Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Personnes âgées, retraités > Retraites > Travailler à la veille de la mort

Travailler à la veille de la mort

Ecrit le 23 juin 2010

 Le plan Sarkozy-Woerth-Fillon de pillage de nos retraites est le plus sévère et le plus injustifié d’Europe

1°) C’est la baisse forcée, organisée, du niveau des retraites : dans la vie réelle, la moyenne d’annuités cotisées aujourd’hui est toujours de 36 à 37 annuités (35 en Allemagne). Vouloir la faire passer ici à 41,5 c’est vouloir faire sauter les salariés à la perche sans perche, c’est un trucage, une escroquerie. Seul résultat, baisse des pensions !

En effet, le taux d’emploi des 55/65 ans est de 38 % en France, ce qui signifie qu’un nombre croissant de salariés n’atteindra pas l’âge de départ à la retraite. Pour la plupart, ils n’auront pas le nombre de trimestres requis pour bénéficier d’une retraite à taux plein. Ce report, combiné au maintien de la décote, véritable double peine, aboutira mécaniquement à baisser le niveau d’un grand nombre de pensions.

JPEG - 72.4 ko
Travailler jusqu’à la
Dessin de Moon -
06 87 32 77 47

2°) le recul de l’âge légal de 60 à 62 ans est un parjure de Sarkozy, c’est un cadeau aux riches et à la finance, une agression contre les travailleurs pauvres, contre tous les salariés en difficulté, contre les jeunes qui n’ont pas de boulot ou suivent des études longues.

En fait 60 % des salariés sont déjà licenciés, inaptes, malades ou chômeurs, à partir de 54, 55, 56, 57, 58 ans... Il faut être d’un cynisme aveugle, proche des seuls spéculateurs, financiers et charlatans notateurs, pour oser proposer une telle manipulation. Le nombre d‘années de cotisation devrait être le nombre moyen réellement cotisé dans la vie réelle.

 Fichu à 20 %

3°) l’hypocrisie est totale dans la prétendue prise en compte de l’usure individuelle “au cas par cas” ! Quesaco ce « carnet de santé individuel » du salarié ? Un système de flicage à vie, nuisant au droit à l’emploi, sans médecine du travail, celle ci étant subordonnée au patronat et affaiblie ? La retraite, ce sera donc quand le salarié sera fichu à 20 % ? Qui en décide : le patron ? Comment : sur quels critères ? lnvalidité sera égale à retraite ? Pas le droit après 35 années de boulot usant de profiter vraiment de la vie ? Où commencera l’usure ? au genou, au dos, aux poumons pleins de poussière ? Avec un seul poumon atteint, au boulot encore ? Avec deux poumons atteints à la retraite vers le cercueil ? à l’AVC à 62 ans après une journée de 15 h au bureau ?

Honte à Sarkozy et Woerth : la retraite quand on est à la veille de la mort, “fichu”, usé, au cas par cas, quand l’espoir est perdu ? Ils ont jamais tenu un marteau piqueur en main à 55 ans ni connu le stress à France Télécom !

4°) la priorité ne doit pas être aux “seniors” mais aux 24 % de jeunes au chômage !

Laissez les seniors partir en pré retraite !

5°) la minuscule aumône demandée aux riches ne masque pas le lourd fardeau imposé aux salariés.

Le bilan des choix fiscaux de ces dernières années le démontre aisément : si le barème de l’impôt sur le revenu de l’année 1999 (avant les baisses intervenues entre 2000 et 2006) avait été maintenu, l’impôt sur le revenu rapporterait 15 milliards d’euros de plus, par an. Pire, les baisses des taux du barème décidées au cours des années 2000 ont généré un manque à gagner budgétaire qui s’est additionné au fil des années et des baisses des taux du barème, de sorte que le manque à gagner cumulé sur 10 ans s’élève à 108 milliards d’euros. A l’heure où l’on parle de déficits et de dette, le relèvement proposé dans le cadre de la réforme des retraites paraît en réalité très éloigné des enjeux.
Et encore s’agit-il ici des seules baisses des taux du barème de l’impôt sur le revenu. Si l’on prenait en compte le coût des niches fiscales et des mesures relatives aux autres impôts (impôt sur les sociétés, droits de donation et de succession, impôt de solidarité sur la fortune, bouclier fiscal, taxe professionnelle, TVA), le manque à gagner serait autrement plus important

Le refus d’augmenter les cotisations salariales patronales, de faire sérieusement payer le capital, en haussant les salaires est le trait caractéristique de cette contre réforme dirigée pour et par le Medef, la finance, les amis du Fouquet’s de Sarkozy, fauteurs de crise, de dettes et de chômage. 

 Des reculs majeurs

Le gouvernement tente de camoufler les reculs majeurs qu’il veut nous imposer

1) Le dispositif de « carrières longues » constitue une double régression par rapport au dispositif de 2004 :

Le dispositif de 2004, permettant de prendre une retraite anticipée à ceux ou celles qui avaient commencé à travailler très tôt, a bénéficié à 100 000 salariés par an, celui prévu par le gouvernement ne concernerait que 50 000 salariés en 2011.
Les salariés qui, dans le précédent dispositif pouvaient partir à 56, 57, 58 ou 59 ans ne pourront plus partir avant 58, 59 ou 60 ans.

2) Une attaque délibérée contre l’emploi des jeunes

Le gouvernement fait grand cas de la possibilité de valider 6 trimestres (au lieu de 4 aujourd’hui) au titre de la première période de chômage.

C’est dérisoire alors que le chômage ne cesse d’augmenter (en particulier celui des jeunes) et que deux trimestres de plus ne pèsent pas lourd au regard des 16 trimestres d’allongement de la durée de cotisation entre 1993 et 2020.

C’est dérisoire aussi parce que le gouvernement joue sur les mots et que cette mesure ne concerne pas les jeunes à la recherche de leur premier emploi mais seulement ceux qui ont déjà eu un emploi et connaissent leur première période de chômage.

C’est dérisoire parce que les mesures gouvernementales obligent le père, la mère, le grand-père ou la grand-mère à travailler jusqu’à 67 ans alors que leur fils, fille, petit-fils ou petite-fille ne trouve pas d’emploi.

3) Une attaque délibérée contre les retraites des femmes

Le gouvernement fait grand cas, là encore, d’une mesure tout aussi dérisoire : la possibilité pour les femmes en congé maternité d’inclure un trimestre d’indemnités journalières dans le calcul de leur salaire de référence.

Mais les mesures que veut imposer le gouvernement prévoient de porter l’âge du taux plein de 65 ans à 67 ans. Or actuellement 29 % des femmes ne parviennent au taux plein (50 %) dans le régime de base des salariés du secteur privé que lorsqu’elles atteignent 65 ans, parce qu’alors les décotes disparaissent. Avec ce que prévoit le gouvernement, les décotes ne disparaîtront qu’à 67 ans. Que feront les femmes concernées ? Attendre deux années de plus pour prendre leur retraite ou partir avant 67 ans ou prendre une retraite au taux de 38 % ?

 85 % des mesures du gouvernement financées par le salariat

Pour le gouvernement, le financement des mesures qu’il veut imposer serait parfaitement équilibré. Les hauts revenus, le capital, les entreprises participeraient dans les mêmes proportions que les salariés à leur financement.

Il suffit de lire ses propres chiffres pour constater à quel point cette affirmation du gouvernement est fausse.

Les « mesures d’âge » imposées aux salariés (93 % de la population active) rapporteraient 20,2 milliards en 2020. Le nivellement par le bas imposé aux fonctionnaires rapporterait, quant à lui, 4,9 milliards d’euros à la même date. 1,4 milliard d’euros seraient transférés des caisses d’assurance-chômage aux caisses de retraites malgré la modicité des indemnités perçues par la grande majorité des chômeurs. Au total, la contribution des salariés et des chômeurs s’élèveraient à 26,5 milliards d’euros.

La contribution des hauts revenus, du capital et des entreprises s’élèverait en tout et pour tout à 3,7 milliards d’euros en 2020. Le taux de la tranche supérieure de l’Impôt sur le revenu sera porté de 40 à 41 %. Au milieu des années 1990, ce taux s’élevait à 57 % ! L’augmentation de la taxation des stock-options ne fera qu’amener cette taxation au même montant que celle des salaires.

Voilà ce que le gouvernement de Nicolas Sarkozy appelle un effort équitablement réparti.

 Recettes nouvelles : illusoires

La taxation des hauts revenus, du capital et des entreprises constituent des recettes fiscales.

A la différence des cotisations retraites, ces recettes ne sont pas affectées obligatoirement au financement des retraites. Demain, le Parlement pourra fort bien décider que ces recettes soient affectées à tout autre chose. Au remboursement de la dette publique par exemple.

L’interrogation sur le sort réservé à l’impôt collecté lors du « lundi de Pentecôte » ne peut que renforcer notre méfiance.

 Manifestation le 24 juin

On peut, on doit, forcer ce gouvernement à reculer : 60 ans à taux plein pour toutes et tous, pas un an de plus, pas un euro de moins, la France est riche et les richesses, si elles sont partagées, peuvent permettre de garder tous nos droits à retraite !

Il faut mobiliser dans l’unité la plus large pour mettre des millions de salariés, jeunes, retraités, dans la rue, le 24 juin et tout le mois de septembre pour forcer ce gouvernement scélérat à abandonner cette violente attaque sans précédent contre les retraites.

– D’après Gérard Filoche
– Jean-Jacques Chavigné
– et le syndicat national des impôts

24 juin
Réforme injuste :
mobilisation massive

Jeudi 24 juin 14h30

Place de la Résistance Sociale (devant la mairie de Châteaubriant )

Appel CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA

et Confédération Paysanne

 Place de la Résistance Sociale

Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA, qui se réunissent régulièrement depuis octobre 2008, ont analysé ensemble le projet du gouvernement en matière de retraites.

Quelle que soit leur appréciation sur les solutions à apporter pour l’avenir des retraites, elles affirment que la réforme proposée est inacceptable, car injuste, essentiellement à la charge des salariés, comptable et de court terme, sans réponse aux vraies questions.

Cette réforme est brutale et porteuse de recul social pour la quasi-totalité des salariés du privé, du public et des régimes spéciaux.

Pour combattre cette réforme, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA appellent l’ensemble des salariés, des retraités, des privés d’emploi et des jeunes à participer massivement à la journée nationale de grèves et de manifestations du 24 juin 2010. A Châteaubriant : 14h30, place de la résistance sociale (mairie)

A cela s’ajoutent des revendications spécifiques aux retraites agricoles : pour l’amélioration des petites retraites agricoles ; pour l’instauration d’une retraite minimale équivalente à 85 % du SMIC pour une carrière complète ; pour l’affectation des sommes dégagées par une taxation des revenus financiers à l’amélioration des petites retraites.

C’est pourquoi la Confédération Paysanne appelle aussi à la manifestation du 24 juin.