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SOS Agriculteurs en difficulté.

Ecrit le 19 mars 2014.

 SOS Agriculteurs en difficulté.

L’association : « SOS Agriculteurs en difficultés 44  » a tenu son assemblée générale le 11 mars à Nort sur Erdre, sous la direction de Thierry Thoby et Isabelle Grégoire : un échange s’est instauré sur la vitalité de l’association, le manque de nouveaux bénévoles, et les moyens à mettre en œuvre pour tenter d’optimiser l’avenir de SOS 44. Car, si les problèmes d’avant 1985 (dépôt de bilan non autorisé en agriculture, intégration, etc… ) sont moins d’actualité, la situation aujourd’hui des agriculteurs en difficultés financières n’en est pas moins dramatique (drame humain et familial, perte d’emploi, de statut, voire de maison et plus, etc… ) et justifie encore pleinement l’engagement de bénévoles aidant, accompagnant, prenant en compte et à sa juste place le facteur humain du dossier étudié. « Nous prônons le respect de l’agriculteur et sa famille avant l’aspect économique. Et c’est cette priorité là qui est fondamentale  » dit Thierry Thoby.

Ce rôle est reconnu, parfois comme un mal nécessaire, par les autres acteurs du monde rural (Mutualité Sociale Agricole, Techniciens, Banques, Coopératives et Fournisseurs, Propriétaires, Mandataires Judiciaires,…). « Souvent, pour éviter les drames, ils invitent les agriculteurs concernés à nous contacter et à nous demander de les accompagner dans la recherche d’une solution à leur situation  » explique Noël Camus. Mais cet appel à l’aide doit être un acte volontaire auprès de SOS et des bénévoles les plus proches. Rappelons que l’association « Une Famille un Toit » est issue de « SOS Agriculteurs en Difficultés  » afin d’éviter le plus souvent possible que la maison ne soit saisie par les créanciers (double peine).

Des constats :

  • - Les demandes de subventions sur les 221 communes de Loire-Atlantique ont généré en 2013 environ 5000 € d’aides (moyennes 23 €/commune)
  • - il est proposé de re-solliciter le soutien financier de coopératives et autres fournisseurs du monde agricole (Terrena, Bernard Agriservice, ect..)
  • - Nous souffrons d’un manque de visibilité locale et géographique des bénévoles référents de proximité.
  • - Nous bénéficions d’un courant de sympathisants qui, actuellement, ne sont pas sollicités par nous, pour adhérer (au moins à nos idées, voir plus si envies)
  • - La solitude dans le métier d’agriculteur fait partie des situations difficiles à vivre même si la situation financière est bonne. Il n’est pas exclu de penser que certains pourraient peut-être nous rejoindre pour y apporter remède ?
  • - Sans parler de constat d’ingratitude, ni a contrario d’une obligation de reconnaissance, il nous paraîtrait normal, logique et légitime que les personnes accompagnées après qu’une solution à leurs difficultés ait été trouvée, fassent preuve de mémoire, ne serait-ce a minima, en adhérant à l’association SOS ce qui jusqu’à ce jour n’est pas obligatoire pour être accompagné.

Certains agriculteurs accompagnés par SOS ont une méconnaissance du fonctionnement associatif et des difficultés de l’association. Mieux informés, même en l’absence de moyens financiers, ils seraient prêts à donner du temps à l’association. Après les premiers interventions urgentes qui sont la réponse au désarroi, on devrait pouvoir formaliser un temps ou un outil utile à une meilleure découverte de la réalité de l’association, son fonctionnement collectif mais aussi l’ analyse et l’expérience partagées par les accompagnants.

Pour se faire connaître et affirmer sa présence, pour davantage communiquer à l’extérieur, plusieurs pistes sont évoquées :

  • - faire un film vidéo
  • - ou une pièce de théâtre
  • - éditer une plaquette avec logo, localisation des aidants volontaires, mise à disposition du public (mairies, sous-préfectures)
  • - proposer l’adhésion systématique (15 €) lors de la prise en charge des nouveaux dossiers et l’engagement du contrat moral (qui reste à rédiger)

Noël Camus

L’assemblée générale s’est poursuivie avec la présentation par François Dufour, des moyens mis en place par la Région de Basse-Normandie. Cette Région perd en effet 4 % de ses actifs agricoles chaque année. La robotisation se fait au détriment de l’installation des jeunes. La Région cherche à sauvegarder les terres et les sièges d’exploitation.

« Les sièges d’exploitation ont bénéficié d’aides publiques, par exemple pour la mise aux normes. S’ils disparaissent, c’est un gaspillage de fonds publics, nous avons alors travaillé sur le contrat de transmission : aller au devant des agriculteurs de plus de 53 ans pour évoquer la reprise, apporter une incitation financière aux propriétaires pour les inciter à louer plutôt qu’à vendre. Il y a chez nous une quinzaine de produits d’appellation protégée, il nous faut au moins 75 % de vaches normandes et 75 % de surface en herbe. Notre but est donc de sauver l’élevage ». C’est la Région qui gère le mécanisme, pas la Chambre d’Agriculture.

La Région propose aussi (et finance) un ’’contrat de parrainage’’  : un futur cédant forme pendant un an un jeune qui lui succédera. « Nous avons beaucoup de demandes. Les jeunes ont peu de moyens financiers, ce contrat est pour eux une passerelle, il sécurise un jeune dans l’exploitation agricole  ».

Le ’’chèque-conseil-agricole’’ permet de financer des prestations d’expertise personnalisée destinées à améliorer les systèmes d’exploitation et à orienter les agriculteurs vers une agriculture durable du point de vue technique, économique, environnemental et social : autonomie de l’approvisionnement en fourrages, circuits courts voire vente directe.

Les ’’aides à la capitalisation’’ prennent en charge les intérêts des emprunts : le jeune installé ne commence ainsi à rembourser qu’au bout de trois ans.

 La Grande Ferme

La Région Basse-Normandie a mis en place un système de portage foncier pour permettre la reprise, par un jeune agriculteur, de l’exploitation «  La Grande Ferme », à 12 km de Caen. Ainsi 226 hectares de terres agricoles et 23 emplois ont été préservés de même que les principaux ateliers existants : production maraîchère, production céréalière, magasin de vente directe (qui accueille 150 clients par jour), vergers.

Cette mobilisation a permis de faire reculer GDE (Guy Dauphin environnement) qui aurait tout mis en production céréalière, y compris les 90 hectares de légumes. Vous ne connaissez pas Guy Dauphin Environnement ? Cette société a reconnu avoir déposé une quantité particulièrement importante de Résidus de Broyage Automobile contenant des taux de plomb supérieurs aux seuils définissant les déchets de dangereux sur des sites non autorisés à les recevoir : environ 37 000 tonnes de déchets toxiques !

La société Guy Dauphin Environnement a donc été citée à comparaître à l’audience du 13 mars 2014 devant le Tribunal correctionnel de CAEN. Mais comme le dossier pénal ne contient aucun acte de poursuite postérieur au mois de juin 2010, il est possible que la société puisse échapper à sa responsabilité pénale !


 Jacques Auxiette menace

Au sujet de la manifestation du 22 février, contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, des Castelbriantais ont témoigné de ce qui leur est apparu comme une provocation, des dégradations bien orchestrées pour déconsidérer une protestation massive. A la suite de cette manif, Jacques Auxiette, Président de la Région Pays de Loire manie la menace vis-à-vis d’organisations comme Accueil Paysan, le GAB (groupement d’agriculture biologique), les CIVAM (centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural), en leur demandant de se désolidariser de la manifestation, en leur rappelant que «  votre organisation est bénéficiaire de nombreux fonds publics, notamment régionaux  ». En somme, plie ou ... couic !