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Accueil > Thèmes généraux > Chômage, emploi > Crise 2008 à 2015 > Le pays qui met les banquiers en prison

Le pays qui met les banquiers en prison

Ecrit le 26 novembre 2014

L’Islande

L’Islande est un petit pays de 320 000 habitants, soit 30 000 seulement de plus qu’à Nantes. Avant la crise de 2008, c’était un des pays les plus développés au monde selon l’indice de développement humain (IDH). L’Islande avait misé sur le secteur bancaire et des politiques d’inspirations néolibérales. Raison de plus pour que ce pays qui n’avait pas d’autres secteurs exceptionnellement développés, paie très cher la crise financière. Pourtant, ce micro pays a aujourd’hui une croissance qui ferait rêver de nombreux pays européens et la politique a changé. Rien d’idyllique, toutefois ce petit pays nous montre par l’action qu’il existe d’autres solutions aux crises des banques.

Suite à la crise, de nombreux ras-semblements ont eu lieu, débouchant sur la démission du Premier ministre, de la direction de l’Autorité de surveillance des banques et de celle de la banque centrale. Deux référendums dont le célèbre « icesave » ont acté le non-rembour-sement de la dette des grands financiers britanniques et néerlandais. Une nouvelle constitution a été alors élaborée par 25 citoyens élus. [Ces citoyens sont plus généralement médecin ou professeurs qu’ouvriers ou pêcheurs mais c’est déjà un début]. Le peuple a été invité à participer à cette création constitutionnelle via un site internet.

Suite à la crise financière, la France a renfloué les banques. L’Islande n’en avait pas les moyens. Seuls les dépôts des islandais ont reçu la garantie de l’État. Ce sont les actionnaires majoritairement étrangers qui ont dû renflouer les caisses des banques. Le gouvernement étant à l’époque social-démocrate, même en temps de crise, ce sont ceux qui sont le plus dans le besoin qui sont soutenus. La durée de versement des allocations chômage est alors passée de trois à quatre ans. Pour sauver les familles les plus endettées, la semaine dernière, la petite île a encore une fois annulé une partie de la dette des ménages. Cela permettra de baisser de 13 à 14 % les mensualités de remboursement. Pour financer cette mesure qui devrait lui coûter l’équivalent de 4,3% du PIB du pays, le gouvernement a prévu une augmentation des taxes sur les actifs des banques mises en liquidation en 2008.

Le 19.12.2014, l’Islande a une nouvelle fois condamné un dirigeant de banque à douze mois de prison dont trois ferme. L’Islande est quasiment le seul pays du monde occidental à avoir lancé des poursuites au pénal contre les dirigeants de banques pour leur rôle dans la crise financière. Toutefois, ce sont plus les responsables de délits de banquiers que les « vrais » responsables de la crise qui se retrouvent en prison (toujours moins longtemps que Enguerrand par exemple). Les multimilliardaires se la coulent douce. Il faut tout de même noter que cela fait maintenant six ans qu’une chasse aux banksters a lieu. Un procureur spécial avait été nommé suite à la crise.

Ce petit pays reste un pays capitaliste avec ses banques, ses exploités…. Cette petite île nous montre juste à quel point nos dirigeants politiques n’ont aucun courage. Il est vrai que c’est plus facile car c’est un petit pays. Pourtant lorsque certaines régions de France ou d’ailleurs demandent leur indépendance, certains n’hésitent pas à dire que ce n’est pas possible à cause de leur taille. Il est vrai que si nous avions fait cela dans toute l’Europe, cela aurait eu un impact sur beaucoup plus de pays. Mais quels choix faut-il faire ? Rester ainsi dans cette course vers le vide, mettre des panse-ments comme en Islande ou changer radicalement … quitte à entraîner les voisins avec nous ?

Signé : PL