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COP21- on parlera de tout sauf ...

Ecrit le 9 décembre 2015

Cop21:on parlera de tout… ...sauf de ce qui peut fâcher !!

29/11/2015

La France a le courage de tenter de rattraper sa maigre contribution passée, son retard chronique faute de sous ou de volonté, va savoir, dans le maintien d’un environnement durable. C’est louable, c’est une excellente initiative  . Mais …

  Cop21, un événement fort

Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Parmi les multiples blessures irréversibles que l’Homme a infligées à son milieu nourricier, la France a (bien) choisi son angle d’attaque : le réchauffement climatique dû à des émissions incontrôlées de gaz à ’effet de serre’ (GES) – nota : surtout CO2 (dioxyde de carbone) ; CH4 (méthane) ; N2O (protoxyde d’azote ; parmi d’autres (hydrocarbures halogénés) - et son objectif ambitieux (intenable ?) de limiter à +2°C l’augmentation au niveau mondial de la température à l’horizon 2100.

Et quand la France décide de s’atteler à un sujet d’ambition internationale (comme dans la lutte anti-terroriste en ces tristes jours), elle ne fait pas les choses à moitié. Elle exige un accord ’’contraignant’’. C’est au Bourget (Seine Saint Denis, 93) qu’il faut être, dans un site spécialement créé et transportable, donc ré-utilisable dans le futur. C’est grandiose, honneur de et à la France

 Réunion mondiale jamais vue

Cop21 : sous l’égide de l’ONU, pendant 12 jours, il y aura autour de la Table ( … des tables, forcément !) 196 délégations (195 États + l’Union Européenne), 147 chefs d’État et de Gouvernement - « signal fort de volonté, de solidarité, d’engagement. » dit Mme Royal -, au moins 43 000 membres et visiteurs accrédités, 3000 journalistes, des traducteurs à la pelle.

120 000 (eh oui !) personnes affectées à la Sécurité de tout ce beau monde (frontières, gares, Paris, le Bourget, etc), une panoplie incroyable de véhicules les moins pollueurs possible (flotte de 2000 engins électriques) pour les Transports, restauration en circuits courts et déchets valorisés, 50 fontaines d’eau potable avec gourdes consignées et sans Bisphénol-A. La préparation en amont est millimétrée, la peinture (écologique) à peine sèche, mais tout est prêt au jour J.

La France, gravement endeuillée, sous État d’Urgence, se ressource en montrant sa tradition d’hospitalité et d’accueil, sa vitrine et son art diplomatique de la réception.

 La France regagne sa place

Chacun sait que le climat n’a pas de frontières. Et que l’Humain, après avoir salopé sa terre, ses fleuves, ses océans, a un intérêt vital à se pencher sur l’air qu’il s’obligera à respirer. Et même si l’on arrêtait ce jour toute pollution (utopie !) de l’air, il faudrait 20 ans à l’atmosphère pour évacuer ses « toxines ». La Cop 15 tenue à Copenhague (Danemark, 2009) fut un échec lamentable, tant par l’égoïsme des Nations que par non-conscience de l’impact futur par leurs Dirigeants.

La France, avec courage et optimisme, reprend l’initiative   en y mettant les moyens. Elle redevient digne de considération après des années peu glorieuses. Certes, les chiffres ci-dessus nous donnent, à nous citoyens, le tournis. Un montant, difficilement vérifiable sur son contenu et sa véracité-sincérité, circule : la note de la Cop21 serait de 200 millions d’Euros. C’est beaucoup si la Montagne accouche d’une Souris. C’est infime en regard des coûts futurs (assurances, désastres climatologiques, terres inondées, migrations de toutes sortes, santé, conflits pour survie, etc) si l’Accord est solide.

  Mot-clé : cycle du Carbone

Ça va donc causer beaucoup, 24h/24, dans l’enceinte fortifiée du Bourget. Causer, c’est bien. Agir, c’est mieux. Les décisions sont maintenant entre les mains des Grands et Petits de notre Monde (pour mémoire, les déclarations recueillies avant l’ouverture, selon les modèles informatiques programmés, sont largement insuffisantes pour ’contenir’ l’augmentation de la température à + 2°C. Il y a encore du grain à moudre !). Le résultat final, quel qu’il soit, sera lisible à la clôture de la Cop21, le Vendredi 11 Décembre.

Il est très intéressant de savoir qu’une enquête menée ce printemps dans 40 pays auprès des citoyens dit : pour 54 %, le climat est un sérieux défi ; 78 % voudrait des mesures gouvernementales.

C’est un grand mystère pour beaucoup que ce cycle du carbone, à la fois indispensable et parfois toxique à la reproduction de la vie. En chimie, c’est simple, cet atome s’appelle C. Pour des raisons électriques, il aime s’entourer de compagnie d’autres atomes compatibles à ses goûts (valence). Tant qu’il est enfermé dans la Terre, dans un arbre, dans l’énergie fossile (charbon, pétrole) ou au fond d’un océan (je simplifie beaucoup), il n’a pas d’occasions de rencontrer et de se marier. Mais l’Homme, par son activité, lui donne l’occasion de se libérer et de filer dans l’atmosphère. Et là est le gros problème !

Notre atome C libéré dans l’air, son affinité le conduit spontanément à se marier avec 2 atomes d’oxygène (O) ou 4 atomes d’hydrogène (H) pour satisfaire sa valence (équilibre) électrique. Il forme donc des molécules solides nommées CO2 (dioxyde de carbone) ou CH4 (méthane). Disséminées dans l’air, elles ’grimpent’ jusqu’à former un plafond, nous isolant du rayonnement solaire et renvoyant comme un couvercle hermétique les ondes de chaleur vers la Terre (d’où réchauffement). Ce sont les GES (Gaz à Effet de Serre), cités parmi d’autres (l’azote, symbole chimique N, est ciblée). Pour ’refroidir’ notre pauvre planète, il faut à la fois : 1) freiner tant que faire ce peut le ’déterrement’ de l’atome C (extraction d’énergies fossiles, surtout charbon, puis pétrole brut et gaz ; déforestation sans replantation équivalente ; création d’espaces verts en ville : éviter le ’raclage’ par chaluts du fond des océans ; etc) ; 2) détruire à la source l’émission de GES (cheminées d’usine, pots d’échappement des véhicules ; éviter tous gaspillages ; etc). En résumé, « trouver une sobriété heureuse » (Pape François).

  Taxe et Prix du Carbone

Oh les gros mots tabous que voilà.
Diplomatiquement, même si l’on souhaite être ’contraignant’, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin. L’objectif est d’abord de boucler l’engagement financier « d’au moins 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en voie de développement à s’adapter ... ». Mais l’agenda ne retient que « le début d’une amorce de négociation sur la fixation d’un prix sur le carbone ». Décodé, c’est ’que dalle’ !.

Ce serait le cœur, l’essentiel, mais le grand oublié de la Cop21, car source de fâcherie entre gens « bien comme il faut ». Quand même, on ne va pas parler d’argent entre nous ??! Pourtant un modèle mondial cohérent du prix-marché-taxe du carbone émis ou piégé est indispensable. Donc 3 négociations possibles :

  • - la Taxe Carbone : visant à abaisser le CO2, à financer la transition énergétique. Le FMI (Fonds Monétaire International) plaide, avec la Banque Mondiale, pour sa généralisation mondiale.
  • - le Marché Carbone : comme dans tout marché, c’est la rencontre entre l’Offre et la Demande. Par un mécanisme (peu transparent), chaque acteur (entreprise, pays,etc) se voit doté d’un quota d’émission de GES. Ce quota est négociable (achat ou vente) de gré à gré. Outre des fraudes célèbres, c’est un moyen malin et vicieux de ’délocaliser’ le lieu de pollution.
  • - le vrai Prix du Carbone : l’unité de compte est la « tonne Carbone » (ou tonne GES équivalent). C’est bien sûr le cœur de l’enjeu, prix mondial assorti d’un bonus/malus juste, demande loyale, épouvantail des nations fort pollueuses. ’Œuf corse’, pour ne pas fâcher, ce débat n’est pas à l’ordre du jour de la Cop21 … ! Pour mémo, la tco2, tonne de CO2 « vaut » 120 € en Suède, 14,5 € en France, 2,6 € au Mexique, et 1,5 € au Japon. C’est pas gagné pour l’alignement !

 Et en France ?

La CCE (Contribution Climatique Energie), taxe adoptée en 04/2014, augmente par paliers les carburants énergétiques des ménages, 70 % de l’effort ! . De 7 € en 2014, la tco2 est à 14,5 € cette année, 22 € en 2016, 30,5 € en 2017 et 100 € évoqués en 2030. Le gazole est visé. Donc hausse quasi généralisée en 2016 : à la pompe : +3 c. sur gazole et +1,7 c. sur l’essence (sauf SP95-E10).

signé : Pascal, de Blain

Cop21, le meilleur accord possible

Dix jours après


Ecrit le 24 décembre 2015

En Califormie, 50 000 kg de méthane s’échappent toutes les heures dans l’air depuis le 23 octobre 2015, à Aliso Canyon, à 40 km au sud de Los Angeles. La fuite se situe sur un tuyau de 15 cm de diamètre, à 2 000 m sous terre. Elle serait déjà égale aux émissions annuelles produites par six centrales à charbon ou à sept millions de voitures sur les routes.

Inodore, incolore, le méthane est un puissant gaz à effet de serre, un polluant emprisonnant la chaleur plus sûrement que le monoxyde de carbone et pouvant rester vingt ans dans l’atmosphère. Près de 3 000 familles de la région ont été relogées, en raison des vapeurs dégagées par le mercaptan. Cet additif ajouté au gaz naturel sent le soufre et provoque nausées, maux de tête et saignements de nez. (Source : ouest-france du 24/12/2015). Un lecteur nous écrit :

Sérieux outrage à la COP21 : coucou les U.S.A. Nos humaines conneries polluantes continuent allègrement. l’Homme bricole. Et puis se mord les doigts (d’une main) en se grattant la tête (de l’autre). Et le méthane (CH4, vingt fois pire que le CO2 comme gaz à effet de serre) s’envole.

Aliso Canyon. Ca va durer 3 à 4 mois, sans doute à cause de l’économie d’une vanne isolante. C’est comme six centrales à charbon brûlaient à vide !! En plus, c’est un chantier bien sûr explosif (hé, gaz naturel) et additionné de mercaptan (à base de soufre) pour rendre le méthane inodore odorant. Avec nausées, saignements, maux de tête...

Continue comme ça, mon gars (l’Humain), t’es sur la bonne voie pour éteindre ta fière chandelle. Sur ce, comme tout le monde, je vais faire la fête...