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Les enfants de la crise

Ecrit le 5 novembre 2014

 Les enfants de la crise

L’UNICEF a publié son rapport « Les enfants de la récession », qui classe 41 pays de l’OCDE et de l’Union européenne selon l’évolution du taux de pauvreté des enfants entre 2008 et 2012. Cinq ans après le début de la crise financière et économique mondiale, la situation des enfants vulnérables dans l’ensemble de l’Union Européenne et de l’OCDE s’est dégradée de manière significative. Au total 76,5 millions d’enfants vivent dans la pauvreté.

Dans 23 pays, la pauvreté des enfants a augmenté depuis 2008, avec de grandes variations selon les pays (de 0,5 point en Israël jusqu’à 20,4 points en Islande).

Les 5 pays les plus mal classés dans le tableau mesurant l’évolution de la pauvreté des enfants (ceux qui ont connu la détérioration la plus forte, de 10 à 20 points – ce qui représente une augmentation jusqu’à plus de 50 %) sont : l’Irlande (10,60 points d’augmentation), la Croatie (11,80), la Lettonie (14,60), la Grèce (17,50) et l’Islande (20,40).

Deux tiers des pays européens étudiés ont connu une aggravation du dénuement matériel sévère après 2008. La Grèce fait partie des pays ayant connu les plus fortes augmentations absolues, avec un taux de dénuement matériel sévère des enfants qui a doublé. Dans les pays les plus touchés, la proportion d’enfants gravement défavorisés a quasiment doublé en quatre ans.

La récession a particulièrement frappé les 15-24 ans, avec une augmentation d’un million du nombre de jeunes ne suivant ni études, ni formation et ne travaillant pas. Cette hausse est considérable et porte, en 2013, le nombre de ces jeunes à environ 7,5 millions dans l’Union européenne, soit presque l’équivalent de la population de la Suisse. La France se situe au 12e rang sur les 41 pays étudiés avec 11,2 % des 15-24 ans qui n’étaient pas scolarisés, n’avaient pas de travail ou ne suivaient pas de formation en 2013.

Dans 28 des 31 pays européens, le taux de pauvreté des jeunes a augmenté plus rapidement (ou diminué plus lentement) que celui des personnes âgées. En France, alors que la pauvreté des enfants a augmenté de 3 points entre 2008 et 2012, la pauvreté chez les personnes âgées a diminué de 2,9 points et le chômage des jeunes a augmenté de cinq points depuis 2008, avec 23,9 % des 15-24 ans demandeurs d’emploi en 2013.

Les conclusions du rapport : les enfants sont les grands oubliés des débats autour de la crise économique et financière débutée en 2008. Nos sociétés ont peu de connaissances sur la pauvreté des enfants et ses conséquences sur la vie quotidienne et l’avenir des jeunes.

 Solutions ?

Quelles solutions pour améliorer la situation ? L’UNICEF montre que les politiques de protection sociale sont un facteur déterminant dans la prévention de la pauvreté. Tous les pays doivent être en mesure de maintenir de solides filets de sécurité sociale pour protéger les enfants. Les pays riches doivent donner l’exemple, en s’engageant explicitement à éliminer la pauvreté des enfants, à élaborer des politiques ciblées pour compenser les ralentissements économiques, et à faire du bien-être des enfants une priorité absolue.

Lire le rapport de l’Unicef