, fait des frites qu’elle vend sur le bord de la route. Il est évident que, dans ce pays d’Afrique comme dans d’autres, le développement sera l’affaire des femmes !

 Le droit de dire non

Quand elle sera rentrée dans son pays, Joséphine fera part de son expérience à la FNGN qui se chargera de la diffuser dans les différents groupements. « Dans notre pays où la transmission est surtout orale, il sera important de faire des écrits pour donner plus d’ampleur a développement » dit Joséphine.

Entre autres découvertes, Joséphine a été surprise par le froid glacial que nous avons ce printemps ! Elle a visité un supermarché où elle a vu des tas de produits qu’elle ne connaît pas (notamment des champignons). Elle est allée au jardin Vital à Bonnœuvre où elle a été séduite par la récupération de vélos transformés en … sarclettes à roue dont elle a tout de suite trouvé l’utilisation et qu’elle a bien examinés ! Au Tremblay elle a partagé les recettes de légumes et fruits séchés. A Châteaubriant elle a apprécié la soirée indienne et le dynamisme de ces gens du désert qui vivent, comme elle, sans eau courante et sans électricité.

Avec les épouses des agriculteurs, elle a appris que les femmes ont le droit et le pouvoir de dire non !

Et bientôt, quand elle sera rentrée chez elle, elle n’oubliera pas son séjour en France et le foisonnement d’expériences qu’elle a partagées. Elle a promis de rester en liaison avec les familles qui l’ont accueillie.


 Soirée africaine : 24 mai 2013

Vendredi 24 mai à St Michel-et-Chanveaux, soirée Burkina avec des photos du village de Gourcy, et un petit film de présentation. Ce sera une soirée d’échanges
car de nombreuses personnes sont déjà allées au Burkina et pourront témoigner. Les questions seront les
bienvenues.

20h30 salle municipale à
St-Michel-et-Chanveaux.