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L’office du lait et le bon sens paysan

Ecrit le 24 mars 2010

Mardi 16 mars, Damien Legault et Fabrice Hegron, président et secrétaire de l’Association des producteurs de lait indépendants (Apli) de Loire, sont venus tenir une réunion d’information à Moisdon.

 Evolutions

Ainsi, sur la période 1986-2009, la rémunération des agriculteurs a baissé considérablement, tandis que les charges continuaient à augmenter.

Actuellement les coûts de production du lait oscillent entre 362 et 410 € les 1000 litres, alors que le salaire du producteur tourne plutôt autour de 280 € les 1000 litres. « Nous avons besoin d’un prix du lait rémunérateur » disent les délégués de l’APLI expliquant que, partout dans le monde, la situation des producteurs de lait est grave. « Seuls 2 % des producteurs mondiaux ont couvert leurs charges avec leurs ventes, et c’est au Canada, là où les producteurs maîtrisent la production en fonction des besoins de la consommation »

Pendant ce temps-là les industriels laitiers vont bien ! Bongrain s’est même désendetté en 2009 et a augmenté son résultat net de 17,2 %.

L’APLI plaide pour la création d’un « office du lait »au niveau européen, avec des normes communes (environnement, salaires, normes, etc) « pour qu’on arrête de se tirer dans les pattes »

– « Du protectionnisme aux frontières de l’Europe
– Une déclinaison de l’offre au niveau national
– Un prix du lait rémunérateur, fixé au niveau européen
– Tous les acteurs de la filière lait représentés dans cet office ».

Dans cet office du lait seraient représentés : les producteurs, les transformateurs (ceux-ci avec un rôle consultatif), les distributeurs, associations de consommateurs, des membres intéressés (par exemple de grands économistes), l’Etat et l’Union Européenne.

L’APLI souhaite donner le rôle prépondérant aux producteurs.

 Où en sommes-nous ?

« Actuellement les agriculteurs qui se sont engagés dans la perspective d’un office du lait, représentent, en France, 20 % de la production. A l’échelle européenne 100 000 producteurs se sont engagés, représentant 45 % du lait. Si nous voulons gagner, il faut que les producteurs français et allemands s’y mettent fortement. Allez autour de vous convaincre vos amis et voisins, un à un » dit Fabrice Hegron en précisant qu’il y a des appuis parmi les parlementaires européens, par exemple Stephane Le Foll et José Bové. « En revanche, Christophe Béchu refuse de se prononcer ».

« L’office du lait, c’est le bon sens paysan qui ne coûte rien aux contribuables. C’est le seul moyen pour nous permettre de vivre sans subventions ».

Il n’y avait qu’une vingtaine d’agriculteurs à Moisdon. De ce côté-là c’est pas gagné ! Pourtant, depuis l’été, les rapports allant dans le sens des producteurs s’accumulent. En juillet, la Commission européenne a rendu un texte préconisant une organisation de producteurs forte. Deux mois après, un rapport de la Cour des comptes européenne s’est prononcé en faveur de la régulation. Enfin, un rapport du Comité économique et social européen s’est prononcé, à la mi-février, contre l’abolition des quotas.

Mais il reste à savoir si les agriculteurs seront capables d’abandonner les pratiques ultra-libérales pour agir tous dans le même sens.. Ce serait une révolution. C’est pas gagné ! La grosse FNSEA est muette. La Conféderation Paysanne aussi. La solidarité paysanne, c’est pas si évident que cela !
BP