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2004-Jean Pierre Le Bourhis

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Ecrit en mars 2004

Jean-Pierre Le Bourhis : battre la Droite

Jean-Pierre Le Bourhis est candidat communiste sur le canton de Rougé. Né en 1941, en pleine guerre, il se souvient d’avoir vécu à cinq « dans une seule pièce, au dessus d’un atelier d’ébénisterie avec vue sur le cimetière de St Donatien à Nantes ». Le relogement dans des baraques en bois, après la guerre, a été considéré comme un luxe !

Certificat d’études primaires, concours d’entrée dans différents centres d’apprentissage : Jean-Pierre Le Bourhis est reçu au centre d’Indret. « En plus de ma formation au CAP de tourneur, j’ai fait là toute ma formation syndicale et politique ». C’était l’année 1955, année des grandes grèves de la métallurgie à Nantes. Le jeune homme, 14 ans à l’époque, se souvient des cars de ramassage des ouvriers : « Il y avait beaucoup de discussions, de commentaires sur la vie à l’usine, sur l’actualité, sur ce qui se passait en Algérie. On participait aux défilés syndicaux, les paysans venaient apporter leurs produits en direct, toute une culture de classe se développait là » : devenu jeune ouvrier, Jean-Pierre Le Bourhis savait déjà tout sur les salaires, les conventions collectives, les droits aux congés et à la retraite, les conditions d’un engagement syndical. « En cette période de grèves et de guerres coloniales, les discussions allaient bon train, éclairées par les camarades qui se trouvaient au boulot avec nous et dont certains avaient connu les camps de concentration nazis pour cause de résistance. Cela donne un autre regard sur la vie ». De là date l’engagement syndical et politique de Jean Pierre Le Bourhis.

En cascade

Conseiller municipal à Châteaubriant de 1995 à 2001, (dans l’opposition depuis 2001), il se présente comme candidat communiste sur le canton de Rougé, « Mon objectif, combattre la Droite là où elle se situe, au niveau national, mais aussi au niveau départemental car, sur le terrain, ses représentants appliquent en cascade les orientations nationales : la déréglementation, la destruction des acquis sociaux, l’attaque en règle des services publics ».

Jean-Pierre Le Bourhis cite en particulier la mise en place du RMA (revenu minimum d’activité), dispositif qui vise à occuper les chômeurs, (en donnant d’importants avantages aux employeurs), sans leur donner le statut de salariés. « Il permettra au patronat de ne verser, comme salaire, que deux euros de l’heure, c’est le département qui en subira les implications budgétaires ». Le Département de Loire-Atlantique est le premier à avoir signé une convention avec le ministre du Travail François Fillon. « Celui-ci mène ainsi une campagne électorale à la fois sur les cantonales et les régionales : tant pis si les chômeurs en paient les conséquences. »

Il s’inquiète de « la démarche européenne soutenue par l’ultra-libéralisme, qui ouvre l’Europe à des pays, déjà industrialisés où les travailleurs ne bénéficient pas d’avantages sociaux ». Les délocalisations seront ainsi organisées au niveau intra-européen : « au détriment des salariés ».

Services publics

Au niveau d’un canton rural, l’important est la défense des services publics : « n’oublions pas que ce n’est que contraint et forcé que le maire de Rougé, candidat de la Droite, a dû ouvrir une école publique ». « J’observe que, de plus en plus, il est question de mettre en place des maisons de service public, où se trouverait intégré le bureau de poste par exemple, mais pour moi c’est une privatisation qui ne dit pas son nom. Les communes vont être obligées de payer pour conserver un minimum de services : elles vont récupérer les charges sans obtenir le financement nécessaire. ».

Le domaine de la santé est particulièrement important : « il faut conserver les services de santé de proximité, et instaurer des transports gratuits aussi bien pour les soins médicaux que pour les questions scolaires ». « Les moyens dont dispose le Conseil Général doivent aller en priorité à la lutte contre les inégalités et l’exclusion.

Il faut en particulier développer l’APA, allocation personnalisée d’autonomie, en redonnant la gestion aux services de l’Etat pour assurer une égalité sur le territoire »

L’intercommunalité inquiète Jean-Pierre Le Bourhis : « Je suis favorable à la mise en commun des ressources et des actions, mais je m’inquiète du mode de désignation des conseillers communautaires. Ils ne sont pas élus par les citoyens mais désignés, au deuxième degré, par les conseils municipaux : cela permet aux majorités d’éliminer toute expression des minorités » . Il n’est pas sain d’être ainsi déconnecté des réalités politiques et des opinions de presque la moitié de la population.

Agriculture

En matière agricole, Jean Pierre Le Bourhis plaide pour des prix agricoles qui permettent aux agriculteurs de vivre de leur travail. « Mais cela suppose que les gens aient les moyens d’acheter des produits corrects, il faut à la fois combattre le chômage et développer les moyens de vivre des Français ».

Le chômage le préoccupe : « Le canton de Rougé est concerné. Il est inadmissible de saupoudrer des subventions sans aucun contrôle sur les entreprises. Réduire le chômage est une nécessité, aussi bien économique que sociale. La baisse du chômage entraîne toujours un redressement de la sécurité sociale. Actuellement nous sommes dans une spirale dépressive. Il faut arrêter cela, mais pas n’importe comment. Je ne suis pas hostile à une réforme de la Sécurité Sociale, mais il faut savoir pour qui, pour quoi, avec quels moyens »

Mais pourquoi voter communiste ? Il n’y a pas assez de candidats de gauche comme cela ? « Le vote communiste est un vote de garantie. Plus nous aurons de voix, plus nous pèserons lourd sur la gauche, pour ne pas retourner aux errements des dernières années » dit-il.

Le Parti Communiste distribuera des tracts sur le marché de Châteaubriant le mercredi 10 mars 2004 avec la présence de Gilles Bontemps, candidat aux élections régionales.


Ecrit le 10 mars 2004 :

PCF. Pour un « Grenelle des prix agricoles »

Au Salon de l’agriculture, Marie-George Buffet et plusieurs responsables communistes n’ont pas souhaité se plier au jeu très prisé des politiciens de tâter les bêtes exposées ! Ils ont préféré rencontrer les organisations professionnelles agricoles et leur tenir des propos politiques, appuyant la proposition du MODEF (mouvement de défense des exploitations familiales) pour un « Grenelle des prix agricoles ». À l’heure de l’ouverture de l’Europe à 10 nouveaux pays, Mme Buffet a insisté sur les problèmes posés par la réforme de la politique agricole commune qui « va pousser encore plus à l’élimination de l’agriculture familiale dans des régions entières et contribuer à dévitaliser des territoires ». Pour elle « ce gâchis humain et économique est intolérable » et « il est urgent de réorienter la PAC par l’établissement de prix minimum à la production » (cité par l’Humanité du 3 mars 2004)


Ecrit le 10 mars 2004 :

Souffrance quotidienne

L’Assemblée a rejeté une proposition de loi du groupe communiste, présentée par Daniel Paul et destinée à lutter « contre la précarité de l’emploi », en refusant le 4 mars 2004 d’examiner les articles du texte.

Le PS a soutenu la proposition mais UMP et UDF s’y sont opposés.

Pour mettre fin à la « souffrance quotidienne » des victimes de la précarité, M. Paul proposait notamment de fixer un « plafonnement à 5% » du nombre de travailleurs précaires" dans une entreprise et de créer un établissement public national « dédié à l’emploi, la formation et la sécurisation des travailleurs précaires ».

résultats de l’élection