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Deux femmes au Panthéon

Ecrit le 26 février 2014

La parité au Panthéon

« Aux grands hommes, la Patrie reconnaissante » : telle est l’inscription figurant au fronton du Panthéon, à Paris, sur ce monument qui eut diverses destinations : église Ste Geneviève ou monument laïque consacré à la mémoire des grands hommes de la nation, « à dater de l’époque de notre liberté » comme disait Emmanuel Pastoret, procureur syndic du département de Paris, devant l’Assemblée Nationale en 1791.

Les grands hommes : à l’époque on pensait d’autant moins aux femmes qu’elles n’avaient même pas le droit de vote (celui-ci ne leur fut accordé qu’en 1945). C’est pourquoi le Panthéon renferme les cendres de 71 grands hommes et seulement 2 femmes. L’une d’elles est Sophie Berthelot, entrée au Panthéon en 1907, avec son mari Marcellin   Berthelot, chimiste et homme politique, car « les deux époux, qui s’étaient tendrement aimés, avaient demandé à ne pas être séparés dans la mort plus qu’ils ne l’avaient été dans la vie ». Cette distinction lui a été attribuée « en hommage à sa vertu conjugale », étant morte quelques heures avant son mari. La seconde est Marie Curie, entrée au Panthéon en 1995 avec son époux Pierre Curie.

François Hollande a annoncé, le 21 février, l’entrée au Panthéon de quatre grandes figures de la Résistance : Germaine Tillion, Pierre Brossolette, Geneviève de Gaulle-Antonioz et Jean Zay.

Michelle Meunier, sénatrice, déclare : « Je me réjouis tout d’abord de l’entrée de deux femmes dans ce haut lieu de l’Histoire de France qui vient marquer des parcours hors-norme au service des autres, au service d’un pays tout entier.

J’espère que cette décision permettra de changer notre regard sur la place des femmes dans l’Histoire. Elles que l’on oublie encore trop souvent … derrière leur père, leurs frères ou leur mari. Au delà de ce symbole, je salue l’entrée au Panthéon de quatre résistant-e-s. Résistants face à la barbarie nazie et à l’occupation. Mais aussi résistants dans leurs combats quotidiens face aux injustices, face aux inégalités, et à l’intolérance. Cet hommage rendu par la Nation ne doit pas s’arrêter aux portes d’un sanctuaire. Inspirons-nous, chaque jour et à notre niveau, de leur action pour plus de solidarité. Inspirons-nous de leur engagement sincère pour la justice sociale et l’égalité. Nous leur rendrons ainsi le plus beau des hommages ! ».

Germaine Tillion, était ethnologue en Algérie dans les années 30. Elle entre dans la Résistance en 1940 et fonde le réseau du Musée de l’homme. Dénoncée par un prêtre en 1942, elle est envoyée, avec sa mère, à Ravensbrück où elle réussit à soutenir le moral de ses camarades avec l’opérette Le Verfügbar aux enfers. Elle a écrit l’ouvrage Ravensbrück, en 1946 et a continué à militer pour la justice et la vérité.

Geneviève Antonioz-de Gaulle, résistante, déportée elle aussi à Ravensbrück, fut présidente d’ATD (Aide à toute détresse), militante de la cause des sans-abri.

Pierre Brossolette, un des grands animateurs de la France combattante et de la Résistance, « appartient à cette cohorte sacrée de résistants qui à la question lancinante qui se posait à tous : « Quel homme suis-je devant la torture ? » ont répondu en choisissant la mort » (dixit Daniel Cordier) pour ne pas trahir les secrets de Londres et de la Résistance.

Jean Zay, ministre de l’éducation nationale sous le Front populaire, fut l’un des bâtisseurs de l’école publique française. En juin 1940, acculé à Bordeaux après la déroute de l’armée française, il tente de quitter la France à bord du tristement célèbre paquebot Massilia. Arrêté à Casablanca, au Maroc, il sera assassiné par trois miliciens du collaborateur Joseph Darnand, le 20 juin 1944.