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A Mouais, la Paill’Hôtes vous accueille

Ecrit le 15 octobre 2014.

Samedi 4 octobre 2014, la Paill’Hôtes est enfin inaugurée à Mouais, dans une atmosphère bon-enfant. L’ancien Premier Ministre Jean-Marc Ayrault est présent, de même que le Préfet et le Sous-Préfet. Yves Daniel pour qui ’’c’est le plus beau jour de [sa] vie’’ retrace l’histoire de cette salle communale, une histoire aux couleurs du respect des hommes-femmes et de l’environnement.


Mouais est une petite commune de presque 400 habitants, pas la plus petite de Loire-Atlantique, mais guère de moins ! Elle s’étend sur 993 ha, ce n’est pas non plus la plus petite. « On ne peut pas être les plus petits partout ». « Elle permet de prouver que taille modeste et ruralité  , loin d’être des obstacles insurmontables à la mise en œuvre de projets, doivent plutôt être considérés comme des laboratoires d’expérimentation, de solutions innovantes » dit Y.Daniel. La salle multifonctions de Mouais en est le parfait exemple.

L’origine du projet remonte à presque trente ans : 1983 ! « Tu te souviens sans doute, Jean-Marc, du jour où le maire de la plus petite commune de Loire-Atlantique est venu voir le maire de la plus grande commune de Loire-Atlantique pour lui proposer de monter des projets d’échanges en commun. Je t’ai parlé de la salle et demandé ton aide que tu m’as accordée en rendant la commune destinataire d’une partie de ta réserve parlementaire. Je t’en suis infiniment reconnaissant et tenais à te le faire savoir aujourd’hui ». Car si la salle multifonction est sortie de terre, c’est avant tout grâce au concours financier de tous les partenaires. La somme des subventions, Communauté de communes, Département, Dotation d’Equipement des Territoires Ruraux, Etat, représente environ 80% du coût total de la salle.

Le choix des matériaux qu’on appelle bio-sourcés a permis de maîtriser les coûts et Y. Daniel remercie le réseau breton Bruded. « Le projet, très modeste, se résumait alors à ceci : construire un hangar agricole, isolé par de la paille pour l’utilisation en hiver, et avec quelques aménagements au niveau usage, sécurité et accès pour l’accueil du public ». On peut constater que le résultat est très supérieur !

« Cela ne s’est pas fait sans heurts : nous avons dû nous battre pour imposer et faire respecter la philosophie du projet ! Régulièrement des arguments contraires nous étaient avancés : techniquement impossible, non réglementaire, trop cher, connaît pas... Mais convaincus par cette citation d’Oscar Wilde écrivain britanique « il faut avoir des rêves suffisamment grands pour ne pas les perdre de vue », nous avons tenu bon et le CAUE 44 puis la SELA nous ont donné les moyens de réaliser nos ambitions ». Les fenêtres pédagogiques de la salle, mettant en valeur l’isolation en paille et les différentes techniques de murs en terre, sont là pour interpeller les visiteurs et les imprégner de la philosophie du lieu, mais surtout pour redécouvrir les techniques d’autrefois. La plupart des matériaux proviennent de la région - et plus précisément encore de la commune pour ce qui est de la paille et de la terre. La salle multifonctions de Mouais est à énergie passive de sa conception à son fonctionnement, chauffage par géothermie verticale par exemple, en passant par sa réalisation.

  Excellence sociale

« Très attachés à considérer le développement durable dans toutes ses dimensions, nous ne pouvions pas viser l’excellence environnementale de la salle sans rechercher autant que possible l’excellence sociale. Nous avons donc passé une convention directe avec un chantier d’insertion très présent sur le territoire, les Ateliers et les Chantiers du Pays de la Mée (ACPM  ). Pour former et encadrer les travailleurs, nous avons fait appel à trois structures spécialisées Elément-terre pour la paille, Tierrhabitat pour les briques de terre crue et Alternative pour le pisé et la bauge. A côté du chantier d’insertion, nous avons également associé un chantier de formation celui de la Maison Familiale de Riaillé, qui développe depuis trois ans des formations en éco-construction »

« Enfin, le troisième chantier que nous avons ouvert était le chantier participatif avec les habitants. Le résultat a dépassé nos espérances : 7% des habitants sont venus, prêter main-forte au chantier. Ces chantiers ont été, chacun à leur niveau, une véritable leçon de vie ». Le nom retenu pour la salle, La Paill’hôtes, a le mérite de combiner à la fois l’écologique et le social, les deux piliers du projet.
(fin du discours de Y. Daniel)


Murs en paille, les bottes ont été
comprimées avec des étais

C’est ensuite Yves Blais, président des ACPM   (Ateliers et Chantiers du Pays de la Mée) qui s’est exprimé, donnant la parole à Bernard Héas, encadrant de chantier. Celui-ci s’adressant à Yves Daniel, a dit :

« Lorsque tu nous a contactés pour nous mettre au pied du mur … de paille !... je ne savais pas que tu nous plongeais dans cette aventure qu’est la construction paille, et que je serais tombé amoureux … amoureux de ce type de construction ! Quelle aventure !! Quel plaisir l ! Quelle découverte l ! Quelle aventure que vouloir faire travailler nos travailleurs volontaires de l’ACPM  , je peux dire ici, bien haut, que malgré certaines difficultés, ils ont eu à cœur de participer à ce projet. Quel plaisir de travailler avec des professionnels tels que Philippe Liboureau et Ronan, qui ont su, par leurs connaissances, nous inculquer les gestes et les savoir-faire. Quel plaisir de travailler avec les habitants de ton village, volontaires, bénévoles, qui ont su se mêler aux équipes de l’ACPM   pour que l’œuvre....oui, je me permets de dire l’œuvre, soit menée à terme. Quelle découverte pour moi ! j’ai découvert et apprécié cette ambiance que tu as su mener à bien ! J’ai pu également, à la suite de ces travaux, me former à la formation de formateurs dans la réglementation de la construction paille (RFCP). La route fut longue quant à la construction de ce projet qui te tenait à cœur. Ta volonté de voir l’ACPM   intervenir dans ce projet et ce, à une place prépondérante, fut pour moi, pour nous, une fierté dont, aujourd’hui, nous mesurons l’impact près du public. Je sais qu’un projet d’Eco-hameau est envisagé à Mouais ... mon souhait serait que l’ACPM   en soit, de nouveau, l’un des principaux acteurs !! Je sais que tu sauras faire appel à nous au moment opportun, et je t’en remercie d’avance ! »
(fin du texte de Bernard)

C’est ensuite Zohra, ancienne du chantier ACPM  , qui a déclaré : « C’était une expérience intéressante car il y avait du partage avec les gens de la commune ainsi que les professionnels de la paille. Dans mon parcours, qui a duré deux ans, cela m’a apporté beaucoup. Le chantier m’a permis de gagner en confiance, en motivation, en expérience. Aujourd’hui je travaille en autonomie sur des missions d’espaces verts, ainsi qu’en entretien et en surveillance de cantine scolaire ». Stéphane, habitant de la commune de Mouais, a dit aussi son plaisir d’avoir participé aux travaux. « J’étais découragé devant l’ampleur du projet qui, pour moi, était une idée folle. J’ai compris que, ensemble, on peut faire de grandes choses »

  Et la salle parle ...

Puis Viviane Lopez, Conseillère Générale, a donné la parole … à la salle elle-même !

« Je suis plus vieille qu’on ne croit puiqu’on parle de moi depuis 1983 à ce qu’on m’a dit. Cette idée prend forme lors du conseil municipal du 27 octobre 2006. Il est question d’utilité publique, de faisabiliité, d’implantation. Le projet est élaboré autour de l’idée d’une salle passive. Une salle passive, c’est quoi ? Une salle qui attend, une salle qui ne sert à rien ? Je ne me voyais pas dans ce rôle-là. J’ai entendu alors des mots nouveaux pour moi : développement durable, construction pédagogique, insertion sociale et professionnelle, économie sociale et solidaire. Moi je connaissais plutôt les mots parpaings, ciment, béton.

Afin de réaliser ce projet, le conseil municipal a monté un budget (« les sous, c’est le nerf de la guerre ! »). Il a fait appel à plusieurs partenaires. Grâce à la ténacité et le travail de toute une équipe, le résultat est devant vous : une harmonie de couleurs, une ambiance chaleureuse, un ensemble de matériaux naturels qui viennent de chez nous, je suis fonctionnelle et jolie, ce qui flatte ma coquetterie féminine.

Maintenant que je suis achevée, je sers à quoi, moi, la salle passive ? Le midi lorsqu’il y a de l’école, mes murs résonnent de cris, de rires, de pleurs quelquefois, puisque les élèves de l’école communale viennent déjeûner chez moi. Ce moment est joyeux pour moi et je pense également que les enfants s’y trouvent bien. L’hiver durant la semaine, je me transforme en salle de sports avec l’animation sportive cantonale, animation essentielle dans nos territoires ruraux. Je peux aussi recevoir des manifestations culturelles de toutes sortes. Et puis, j’ai en mémoire une certaine journée, le 26 avril de cette année. C’est ici que s’est déroulée l’Assemblée Générale de Comité-Palestine-Israël. Des Israéliens, des Palestiniens, des Français se sont rencontrés, ont échangé. Ces paroles n’étaient pas empruntes de sérénité, mais c’était malgré tout un moment riche en émotions...
(fin du discours de Viviane Lopez)

  Eléments techniques :

L’architecte de la salle est le cabinet Xavier Ménard de Châteaubriant, retenu sur des critères de prix, délai, démarche de développement durable et gestion du chantier. Coût global 1 236 000 € pour une superficie de 561 m2. Il est resté 277 000 € en charge de la commune, dont 100 000 € d’emprunts.

Intégration paysagère et biodiversité : les volumétries, matériaux utilisés et aspects végétaux ont été étudiés avec soin. La salle est légèrement surbaissée afin de respecter la volumétrie des bâtisses voisines ; le bois et les enduits terre s’intègrent bien au sein des maisons de pierre existantes. Les haies locales ont été conservées et renforcées, et une butte réalisée avec la terre des fondations comme terrain de jeux pour les enfants ou promontoire…. pour les photos de groupe !

Des fenêtres pédagogiques, dans la salle, mettent en valeur l’isolation en paille et les différents niveaux de finition des enduits terre, ainsi que les trois techniques de murs en terre : briques de terre crue, bauge et pisé. Lumière naturelle, acoustique et bien-être : de par les matériaux (le bois, la terre...), le choix des couleurs, la salle génère une sensation de chaleur et de bien-être. Elle bénéficie également d’une belle lumière naturelle, grâce à de grandes baies vitrées orientées plein sud. Les murs en terre, la toiture en caissons de bois et ouate de cellulose), les dalles suspendues au plafond, et un mur alvéolé viennent renforcer l’acoustique de la salle.

C’est une salle de niveau « passif » : grâce à la compacité du bâtiment, aux forts apports solaires passifs, à une ventilation double-flux, aux menuiseries en triple vitrage et à une isolation renforcée, le bâtiment respecte les normes ’’basse consommation’’. Pour le chauffage, les élus se sont orientés vers une géothermie verticale, plus chère à l’investissement qu’une chaudière bois, mais moins exigeante en personnel pour le fonctionnement.

Le bâtiment a voulu préserver l’eau : chasses d’eau 6/9 litres, mousseurs, surfaces imperméabilisées réduites aux seuls
passages nécessaires pour les véhicules motorisés (traiteur, agent municipal), infiltration de l’eau pluviale à la parcelle... Le type de matériaux utilisés génère peu de déchets, ou peu néfastes pour l‘environnement. La récupération de la terre (pour les murs et la butte extérieure) a évité le déplacement par camions d’une terre exportée comme un déchet.

Voir la fiche BRUDED détaillée


Ecrit le 26 novembre 2014

 Mélanie Leblais a 111 ans

Originaire de Mouais, Mélanie Leblais est née en 1903. Pour ses 111 ans, la municipalité lui envoie, au nom de toute la commune, les deux livres de l’histoire de Mouais, réalisés par l’association ’’Patrimoine, Culture et Loisirs’’ ce qui lui permettra de se remémorer l’histoire de sa famille et de sa jeunesse à Mouais.