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Psychiatrie infanto-juvénile

Ecrit le 31 mars 2010

 Ici le travail se tricote avec le temps

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Martine Adron, Christophe Pajot, Angéline Delalande, Véronique Juhel, Martine Frangeul, Dominique Re

Le centre de soins psychiatriques de Châteaubriant, place Ernest Bréant, accueille les enfants de moins de 16 ans, du lundi au vendredi. Trois psychologues, un pédo psychiatre, une psychomotricienne, deux médecins, un infirmier, un éducateur et du personnel de secrétariat sont là pour répondre aux souffrances, au cas par cas.

Les enfants qui viennent là sont envoyés par leur famille, ou le médecin, l’instituteur, voire les proches, pour une souffrance apparente, pour un comportement qui paraît inadapté. Agitation excessive, phobie scolaire, problèmes de sommeil ou anorexie, tentative de suicide parfois.

Le personnel spécialisé est d’abord à l’écoute. A l’écoute des adultes, mais surtout à l’écoute des enfants. Car tout est langage : le regard, le contact, la façon de pointer du doigt, ou non, l’agitation ou l’apathie, la façon de tenir un objet, etc. « Le premier entretien que nous avons est déjà une prise en charge, il permet à l’enfant ou à la famille de savoir que sa souffrance peut être entendue » disent les spécialistes en utilisant des locutions très imagées : « Nous sommes des dévideurs de bobines, il suffit souvent de tirer sur un fil pour que tout vienne. Et ensuite le travail se tricote avec le temps ».

 Vivre avec sa maladie

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Moon - cer
Tél 06 87 32 77 47

Il y a parfois des pathologies graves : autisme, schizophrénie, mais ce n’est pas toujours le cas heureusement ! Le centre de soins est là pour aider l’enfant à comprendre ce qu’il ressent, et aussi pour aider la famille. « On ne peut pas soutenir l’enfant sans sa famille ». Dans les cas graves de pathologie mentale, il s’agit d’apprendre à l’enfant à vivre avec sa maladie, en étant le plus heureux possible. « Même avec des autistes, on obtient des choses formidables ».

Heureusement il n’y a pas que des cas graves ! « Nous pouvons recevoir les femmes enceintes, anxieuses de l’enfant à naître. Trois ou quatre séances suffisent habituellement ». De plus en plus de pères viennent à la consultation pour parler de leur enfant. « Chacun à son niveau a besoin d’être aidé. Plus on peut soigner précocement, plus cela peut aider pour après ».

On constate actuellement que la demande de soins psychologiques se développe. Des situations cachées jusqu’à maintenant, se révèlent. En ce sens l’information sur les dérives pédophiles de certains religieux, libère la parole.

Au centre de soins, on ne soigne pas par des médicaments, mais par la parole, le jeu, la connaissance de la famille voire de l’école. « Malheureusement nous sommes débordés de demandes et nous sommes les seuls à pouvoir y répondre »

Centre de soins
Psychiatre infanto-juvénile
7-9 place Ernest Bréant
44110 Châteaubriant 
02 40 28 07 88 (consultations)
02 40 81 18 18 (hôpital de jour)

Ecrit le 31 mars 2010

 La résilience

La résilience est, à l’origine, un terme pour expliquer la résistance des matériaux aux chocs. En psychologie, la résilience est la capacité d’une personne à continuer à vivre après un traumatisme. Pour Boris Cyrulnik, dans le traumatisme, il y a deux coups : « le réel, c’est-à-dire ce qui a fait mal, et la représentation du réel, autrement dit l’idée que l’on s’en fait, sous le regard de l’autre. Si l’autre ne nous considère plus que comme une victime, comment sortir de cette peau ? J’ai connu un patient maltraité durant son enfance, à qui l’on avait toujours dit qu’il répèterait ce schéma sur ses enfants. Du coup, le simple fait de tomber amoureux le terrifiait !  »

« Face à la souffrance, on a toujours deux possibilités : se laisser abattre, ou se battre. Ce qui va changer d’une personne à l’autre, ce sont les bagages qu’aura l’individu pour rebondir, sa construction psychique, et la culture dans laquelle il baigne, qui favorisera ou ralentira le processus de résilience ».

« La transmission des secrets, des souffrances, des traumatismes, ce n’est pas le traumatisme que l’on transmet, c’est le fait que le traumatisme nous a fait souffrir, et l’immense déséquilibre affectif qui s’en suit. » (propos de Boris Cyrulnic, dans la revue au.feminin.com)


Ecrit le 31 mars 2010

 Ecrire pour guérir

Il était une fois un psychologue américain, JW Pennaker qui mena à plusieurs reprises une expérience étonnante dès 1986..

Deux groupes de personnes (des enfants aux personnes âgées) ont été invitées à écrire 15 à 30 min par jour, dans un laboratoire. Le premier groupe devait parler de choses graves ayant affecté sa vie, de ses pensées, de ses émotions — le deuxième groupe pouvait aborder des choses plus superficielles (l’emploi du temps de la veille, par exemple)

Six semaines plus tard, les personnes ont été soumises à des tests de santé. Celles qui avaient écrit leurs traumatismes affichaient un net renforcement du système immunitaire, dans lequel tous leurs marqueurs étaient améliorés : taux d’anticorps, activités cellulaire, musculaire… et leur bien-être psychique avait sensiblement augmenté, ce qui n’était nullement le cas pour les personnes de l’autre groupe.

De même, des élèves ou des étudiants à qui, au début d’une année scolaire, il était demandé d’écrire leurs émotions, en lien avec l’institution scolaire, voyaient s’améliorer à la fois leur santé et leurs résultats scolaires.

Des expériences analogues ont été menées sur des personnes malades, ou en risque de licenciement, ou en difficulté conjugale. Et à chaque fois les personnes en ont retiré un mieux-être physique et mental. … comme si noter ses pensées ou les événements importants de son existence aide à prendre du recul, à dépasser les chocs de la vie, en comprenant mieux ce qui se passe.

Conclusion : écrire. Écrire pour exprimer sa gratitude. Ecrire pour crier sa colère . Qu’importent les fôtes d’hortografe. Qu’importe le style ou la syntaxe. L’essentiel est d’écrire pour dégager les émotions qui encombrent, pour dialoguer avec des parties de son corps… Etonnant, non ?


NOTES:

Note du 18 septembre 2013

Plan autisme

Le troisième plan autisme, lancé en mai 2013 par Marie-Arlette Carlotti, ministre déléguée aux personnes handicapées, est désormais effectif : la circulaire qui acte sa mise en œuvre par les Agences Régionales de Santé (ARS) a été publiée le 11 septembre 2013.
205 millions d’euros lui seront consacrés pour financer cinq axes d’intervention : le diagnostic précoce, (dès 18 mois), l’accompagnement tout au long de la vie depuis l’enfance (avec 1.500 places d’accueil en plus pour les adultes autistes), le soutien aux familles (en annonçant la création de 350 places « de répit » venant s’annoncer aux 40 existantes), la recherche et la formation de l’ensemble des acteurs de l’autisme, en s’éloignant du tout-psychanalytique pour adopter les méthodes éducatives et comportementales qui ont fait leurs preuves.