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J’ai vu, aussi, des férons heureux

Ecrit le 30 juin 2010

25-26-27 juin 2010, au château de Saffré : dans ce cadre merveilleux se sont tenues les « Rencontres   de la Forge » à l’initiative   de Bernard BRESNU, le forgeron de Saffré, avec des étudiants et des artisans très amoureux de leur métier. Partage de savoirs, partage d’enthousiasmes, envie de les transmettre au public qui se presse. Il y a des femmes aussi dans ce métier et elles ne sont pas les dernières à mettre le fer à rougir au feu et à marteler le métal brûlant.

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Saffré 2010 - Bas four

Impossible de rencontrer tout le monde, il faut en laisser pour une prochaine fois. Mais voici Didier PAPOT, il vient du Cantal. Après avoir travaillé 15 ans dans l’environnement, il a changé de voie, passionné par la métallurgie. Il est devenu « féron », fabricant de fer, et vient juste de se mettre à son compte après une formation au Centre Métallica, atelier de métallurgie et de coutellerie de Christian MORETTI (dans le Tarn), seul centre de formation de ce type en Europe. (http://moretti-sery.com/)

 Du minerai au fer

Quatre férons sont venus à Saffré, ils ont monté un bas-fourneau en briques réfractaires et terre, qu’ils ont alimenté de trois minerais différents : l’un du Canada, l’autre du Tarn et le troisième de Rougé.

Les férons emploient la méthode directe : du minerai de fer, du charbon de bois, de la chaleur. Et le minerai donne une loupe de fer. « Autrefois le métier s’arrêtait là. On livrait le métal aux forgerons en lingots ou en méplats. Moi je vais plus loin, puisque je suis aussi taillandier : fabricant d’outils taillants » explique Didier.

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Saffré
Des femmes aussi

Ce métier artisanal est un choix réfléchi : « je n’utilise pas le minerai extrait des mines, ni la houille qu’il faut aller chercher dans les profondeurs de la terre. Ces métiers sont destructeurs des hommes et, de plus, consomment beaucoup trop d’énergie. Du minerai il y en a énormément, qu’on peut ramasser à la main [Ndlr : il y a en a beaucoup dans les forêts de la région de Châteaubriant], le charbon de bois n’exige pas l’exploitation des hommes. Vous savez, quand on fabrique du métal, ainsi, sans méthodes destructrices, on a beaucoup de respect pour lui. On ne souhaite pas le gâcher pour faire n’importe quoi ».

Les férons vont jusqu’à récupérer les petits morceaux de fer qu’ils n’utilisent pas. « Il n’est pas question de les fondre, puisqu’ici nous ne faisons pas de la fonte. Mais nous retraitons le métal par grappage pour faire des lingots qu’il soit possible de retravailler ».

Tous ces vieux métiers avaient disparu, heureusement la méthode directe (minerai ==> fer) est encore utilisée au Japon. Christian Moretti et ses élèves essaient maintenant de retrouver les méthodes ancestrales et de produire en économisant l’énergie.

 Bernard Bresnu

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Saffré : soufflet à double pi
avec Bernard Bresnu

Bernard Bresnu est content : ce métier attire les jeunes et tous les jeunes venus aux rencontres   de 2006 et 2008 à Saffré, sont revenus cette année, faire part de leur plaisir renouvelé. Un certain nombre se sont mis à leur compte. Le jeune Benjamin, 14 ans, qui, à l’époque, n’aimait que la métallurgie mais pas l’école, a compris qu’il avait besoin de connaissances théoriques pour approfondir le métier dont il rêve.

B.Bresnu a fait appel à d’autres jeunes pour les « services » annexes : jus de fruits pressés sur place, toilettes sèches. Oui, vraiment, ce fut une belle fête du travail des jeunes.

– Les Voix de la Forge
– 21 rue de l’Isac, 44390 Saffré
– 02 40 77 28 99
– lesvoixdelaforge@free.fr