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Qu’un sang impur ....

Écrit le 2 décembre 2015

Daesh veut semer la terreur, la haine et la vengeance, opposons-lui la diplomatie et la fraternité, TRIBUNE D’YVES DANIEL, député de Loire-Atlantique

Ils n’étaient pas armés. Sauf de leur joie de vivre et de leur envie de vivre. Et pourtant des terroristes les ont fusillés, assassinés. C’est un horrible geste de lâcheté qui a été commis ce vendredi noir,
13 novembre 2015. Le temps est réellement venu de consolider l’unité, de déployer une véritable solidarité et de se rassembler pour lutter contre le terrorisme.

Je veux d’abord m’associer à la peine et à la souffrance des familles des victimes. J’exprime toute ma reconnaissance pour le travail des forces de l’ordre et de sécurité. Je salue le courage de tous les rescapés qui, par leurs témoignages poignants, nous invitent à garder espoir et espérance, à refuser la haine et la vengeance, pour rester debout.

L’entière humanité, qui compose notre société, fait de nos différences de véritables richesses humaines et sociales, qu’elles soient professionnelles, personnelles, familiales, culturelles, de loisirs… C’est l’opposition des hommes qui entraîne vers les formes de radicalisation de l’individu. C’est, au contraire, en confrontant nos arguments, nos projets, nos points de vue, nos opinions, que nous bâtissons notre protection contre la radicalisation. Considérer l’autre comme égal de soi, le respecter, et savoir que nous ne pouvons exister seul mais pour les autres et avec les autres, c’est mettre en application la laïcité, la liberté, l’égalité et la fraternité.

Tous les responsables, quels qu’ils soient et à tous les niveaux – local, départemental, régional, national - portent et appellent à cette solidarité. Les propositions faites par nos gouvernants, sont non seulement nécessaires, mais adaptées et les plus pertinentes pour répondre aux besoins de sécurité et de protection de tous les citoyens, tout en préservant nos libertés* dans ces moments tragiques, avec un objectif commun : combattre le terrorisme et protéger la vie. [* hum ! hum ! ndlr]

Les mesures prises sont d’envergure : prolongation pour trois mois et renforcement de l’état d’urgence, adaptation de l’armement des policiers, moyens budgétaires supplémentaires avec 8 500 créations de postes dans les ministères de la justice, de la gendarmerie et des douanes. La dernière décision prise est la création d’un centre de déradicalisation. Cette initiative   est, je pense, la bonne réponse pour annihiler la formation des terroristes dans les centres de radicalisation de daesh.

Ce sont là des réponses à très court terme mais, face à cette situation, il n’y a pas une réponse mais des réponses. Elles sont donc à construire à moyen et long termes à partir, notamment, des questionnements suivants :
– Besoins de sécurité et respect des libertés : comment placer le curseur ?
– Qu’est-ce qui construit la radicalisation ?
– Nécessité, certes, de traiter les conséquences mais aussi les causes.
– Comment prendre en compte le poids de notre histoire dans l’évolution du monde et de nos territoires ?
– Comment repenser et construire un projet de société en pleine mutation dans une crise que l’on peut définir comme le monde d’hier qui n’arrive pas à s’effacer et celui de demain qui n’arrive pas à naître ?
– Est-ce que les fondations de ce projet de société ne sont pas d’abord dans une réforme en profondeur de notre système d’éducation-formation ?

Tous les Français, tous les Européens, l’Humanité toute entière, doivent réagir et s’engager. Nous le faisons au niveau national (…) mais l’action doit aussi se mettre en œuvre sur le terrain, dans notre vie quotidienne par l’attention portée aux signes de radicalisation et la prise de responsabilité de chacun. C’est à cette dimension-là qu’il faut construire la grande coalition nécessaire, gage d’unité et de mise en commun des moyens de lutte pour une efficacité sans faille.
Nous n’avons pas le droit de laisser le temps effacer de nos mémoires ces heures sombres. Trois jours de deuil national nous ont marqués et associés aux familles des victimes mais, pour elles, ce deuil continuera durant le reste de leur vie. Nous avons donc le devoir de nous souvenir pour ne jamais oublier.

En tant qu’élu local, élu de la République, nous devons être les messagers de cette solidarité, gage de notre démocratie, pour créer les synergies nécessaires. (…) Je veux terminer en vous faisant partager les propos solennels et fédérateurs du Président de la République, François HOLLANDE : « Ce n’est pas le terrorisme qui vaincra la République mais bien la République qui vaincra le terrorisme ». La République respecte ses enfants, elle doit aussi être respectée pour préserver toutes ses valeurs fondées sur la liberté, l’égalité, la fraternité et la laïcité.

Ndlr : c’est dans cet esprit qu’Yves Daniel, avec sa suppléante Paule Raitière est allé à la rencontre des citoyens lors de lors de cafés-débats à Châteaubriant, Ancenis et Nozay pour valoriser et concrétiser les conditions du vivre ensemble. Pour lutter contre l’ennemi qui porte un nom : le terrorisme islamiste radical.
Avec l’objectif de porter au plus haut l’intérêt général.


Marseillaise, changer les paroles

130 morts, 350 blessés, autant de personnes et de familles brisées. La Marseillaise résonnait douloureusement dans les rassemblements après cet attentat du 13 novembre 2015. « Ils viennent jusque dans nos bras, égorger nos fils et nos compagnes … Qu’un sang impur abreuve nos sillons ». Ainsi la Patrie des Droits de l’Homme, à la devise humaniste ’’Liberté, Égalité, Fraternité’’ a adopté, comme hymne national, un chant guerrier, brutal.

Ce chant, c’est notre histoire, c’est du moins un moment de notre histoire. Mais cette histoire est riche et ne se résume pas au chant de guerre pour l’Armée du Rhin… Ce chant a résonné aussi le 31 octobre 2015 à Calais lors d’une manifestation hostile aux migrants. ’’Qu’un sang impur abreuve nos sillons’’. Appel au meurtre.

Quelques jours après les attentats de janvier 2015, une jeune femme Evelaine Lochu a proposé qu’on change d’hymne national. « Finissons-en avec la haine de l’autre, de l’étranger ! » dit-elle. « À la tyrannie sanglante, opposons l’état de droit et la justice pour tous ! Face à la tentation du repli identitaire, ayons le courage de pousser la porte de ce voisin qui ne nous ressemble pas et construisons ensemble une démocratie saine et généreuse ».

« La France se veut porte-parole des droits de l’Homme. Elle ne peut plus se permettre cette incohérence entre ce noble dessein et cet hymne national au goût de sang. « Au commencement était le Verbe... » Ne sous-estimons pas le pouvoir créateur des mots. La Marseillaise fait partie de notre patrimoine, son importance historique est incontestable. Cependant elle a été écrite dans un contexte révolutionnaire et les paroles qui faisaient sens autrefois ont aujourd’hui un tout autre écho aux oreilles de nos contemporains. Interrogeons-nous sur la portée de ces mots sur nos jeunes. Peuvent-ils entendre certaines paroles autrement que comme des incitations à la haine de l’autre et à la violence ? ».

Aux plumes citoyens !

Donnons de nouvelles paroles à la Marseillaise. « Aux plumes citoyens ! ».
« Nous devons apprendre à nous aimer comme des frères, sinon nous allons nous entre-tuer comme des imbéciles  » - Martin Luther King.

La pétition peut être signée ici 

Pour tous les enfants de la terre
Chantons amour et liberté.
Contre toutes les haines et les guerres
L’étendard d’espoir est levé
L’étendard de justice et de paix.

Rassemblons nos forces, notre courage
Pour vaincre la misère et la peur
Que règnent au fond de nos cœurs
L’amitié, la joie et le partage.

Refrain :
La flamme qui nous éclaire,
Traverse les frontières
Partons, partons,
Amis, solidaires
Marchons vers la lumière

(Version de G.Allwright et Sylvie Dien, 2005)