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Terrorisme, les bons Français

Au delà du terrorisme

Ecrit le 01 juillet 2015

 Les bons Français

Un attentat horrible (1) a eu lieu le 26 juin 2015 dans une usine à gaz près de Lyon, faisant un mort. Et comme d’habitude c’est le temps des amalgames …

La Mée a reçu un texte de pétition émanant d’un certain Ph  . Gibelin faisant appel au don pour garantir la sécurité des Français. Un bon Français, assurément, quand on lit sa prose :
« Trop ce trop. Ce est pourquoi nous avons décidé de lancer les bases d’aujourd’hui juin mobilisation citoyenne forte afin de forcer nos responsables à agir ».

Une vraie caricature ! Un vrai moyen pour lancer des esprits faibles sur la voie de l’intolérance…

 Intolérance alimentaire

 :

Le célèbre site Marmiton publie régulière-ment des recettes pour Noël, Pâques ou la Pentecôte, ou pour Hanouka (fête traditionnelle juive, en décembre dernier) ou pour le Ramadan (en ce mois de juin 2015). En l’espace de quelques heures, la page Facebook de Marmiton a été noyée sous des centaines de commentaires islamophobes et insultants, d’autres demandant une recette de gâteau pour l’appel du 18 juin 1940. Les gens ont besoin de se défouler à propos de tout et n’importe quoi, sans doute.

La gestionnaire du site a répondu avec humour : ’’Nous allons publier une recette pour commémorer le 18 juin … 1429’’ où Jeanne d’Arc fut victorieuse, à Patay, contre les Anglais. Ceux-ci comptèrent 2000 à 3000 morts. Cela se fête, évidemment ! Vite, un gâteau !


Ecrit le 2 septembre 2015

 Thalys et le métro

21 août 2015, un homme armé d’un cutter, d’une Kalash, d’un fusil et d’autres joyeusetés s’est mis à agresser les passagers d’un Thalys. Sur les réseaux sociaux, des personnes hurlent : que fait la police, pourquoi personne n’est intervenu, inadmissible, « mais moi, si j’avais été là » ... Une jeune femme « Travailleur social en collants. Jamais contente, toujours souriante » réagit dans son blog .

« ça me rappelle la bonne dizaine de fois où on m’a agressée dans le métro et où personne n’a bougé d’un poil, alors qu’apparemment les trains – les Thalys en tous cas – sont remplis de héros ordi-naires qui ne demandent que ça, d’intervenir. Exemples :

2010 : Nogent sur Marne, 22h00, j’attends le bus. Une dizaine de personnes poireautent avec moi, j’ai mes écouteurs, je m’adosse à un poteau. D’un coup, quelqu’un m’attrape par derrière, par la taille puis par les cheveux, et pose un truc froid contre ma gorge. Le mec m’insulte (je vous passe les détails, c’était pas super original), me dit que si je bouge ou si je crie, il me plante. Qu’il veut juste toucher mon cul de pute et que je la ferme. Je suis en panique, je fais ce qu’il dit, je bouge pas, mais je jette mon meilleur regard de Bambi au jeune mec de l’autre côté du poteau. Il me regarde dans les yeux, prend un air désolé. De l’autre côté, dans mon champ de vision, il y a un type d’une quarantaine d’années, plutôt baraque, en pantalon à pinces beige. Nos regards se croisent et l’espace d’une minute, je crois qu’il va intervenir mais non, il se déplace et va vérifier à quelle heure arrive le bus....

2011 : 1h30 - Habituée du truc, j’ai enfilé un leggings et un vieux sweat Adidas par-dessus ma robe, histoire de ne pas devenir un appeau à connards de nuit. Je m’assois dans un espace à quatre et deux bolosses arrivent, exigent que j’enlève mes écouteurs pour écouter leurs conneries, proposent que je les suce tous les deux vu que le trajet est long et que d’façon y a que les putes qui prennent le bus pour rentrer en banlieue seule à 1h30 du mat, donc bon, tu vas pas faire chier. Je me lève, je vais voir le conducteur, je me plains qu’ils m’emmerdent, qu’il faut intervenir. Le mec, un peu embêté, me dit que le mieux c’est de descendre et d’attendre le prochain bus, qu’il est tout seul et que les autres sont deux et à 4 grammes, qu’il peut rien faire à part appeler la sécu RATP, mais à cette heure-là ça va prendre un moment. Les gens du bus s’en battent les couilles. Je descends et j’attends le prochain Noctilien, toute seule, à Montreuil, pendant 50 mn en pleine nuit, en remerciant le ciel que les mecs ne soient pas descendus avec moi.

2013 : je reviens d’une soirée. Un mec rentre, je suis debout au fond, c’est le dernier métro, y a du monde. C’est un type normal avec les yeux un peu fous.Il bouge les gens, vient se coller en face de moi, me chuchote un truc salace dans l’oreille, cale ses deux mains sur la vitre pour m’enfermer, continue les insultes, colle sa braguette contre mon jean, se frotte, rien à foutre. Je demande tout fort : est-ce que quelqu’un pourrait m’aider, là ? Il y a un blanc dans les conversations autour de moi, mais genre, une demi-minute. Tous semblent avoir décidé que j’avais qu’à me démerder, que c’était pas si grave un mec qui frotte sa bite contre une inconnue en l’insultant. Je finis par descendre du métro en mode samouraï, c’est-à-dire par surprise, au moment où le signal retentit, et je finis mon trajet à pieds....

Du coup, vos conneries de héros et de ha-bah-moi-c’est-clair-j’aurais-réagi-direct-non-assistance-à-personne-en-danger-tribunal-populaire-de-l’héroisme-ordinaire, ça me fait bien gerber..... »

Effrayant : l’effet-témoin


Ecrit le 14 octobre 2015

 Parents de terroristes

Comme d’autres pays de l’Union européenne, la France est aujourd’hui confrontée au basculement de plusieurs centaines de personnes dans l’engagement radical violent, le plus souvent en lien avec des filières terroristes.

C’est une menace pour la France. Ce sont autant de drames pour les jeunes manifes-tement déstabilisés et sous influence de filières de recrutement organisées. C’est une douleur insupportable pour leurs familles.

Sous couvert de buts prétendument humanitaires, ou au nom d’un message religieux dévoyé, ces filières prônent un discours de haine. Elles ne manifestent aucune considération humaine pour leurs recrues et les poussent à entreprendre des actions criminelles, mettant en danger leur propre vie et celle des populations qu’elles côtoient.

C’est dans le cadre de son action préventive que le gouvernement a lancé une campagne d’information à partir de quatre témoignages vidéo.

VÉRONIQUE

Véronique est la mère de Quentin, 22 ans.
Elle se refuse à condamner son fils qui, au travers de sa conversion, recherche une nouvelle identité, sa « Terre Promise », comme elle dit. Cette mère veut croire qu’il va bien, qu’il n’a pas pris les armes.
Et qu’elle le reverra bientôt, malgré les aléas de la guerre qui fait rage.
« Il souffre de nous faire souffrir, je l’entends dans sa voix les rares fois où je lui parle » confie-t-elle.

BAPTISTE
Baptiste est le père de C. Sa fille n’avait pas dix-sept ans quand elle est partie, emmenée par son petit ami. Ce jeune, vivant en banlieue parisienne, est devenu, au fil de son ­embrigadement, Abdoul Wadoud, un des porte-parole de Daech à la frontière irako-syrienne. Sur internet, il s’en prend aux « judéo-croisés » et aux incroyants. « En fait de monde meilleur, je pense qu’elle a trouvé l’enfer. On nous a volé notre enfant », lâche Baptiste en évoquant la situation.

SALIHA
Le fils de Saliha, 19 ans, est parti en août 2013 « au pays de Cham », ce qu’il rêvait comme la terre sainte de l’antique Syrie. Son mari et elle ont reçu un appel quelques semaines plus tard, une voix anonyme leur assurant qu’ils pouvaient être fiers, que leur fils était mort en martyr.
À Bruxelles où elle vit, elle a créé SAVE (Society Against Violent Extremism), un réseau de parents.

JONATHAN
Jonathan est vigile dans une grande surface. Sa sœur Sarah a disparu en mars 2014, elle avait 17 ans. Il cherche à maintenir un contact coûte que coûte. En évoquant ce que vit sa sœur, il s’indigne :
« Au téléphone, elle me dit de ne pas m’inquiéter, qu’elle mange bien ! … On ne sait pas si elle est avec Daech ou le Front al-Nosra, mais pour moi, c’est du pareil au même, le contraire de la foi. Ils tuent des gens dans les mosquées ! ... on n’a pas lu le même Coran ».


NOTES:

(1) Une explosion a eu lieu vendredi 26 juin au matin dans l’usine de produits chimiques Air Products, à Saint-Quentin-Fallavier, en Isère. Un véhicule a pénétré dans l’usine puis a percuté des bouteilles de gaz.
Un corps décapité a été retrouvé sur la grille de l’usine dans une « mise en scène macabre ».
Un suspect, Yassin Salhi, a été interpellé. L’homme avait été fiché en 2006, mais la fiche n’a pas été renouvelée en 2008. Sa femme et sa sœur ont été interpellées vendredi et remises en liberté dimanche.

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