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Chômage, pari perdu, dommage.

Ecrit le 5 février 2014

 Chômage, pari perdu, dommage.

François Hollande en avait fait le pari  : la courbe du chômage s’inverserait en fin d’année 2013. C’est raté et c’est dommage. Le gouvernement a pourtant multiplié les dispositifs permettant l’embauche de jeunes en contrats d’avenir …

Sur l’ensemble de l’année 2013, le nombre de chômeurs supplémentaires s’élève à 177 800 en catégorie A. C’est moins qu’en 2012 (283 800), mais plus qu’en 2011 (142 500) et qu’en 2010 (62 300). Au total, il y a désormais plus de 3,3 millions de chômeurs de catégorie A et 5,5 millions de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues. Dans les deux cas, il s’agit d’un record absolu.

Si François Hollande n’a pas réussi à tenir son pari, c’est d’abord parce que la croissance n’a pas été au rendez-vous. Oscillant entre -0,1% et 0,5% sur les trois premiers trimestres de 2013, l’activité a été trop faible pour relancer les créations d’emploi dans le privé.

Etant donné que la population active a augmenté de 82 000 personnes entre les troisièmes trimestres de 2012 et 2013, il aurait fallu que le produit intérieur brut (PIB) augmente d’au moins 1,5% pour que le chômage reflue.

Pour compenser l’atonie du secteur privé, le gouvernement a misé sur les emplois aidés dans le secteur non marchand, avec la création des emplois d’avenir, des contrats de générations et le maintien d’un stock relativement élevé de contrats d’insertion plus classiques (même si on reste loin des niveaux atteints au début des années 2000). Mais cela n’a manifestement pas suffi.

La situation des seniors est préoccupante. Le nombre de demandeurs d’emploi de plus de 50 ans augmente sans interruption depuis le début de la crise (+10% depuis un an et +118% depuis janvier 2008), jusqu’à franchir la barre du million en juin dernier.

Plus largement, le chômage de longue durée continue son ascension. Plus de deux millions de chômeurs sont désormais inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, dont près de 600 000 le sont depuis plus de trois ans. Autant de personnes qui sont de plus en plus éloignées de l’emploi et qui risquent d’arriver en fin de droits. C’est déjà le cas des 800 000 personnes qui sont inscrites à Pôle emploi et qui touchent le RSA  .

Et ça continue : Airbus -5800 dont 1400 en France, Auchan -300, Jean Gaby en Bretagne -150, Thalès -300, Bombardier au Canada -1700, IMB aux USA -3000, PSA Rennes, la Redoute, Novartis aux USA et la Presse (Courrier International, Nice-Matin, l’Equipe, La République du Centre)...
… sans compter tous les emplois associatifs résultant d’une baisse des financement de l’Etat aux collectivités et associations.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a fait des recommandations explosives, dans son rapport de 30 janvier 2014, intitulé « Vieillissement et politique de l’emploi : mieux travailler avec l’âge », estimant qu’il faut inciter davantage les seniors à travailler et pointant les réticences à embaucher des plus de 50 ans côté employeurs, du fait « de représentations négatives fondées notamment sur l’idée que les salaires seraient plus élevés que la productivité en fin de carrière ». Pour contrer cette tendance, les auteurs du rapport demandent que les entreprises soient davantage contrôlées et sanctionnées et que les pré-retraites soient rendues moins avantageuses.


Ecrit le 2 juillet 2014

 Chômage en hausse

Il est des records dont on se passerait bien : le chômage a encore connu de très mauvais chiffres en mai, avec 25 300 demandeurs d’emploi supplémentaires sur la France entière. Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) est en hausse quasiment ininterrompue depuis trois ans et bat désormais tous les mois de nouveaux records avec 3 651 800 demandeurs d’emploi sans aucune activité. Et en ajoutant ceux qui ont un peu travaillé dans le mois, la barre symbolique des 5 millions est franchie. La baisse semble surtout encore inatteignable. Même l’Insee, plus optimiste que Pôle emploi, prévoit que le chômage continue d’augmenter puis se stabilise d’ici à la fin de l’année. En effet, tant que la croissance ne redémarre pas, il est illusoire de croire que le chômage puisse baisser. Mais le pire est que, même si elle revient un jour, son effet ne sera probablement pas immédiat.

« Comme la population active continue de s’accroître, il faudrait au moins 1,8 % de croissance pour que le chômage recule », assure Eric Heyer, économiste à l’OFCE. Un chiffre bien éloigné du 0,7 % de croissance prévu pour 2014 par l’Insee....