Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Pays (international) > Pays divers > Burkina Faso : les femmes et le Moringa

Burkina Faso : les femmes et le Moringa

Ecrit le 30 juin 2010

 Projet d’assistance à Karpogo

Burkina-faso -

Projet d’assistance à l’agriculture au profit du groupement pré-coopératif féminin Dakupa de Karpogo /Garango au Sud-Est du Burkina Faso.

Le groupement pré-coopératif féminin de Karpogo est constitué de 30 femmes ayant le souci et la volonté de développer leur localité et promouvoir les actions sociales et économiques des femmes.

karpogo est l’un des trois villages du secteur n°7 de la commune de Garango. . Garango a un marché important. Béguédo qui est à 20 km de Garango, a également un marché important. Donc, avec ces deux marchés, l’écoulement des produits sera facile.

Le groupe Dakupa souhaite faire la culture de l’arachide et l’extraction de l’huile. Les fanes d’arachides faciliteront l’alimentation des animaux.

Coût du projet : 1300 € soit recensement des bénéficiaires, formation en législation coopérative formation technique, achat d’arachide, achat d’animaux

 Pression manuelle

Le projet ci-dessus a été élaboré en juillet 2008. Premier bilan, positif, dressé par le Président Jean René Lalloué de l’association française qui soutient ce projet : « le programme, initialement prévu pour 17 femmes, en a finalement concerné 21. Un point négatif, dû aux conditions climatiques : les semences ont été balayées par les pluies torrentielles qui ont ravagé l’Afrique occidentale en septembre 2009, il a fallu en racheter. Un point à suivre : la rentabilité de l’embouche ovine, au moment de la vente des béliers dans quelques mois ». Les femmes ont pensé à acheter une presse à huile mécanique, mais, après une longue discussion, elles ont préféré s’en tenir à la pression manuelle qui, bien que contraignante, leur permet de se retrouver régulièrement et assure une production suffisante par rapport aux débouchés locaux.

Elles ont en revanche manifesté leur intérêt pour la culture d’un arbre originaire de l’inde et qui actuellement se répand en Afrique, le Moringa Oleifera. Cet arbre tropical, résistant à la sécheresse et à croissance rapide, a de multiples usages. Séchées et réduites en poudre, les feuilles constituent un complément alimentaire riche en vitamines, calcium et protéines. Les graines peuvent être utilisées pour la purification de l’eau.

Le projet 2010-2011 est donc de créer un périmètre clos de 2000 m2 - un « jardin de moringas » - géré par le groupement des femmes, sur un terrain qui leur appartient déjà. Perspective : acheter 1600 plants, dont une partie sera installée pour une culture intensive en vue de la récolte des feuilles, et une autre pour produire des arbres de haute tige. Et bien sûr, rémunérer l’encadrement technique par un technicien burkinabé, ainsi que la formation des femmes pour l’utilisation des feuilles...
Un projet à la fois enthousiasmant et réaliste. Coût global évalué à environ 2200 euros. L’association a encore quelques fonds, mais il faut maintenant compléter..

Pour y contribuer, des produits d’artisanat burkinabé - bijoux, objets d’art, savons au beurre de karité fabriqués sous contrôle du Centre Ecologique Albert Schweitzer — sont en vente à la Maison du Meunier :
– 6, rue des Acacias à 44590 MOUAIS
– Tél : 02 40 07 08 07

 Présentation du Moringa Oleifera

Le Moringa : un petit arbre qui pousse très vite, présent dans toutes les régions tropicales. Ses feuilles : un légume parmi les plus riches du monde. Ce qui donne un aliment végétal, très nutritif, écologique, économique et disponible immédiatement dans les pays les plus touchés par la crise alimentaire. Il y a donc urgence pour lever les quelques obstacles qui entravent encore le développement de ce « super aliment vert »...

Cent grammes de feuilles fraîches de Moringa apportent autant de protéines qu’un œuf, autant de fer qu’un steak, autant de vitamine C qu’une orange, autant de calcium qu’un verre de lait.

Le Moringa, qui pousse partout dans les pays du Sud, a été d’ores et déjà adopté dans des programmes de lutte contre la malnutrition infantile en Inde. Ses feuilles séchées et réduites en poudre se conservent et s’utilisent facilement : en consommant 30 grammes par jour, un enfant satisfait l’intégralité de ses besoins quotidiens en vitamine A, 80% de ses besoins en calcium, 60% de ses besoins en fer et près de 40% de ses besoins en protéines.

Dans un contexte de crise alimentaire mondiale, l’utilisation de ressources locales comme le Moringa est primordiale pour réduire la dépendance des pays du Sud vis-à-vis des denrées importées et améliorer la situation nutritionnelle des foyers pauvres. Deux ou trois arbres dans une cour suffisent pour subvenir aux besoins d’une famille. Sans compter que la production de feuilles fraîches ou séchées constitue une activité de production très rentable pour les agriculteurs du Sud, permettant jusqu’à huit récoltes par an avec des investissements quasi nuls.

En dépit de la multiplication des initiatives associatives ou privées sur le Moringa, les programmes étatiques ou onusiens s’impliquent très peu et les financements sont quasi inexistants. Les organisations qui accompagnent ce développement depuis quelques années sont plutôt rares.

Les entreprises africaines qui fabriquent des farines infantiles ou des compléments alimentaires s’intéressent de plus en plus à la poudre de feuilles de Moringa : une ressource bon marché qui leur permettrait d’enrichir leurs produits en micronutriments. Mais des obstacles de nature réglementaire s’opposent encore à la commercialisation de ces produits enrichis, tandis que les brevets sur les applications du Moringa se multiplient aux Etats-Unis, en Chine et en Europe.

Les principaux enjeux résident maintenant dans le financement de campagnes d’information, l’édition et la diffusion d’un guide pratique sur la culture, la transformation et l’utilisation des feuilles de Moringa, et la certification de la poudre de feuille comme aliment, étape indispensable à toute commercialisation à grande échelle en Afrique.

 Situations climatiques extrêmes

On commence à comprendre, en France, les dégâts que peuvent causer les situations climatiques extrêmes. Le Burkina Faso a connu des pluies diluviennes en septembre 2009 : le centre hospitalier universitaire de Ouagadougou s’est trouvé en grande partie sous les eaux, de même qu’une centrale électrique. Douze ponts ont été emportés. De très nombreux logements se sont effondrés dans les quartiers de banlieue. Plus de 150.000 personnes ont été sinistrées.

Et après le déluge, voici la sécheresse : les récoltes de 2009 ont été insuffisantes. Actuellement les populations n’ont plus rien à manger et attendent la récolte d’octobre. Le spectre de la famine menace désormais 10 millions de personnes dans l’est du Sahel (au nord du Burkina Faso et au nord-est du Mali, au Tchad, au Niger). Mais le G20 ne s’en préoccupe pas !

Insécurité alimentaire au Burkina