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Commémoration du 11 novembre 1984

Ecrit le 19 novembre 2014

Commémoration

Les deux victimes

Ils s’appelaient Abdullah Yildiz et Salih Kaynar, tranquillement attablés dans un café au n°17 de la rue de Couëré à Châteaubriant.

Un jeune de Martigné-Ferchaud, « qui n’aimait pas les étrangers » est venu à mobylette, avec un fusil, tirant au hasard dans le café, tuant Abdullah et Salih et blessant cinq autres Turcs. C’était un dimanche, le tueur fou, revenu sur la place de l’église, prit le temps de recharger son arme alors que de nombreux fidèles arrivaient pour la messe de ce dimanche 11 novembre 1984. Heureusement, un jeune gendarme, armé, se trouvait à proximité. Il a pu tenir le meurtrier en respect puis l’arrêter.

Dès le lendemain, des manifestations de sympathie sont organisées, par la communauté turque, très digne, par le personnel de la fonderie, par la communauté portugaise, par 800 élèves du lycée Guy Môquet et, à 18h, une manifestation organisée par les Partis Politiques PS, PCF, PSU, PS Portugais, Autogestionnaires et par les syndicats CGT et CFDT et paysans, rassemble plusieurs centaines de personnes. La communauté chrétienne exprime sa communion avec la communauté turque. Le soir, un conseil municipal extra-ordinaire exprime lui aussi son indignation et décide de créer une commission pour rencontrer une délégation de la com-munauté turque. « Tout sera fait pour que soit résolue votre présence dans notre ville, dans la paix et la sécurité » dit le maire de l’époque, Xavier Hunault. Par la suite ont eu lieu des « Fêtes de l’amitié » pour rassembler les communautés fran-çaise, turque, portugaise. l’association ’’Rencontres  ’’ a été créée en 2006 et poursuit son travail d’éducation populaire et d’intégration.

Le 11 novembre 2014, à l’appel de la municipalité d’Alain Hunault, et de son conseiller municipal Raïf Keskin, une cérémonie du souvenir a eu lieu avec dépôt de gerbe et de roses. Quelle bonne idée ! On y a vu deux tiers de gens d’origine turque, des hommes de 40-50 ans, quelques femmes et enfants, mais on a noté l’absence de jeunes.

La prière

Les brèves allocutions ont parlé « d’un coup de tonnerre dans un ciel bleu » et de bonne intégration des ’’immigrés’’ à Châteaubriant et le Consul a cité un extrait du livre de Tahar Ben Jelloun ’’le racisme expliqué à ma fille’’. Après la cérémonie officielle, les hommes présents ont longuement prié ensemble.

Mais il ne faut pas faire de l’angélisme ! Ce n’est pas parce qu’un Français d’origine turque a été élu conseiller municipal (pour raisons électoralistes) que les étrangers sont mieux acceptés à Châteaubriant ! C’était le cas en 1984, c’est toujours le cas !

En 1984, au lendemain de la tuerie, des Castelbriantais disaient « les Etrangers prennent le travail des Français » - « Ils ont plus d’avantages que les Français ». Ca ne se dit plus ?? vraiment ? « Vous habitez à la Ville aux Roses ? Ca ne doit pas être drôle avec tous ces Turcs ». Cela ne se dit plus ?? Vraiment ?
L’intégration est une chose bien difficile !

L’ouverture d’esprit aussi … la preuve ? La mairie de Châteaubriant, pour cette cérémonie du 11 novembre 2014, avait tout simplement ’’oublié’’ d’inviter son opposition et l’association Rencontres  . Heureusement les élus de la Voie Citoyenne étaient là, au complet, de même que des représentants du Parti Socialiste et de la CGT. Et, bien sûr, des militants de ’’Rencontres  ’’.

Voir ci-après, les écrits de La Mée en novembre 1984

Texte écrit en 1984, après le crime
Texte écrit en 1984, après le crime