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ABRF sous pavillon étranger ? Tantia ?

Ecrit le 14 juillet 2010

 Fret ferroviaire : ABRF bientôt sous pavillon étranger ?

ABRF industries pourrait annoncer dans les prochains jours son rapprochement avec un groupe, voire une cession de la majorité de son capital.

Jean-Luc Remondeau, le PDG du constructeur et réparateur de wagons de fret, semble tenté par une telle décision au lendemain du sauvetage in extremis d’Arbel Fauvet rail (AFR), à Douai (59) : son alter ego, spécialisé dans les wagons-citernes, a été repris à la barre du tribunal de commerce par un tandem composé de Pascal Varin, l’ancien directeur général d’Ermewa, désormais filiale de la SNCF, et de la société Titagarh. (1)

Cette issue laisse Jean-Luc Remondeau songeur. « C’est ubuesque. Monsieur Varin, en tant que responsable d’Ermewa, n’a rien acheté pendant des années à AFR, entreprise qu’il se propose de développer aujourd’hui. »

Cette affaire est la goutte d’eau de trop après la confirmation par la SNCF du non renouvellement de son parc roulant à court terme. « Pourquoi alors avoir racheté Ermewa ? », interroge l’industriel. Le dirigeant attend depuis des mois une réponse de l’Etat sur ses propositions visant à refondre le financement des wagons en s’inspirant, par exemple, du système défiscalisé visant à soutenir le cinéma (Sofica) ou la pêche (Sofipêche).

« Aucun responsable en France ne veut s’occuper de notre secteur. Le message est clair : vendez-vous aux étrangers. » Russes, indiens ou chinois entre autres, Jean-Luc Remondeau a apparemment l’embarras du choix.

[Source : La lettre de l’API du 9 juillet 2010]

(1) Industriel indien qui produit 12 000 wagons par an, orienté essentiellement vers l’Inde mais souhaitant se développer en Europe et dans d’autres parties du monde comme l’Afrique


Ecrit le 1er septembre 2010

 ABRF, l’arrivée d’un groupe indien

Lu le 26/08 dans La Lettre de l’API :

La situation semble se décanter du côté d’ABRF industries : JeanLuc Remondeau, PDG et actionnaire majoritaire (avec sa famille), annoncera prochainement l’entrée d’un groupe, sans doute asiatique, au tour de table du constructeur et réparateur de wagons de fret, par ailleurs sous mandataire ad hoc. L’opération s’effectuerait par le biais d’une augmentation de capital. L’objectif est d’adosser l’entreprise à un partenaire disposant d’une importante assise financière pour affronter un marché erratique et dépasser les frontières hexagonales dans le cadre d’une internationalisation de l’activité. C’est l’une des raisons qui ont conduit le dirigeant à appeler à ses côtés en juin dernier Denis Charveriat : ce dirigeant fait partie de Company Partners, société parisienne « spécialiste de la gestion en temps de crise ». Côté carnet de commandes, une embellie se dessine après la signature de plusieurs contrats.

Aux dernières nouvelles, il y aurait une assemblée générale des actionnaires le 2 septembre 2010 pour décider une augmentation de capital de un million d’euros (sous la forme de 47 488 actions) ce qui permettrait l’entrée au capital de la société TANTIA, société indienne de 700 salariés créée en 1964 et dont les activités concernent la route, le rail, la marine, avec, notamment, construction de voies ferrées et de ponts et infrastructure marine.

L’entreprise s’enorgueillit de son engagement social : sous la direction de la Corporation municipale de Calcutta, Tantia Constructions a contribué « à l’amélioration des conditions de vie des plus pauvres parmi les pauvres. Environ 20% de la population de Kolkata vit dans des bidonvilles : le conseil d’administration de Tantia est heureux d’avoir fourni des installations sanitaires et équipements de base à plus de 27 bidonvilles dans et autour de Kolkata ». Mais business n’est pas philanthropie. Les salariés castelbriantais sont inquiets.


Ecrit le 15 septembre 2010

 Pas la joie !

Aux ABRF les 46 salariés actionnaires commencent à comprendre que, avec leur histoire d’actionnariat, ils se sont faits avoir. En effet, en cas de reprise d’une entreprise par les salariés (et sauf le cas de SCOP), les salariés doivent rester majoritaires … mais pendant seulement 5 ans. Passé ce délai, si l’un des salariés vend ses actions, rien n’empêche une concentration dans quelques mains.

Avec l’augmentation de capital, décidée pour permettre l’arrivée de Tantia, les salariés sont très minoritaires et ne peuvent donc influer sur les décisions. De plus, selon eux, la valeur de l’action a baissé. Dans cette entreprise, les salariés actionnaires se voyaient remettre des actions tous les ans en juin (en remplacement de primes ou d’augmentations de salaires !). Il y avait des actions libres et des actions bloquées. En présentant un devis de travaux ou d’achats, ils pouvaient vendre des actions libres et récupérer, en échange, 45 € par action. Mais cette fois, on leur propose d’acheter des actions à 21 €. Ils se disent que l’action a perdu beaucoup de sa valeur ! Un certain nombre d’entre eux, à la tête de quelque 2000 actions, se sentent complètement floués. L’ambiance dans l’entreprise est très mauvaise. Il y a eu démission du directeur financier M. Tertrin. Il y a mésentente manifeste au niveau de la direction (MM. Remondeau et Gueguin). Les salariés craignent des licenciements, éventuellement déguisés en départs volontaires.

Et pour tout arranger, il y a eu un arrêt technique sur la chaîne du neuf : les salariés ont été priés de rester chez eux du vendredi 10 au mardi 14 inclus. Manque de commandes ? Ou manque de matière première ? Ils ont pu aller à la Foire. Sans plaisir.

Comme dit un salarié : « On a le sentiment que tout est fait pour dégoûter les salariés ! Nous commençons à réaliser que les actions c’était comme la Bourse donc qu’elles pouvaient se réduire à zéro et il y a de l’amertume. Mais nous ne baissons pas les bras. Je ne veux pas dire que cela nous est égal. Nous aurions préféré avoir de l’argent. Mais il y a bien d’autres valeurs plus importantes dans la vie ». Une telle hauteur d’esprit, moins rare qu’on ne croit, est réconfortante ….


Ecrit le 17 novembre 2010

 ABRF vend Sambre-et-Meuse

L’entrée du groupe indien TANTIA, dans le capital de ABRF ne s’est finalement pas fait (voir La Lettre API du 03/09/2010). Du coup, ABRF a relancé de nouvelles discussions avec des tiers, toujours en vue de nouer un partenariat ou un adossement.

Le groupe ABRF a cédé sa filiale Sambre-et-Meuse, basée à Feignies (59), au conglomérat russe Uralvagonzavod via son holding AORF, actionnaire majoritaire aux côtés de cadres qui ont également vendu leur participation. L’opération donne un peu d’air au constructeur et réparateur de wagons de fret en apportant du cash à sa trésorerie tendue.

Pour autant, l’industriel ne se coupe pas totalement de la fonderie d’acier moulé, réputée pour son savoir-faire, en particulier dans les bogies pour lesquels ABRF garde un accès aux brevets. Sambre-et-Meuse (230 salariés sur un site de 20 ha) a achevé récemment un investissement de 8 M€ pour moderniser ses installations et automatiser certaines tâches comme le serrage des moules. Et de nouveaux investissements pourraient voir le jour, Uralvagonzavod ayant l’ambition de doubler voire tripler la production de bogies pour faire face aux énormes besoins de son marché domestique. Le Russe qui annonce 1 Md€ de chiffre d’affaires rassemble des entreprises de l’armement (chars blindés notamment) et de constructions mécaniques. Il avait échoué à reprendre en juillet dernier à la barre du tribunal de commerce Arbel Fauvet rail, concurrent nordiste d’ABRF, en raison d’un dossier déposé hors délai.

(lu dans La Lettre de l’API du 5/11/2010)