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Mée-disances - septembre 2010 (1)

Ecrit le 1er septembre 2010

 Aides au logement

Selon Jeudi Noir du 27/08, le gouvernement est revenu sur sa proposition de réforme des aides au logement des étudiants. Interdire le cumul des aides à la personne des étudiants et de la demi-part fiscale de leurs parents aurait en effet coûté cher aux jeunes des classes moyennes, à l’heure où les loyers n’ont jamais été aussi exorbitants.

« Pour autant, l’immobilisme du gouvernement est une lâcheté, car le dispositif actuel est injuste et inefficace.
– L’APL (aide personnalisée au logement) tout d’abord joue un rôle inflationniste : dans la mesure où elle n’est pas assortie d’un plafonnement des loyers, elle autorise les bailleurs à augmenter les loyers en anticipant cette aide qui se transforme alors en véritable subvention aux propriétaires.
– La demi-part fiscale, ensuite, attribuée aux parents d’enfants majeurs, accorde une réduction d’impôt proportionnelle à la richesse des parents ! Une politique de subvention des familles les plus aisées, au détriment de l’autonomie des étudiants peu fortunés… »

« Dans un contexte de faible croissance où les ressources de l’État sont limitées, il est de première urgence de supprimer cette niche fiscale pour en réorienter les fonds en une aide directe aux jeunes en difficulté financière. Là aurait été le vrai progrès et la véritable efficacité ». Jeudi Noir refuse tout misérabilisme sur la condition étudiante et espérait qu’un gouvernement courageux aurait accepté de se fâcher avec les lobbies des bailleurs et des associations familiales !

 Je n’ai peur de rien

Nouvelobs.com du 26/08 : Arbalète à la main et peu impressionné par de hautes vagues, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a pourchassé une baleine dans l’océan Pacifique en Extrême-Orient russe et s’est enthousiasmé mercredi 25 août de « vivre dangereusement ».

Emmitouflé dans des vêtements imperméables rouges, le chef du gouvernement est monté dans un petit bateau pneumatique d’où il a tiré des flèches en direction d’une baleine grise afin de prélever un échantillon de sa peau, et il a réussi à toucher le mammifère marin au bout de la quatrième tentative, selon les images retransmises par la télévision russe. […]

Le Premier ministre s’est dit impressionné par la baleine de 30 tonnes sautant de l’eau près de son bateau, et a indiqué qu’il ne recommanderait à aucun autre homme politique d’approcher d’aussi près ce type de mammifère.

Mardi 24, Vladimir Poutine était allé à la rencontre d’un ours brun, également en Extrême-Orient russe.

Ndlr : Sarkozy, lui, a fait des mamours à un ours brun bien de chez nous !

 Harcèlement moral

Lesindiscrets.com du 26/08 : Une retraitée de 69 ans a assigné en justice pour harcèlement moral une société de recouvrement de créance dont elle dénonce les méthodes abusives.

« A la mort de son époux en 2005, elle a eu des difficultés pour rembourser un crédit revolving d’un montant de 5.000 euros qui, compte tenu de taux d’intérêts importants, s’avère être un puits sans fond » explique l’avocat de la dame.

« Fin 2009, la société Credirec, qui rachète les créances douteuses des banques, a commencé à harceler plusieurs fois par jour ma cliente avec des menaces de saisies sur elle comme sur ses enfants pour lui faire rembourser des sommes de plus en plus importantes ».

D’après Emmanuel Ludot, sa cliente présente des symptômes dépressifs graves qui ont été diagnostiqués par un psychiatre. Elle réclame 10.000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral. Cette affaire sera examinée le 28 septembre.

 L’affaire du chlordécone

La Croix du 26/08 : Les autorités publiques ont du mal à faire face à ce qui est devenu « le scandale du chlordécone », cette molécule présente dans différents insecticides organochlorés, aujourd’hui interdits, mais qui furent largement utilisés dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe. Le Monde du 25/08 a révélé l’existence d’études tentant de comprendre comment une gestion aussi laxiste du dossier a été possible. […]

À la fin des années 1960, par deux fois, la commission des toxiques dépendant du ministère de l’agriculture refuse d’autoriser l’insecticide Kepone produit depuis 1958 aux États-Unis, en raison de sa trop forte toxicité. Mais elle créera un régime d’exception pour les Antilles et accordera, en 1972, une autorisation provisoire de vente d’un an pour la molécule chlordécone.

Ce sera alors le début du « règne du provisoire », ouvrant la voie à une banalisation de l’usage du produit jusqu’en 1993, alors même que celui-ci a été interdit aux États-Unis dès 1976, après une pollution et un scandale retentissant. De 1976 à 1980, 131 articles sur le chlordécone ont été publiés. La France ne peut plus ignorer l’extrême toxicité de la molécule. Pourtant, en 1981, un autre pesticide contenant du chlordécone (le Curlone) est homologué. Une autorisation aujourd’hui encore sans explication, le procès-verbal d’autorisation étant introuvable.

La direction de l’alimentation du ministère de l’agriculture (dont dépend la commission des toxiques) a été extrêmement rétive à ouvrir ses archives et les informations transmises sont muettes sur la période 1981-1993. […] La collusion des intérêts et la grande inertie des pouvoirs publics sont mises en lumière dans ce dossier. Car si le problème de la pollution au chlordécone est pris en compte dans les années 1990, il aura fallu que l’affaire resurgisse en 2007 pour que soit enfin lancé un plan chlordécone.

Ndlr : il n’y a pas que le « chlor » qui déconne !

 De haut vol

De La Voix du Nord du 26/08 sous la signature de Olivier Berger : Jacques Chirac est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris pour « détournement de fonds publics » et « abus de confiance » pour vingt et un emplois de complaisance présumés entre octobre 1992 et mai 1995 alors qu’il était maire de Paris. Le procès, que l’on imaginait grave et retentissant, se tiendra fin 2010 ou début 2011. Mais un arrangement financier avec l’actuelle mairie de Paris pourrait exonérer de toute poursuite l’ancien président de la République (contrairement aux neuf autres prévenus).

L’indispensable Canard enchaîné nous rapporte que, sur proposition de Nicolas Sarkozy à son prédécesseur, l’UMP versera 1,65 million d’euros à la ville, tandis que Jacques Chirac déboursera personnellement 550 000 euros. Ce protocole d’accord trouvé avec le cabinet de Bertrand Delanoë permettrait à Chirac de se retrouver sans adversaire ni accusation face au tribunal puisque le Parquet a déjà fait savoir qu’il allait requérir la relaxe.

Ce coûteux et bon coup d’éponge (3 % du budget de l’UMP, quand même) en dit long sur les liens en politique, les rapports de force entre la droite et la gauche, sur l’extra-temporalité implicite d’un ancien chef de l’État, devenu une sorte d’intouchable mais en partant du haut de l’échelle sociale.

Au moment où les questions de la morale et de l’éthique reviennent, se posent et s’imposent, où les privilèges et les remises de distinctions entre amis creusent un fossé avec la population et sans doute le lit du FN  , où les Verts malins s’apprêtent à mener un ancien juge d’instruction à la présidentielle (Eva Joly en icône d’airain ?), on aurait pu espérer mieux pour se réconcilier avec la politique.


Ecrit le 8 septembre 2010

 48 CRS en colère

Info.sfr.fr du 02/09 : 48 des 80 membres de la compagnie de CRS de Carcassonne se sont fait porter malades tous en même temps. Conséquence directe : l’annulation d’une mission prévue à Paris.

La compagnie 57, basée dans l’Aude, devait se rendre dans la capitale pour une mission de maintien de l’ordre. Comme toutes les compagnies, elle effectue régulièrement des déplacements pour l’Ile-de-France. Le secrétaire départemental du syndicat policier Alliance, David Leyraud, évoque 250 jours de déplacement par an pour celle de Carcassonne.

« Ce sont des choix individuels », assure David Leyraud pour justifier ces 48 arrêts maladie simultanés : « Ils résultent de problèmes latents depuis des mois. Je pense que ces hommes sont usés physiquement et psychologiquement ». Alliance dénonce « la pression » exercée sur les policiers et une « culture du résultat, avec des objectifs chiffrés » en termes de contraventions, interpellations, infractions à la législation sur les étrangers et les stupéfiants.

Ce mouvement de protestation aurait été provoqué par le contrôle à son domicile, jugé abusif, dont avait fait l’objet un de leurs collègues souffrant d’un bras cassé. Les 48 CRS en arrêt s’attendent maintenant à être contrôlés à leur tour.

 Après Woerth, Dord trésorier de l’UMP

De Marianne du 31/08 : La question du jour est la suivante : peut-on être trésorier de l’UMP sans être lié à L’Oréal ? Résumons. Eric Woerth a dû abandonner cette fonction en raison des relations troubles entretenues avec la famille Bettencourt, première actionnaire de l’Oréal. Et qui remplace Woerth ? Dominique Dord, député de Savoie et… ancien salarié de L’Oréal entre 1985 et 1987 ! […]

Toujours par hasard, Dominique Dord connaît très bien Patrice de Maistre, gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, celui qui a été décoré de la Légion d’Honneur par Eric Woerth, sans que cela ait le moindre rapport avec les menus services financiers rendus à l’UMP par la famille la plus célèbre de France.

Toujours est-il qu’un ancien de L’Oréal succède à un familier de L’Oréal comme trésorier de l’UMP, parce qu’il le faut bien.

 Brice Hortefeux : maire de Vichy ?

Selon lamontagne.fr, Brice Hortefeux aurait annoncé son intention de briguer la mairie de Vichy lors des élections municipales de 2014, le maire, Claude Malhuret ayant annoncé qu’il ne se représenterait pas pour un cinquième mandat.

« Je suis Auvergnat, mes racines, mes souvenirs et ma famille sont ici et j’y tiens, même si je n’ai pas choisi la facilité sur le plan politique », a expliqué le ministre.

En novembre 2008, Brice Hortefeux avait choisi Vichy pour y organiser une Conférence sur l’intégration réunissant les 27 ministres de l’Intégration de l’UE. Justifiant son choix, il avait alors déclaré : « Il faut arrêter avec ces bêtises, arrêter de faire payer à Vichy tous les péchés du monde », ajoutant : « Je ne ferai pas de politiquement correct. Je revendique à mort le choix de Vichy ».

Ndlr : c’est une obsession !

 Woerth-Bettancourt : La lapidation à défaut de la justice et du droit

Marianne.fr du 02/09 : Les initiatives récentes du procureur général près la Cour de cassation Jean-Louis Nadal dans l’affaire Woerth/Bettencourt ont été unanimement saluées. Saisi par un courrier de Corinne Lepage, il a demandé que lui soient transmis, pour examen, les pièces, les procès-verbaux et les rapports aussi bien de nature pénale que fiscale. […] La démarche de Jean-Louis Nadal est apparue comme la possibilité d’y voir clair, peut être, enfin, alors que ce qui domine depuis plusieurs semaines relève plus d’un désordre institutionnel et procédural que d’une justice libre et sereine.

Qu’Eric Woerth vive le harcèlement quasi quotidien dont il est l’objet comme une « lapidation médiatique », rien de plus compréhensible. […] Mais, à y regarder de près, elle n’est que la conséquence sinon d’un effacement, du moins d’une retenue judiciaire. […] C’est à cause de cet immobilisme profond que le « harcèlement médiatique » semble être la seule réponse possible alors que dans une démocratie valable il serait réduit à néant par l’ouverture, depuis longtemps, d’un espace judiciaire digne de ce nom. […]

La justice ne s’use que si l’on ne s’en sert pas. 

 Emplois fictifs

Nouvelobs.com du 02/09 : Le président du groupe UMP au Sénat, Gérard Longuet, propose le lancement d’une « souscription » pour financer le remboursement par l’UMP et Jacques Chirac de la facture des emplois fictifs de la mairie de Paris, estimée à 2,2 millions d’euros. « J’aimerais que l’Association des amis de Jacques Chirac lance une souscription. L’UMP pourrait apporter son écot », affirme-t-il. Rapelons qu’en vertu du protocole d’accord, qui doit être soumis au vote du Conseil de Paris fin septembre ou mi-octobre, la facture des emplois fictifs serait remboursée aux trois quarts par l’UMP et pour un quart par l’ancien maire de Paris, Jacques Chirac. Et la Ville retirerait sa constitution de partie civile, la seule de la procédure.

Ndlr : à vos pièces jaunes !

 Garde à vue : Réplique des magistrats

Le principal syndicat de magistrats français a vivement réagi, le 3/09, aux critiques contre un juge des libertés de Grenoble attaqué par le gouvernement et les syndicats de policiers pour avoir laissé en liberté le suspect d’un « braquage ». Moncif Ghabour, mis en examen le 2/09 pour l’attaque à main armée du casino d’Uriageles-Bains (Isère) dans la nuit du 15 au 16 juillet et une tentative d’homicide visant des policiers.

« Les magistrats n’ont pas de leçons à recevoir du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux. Ils n’ont pas l’intention d’être les boucs émissaires des carences de sa politique sécuritaire », a dit Christophe Régnard, président de l’Union syndicale des magistrats. Le suspect reste présumé innocent. « Il y a deux poids, deux mesures au gouvernement. Pour Eric Woerth, on insiste constamment sur la présomption d’innocence, mais pour les suspects de Grenoble, ils devraient être systématiquement incarcérés ab initio », a-t-il dit.

Le gouvernement est directement intervenu dans l’affaire de Grenoble, la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie suscitant un appel du Parquet contre la remise en liberté et le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux faisant part de son « indignation » en invoquant la « gravité des faits ».

Le syndicat Synergie-officiers parle de « forfaiture ». Christophe Régnard a répliqué en annonçant qu’il étudiait une éventuelle plainte pour « outrage à corps constitué ».

[…] La remise en liberté du suspect Moncif Ghabour semble être fondée sur une analyse divergente des éléments à charge entre le Parquet et le Juge des libertés. Sa mise en cause repose essentiellement sur des témoignages et une expertise en « odeurs » prélevées sur la scène de crime, un procédé très contesté. Mais il nie les faits, avance un alibi et des témoins déposent en sa faveur. […]

Le principe général du droit français est que, dans une enquête, la liberté est la règle et la détention l’exception. Un placement en détention peut notamment être fondé sur des risques de fuite, de destruction des preuves ou, en matière criminelle, sur la notion de « trouble à l’ordre public ».

Les critères de la détention provisoire ont été rendus plus stricts par le précédent gouvernement de droite après le scandale de l’affaire de pédophilie d’Outreau, où 13 personnes avaient été incarcérées à tort durant des années.



Ecrit le 15 septembre 2010

 Modèle cubain

20minutes.com du 09/09 : « Le modèle cubain ne marche même plus pour nous », a lâché le lider maximo dans une interview pour le magazine américain The Atlantic. Fidel Castro, le chef historique de la révolution cubaine répondait à une question du journaliste, Jeffrey Goldberg qui lui avait demandé si le modèle cubain était, selon lui, exportable. L’économie cubaine, soumise à un embargo des Etats-Unis, a durement subi le contrecoup de l’effondrement du bloc soviétique qui assurait l’approvisionnement de l’île.

L’aveu est historique et prouve que le lider maximo, âgé de 84 ans, « en est à l’heure du bilan ». En effet, Fidel Castro a confié au journaliste que le fait d’avoir suggéré en 1962 aux Soviétiques une attaque nucléaire contre les Etats-Unis n’était peut-être pas la meilleure chose à faire.

L’ancien président cubain a également critiqué le président iranien Mahmoud Ahmadinejad pour sa négation de l’Holocauste. Selon Jeffrey Goldberg, il est apparu en bonne forme. En juillet 2006, Fidel Castro avait cédé la présidence à son frère Raul pour des raisons de santé.

 Fraude Madoff

Le gestionnaire de la fortune de la milliardaire Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, doit être entendu « fin septembre comme témoin » dans le cadre de l’enquête française sur la fraude imputée à l’Américain Bernard Madoff, rapporte Le Parisien/Aujourd’hui en France.

Le juge financier Renaud van Ruymbeke, chargé de l’enquête française sur l’affaire Madoff, « souhaite notamment comprendre quel rôle exact l’homme de confiance de Liliane Bettencourt aurait joué dans cette gigantesque arnaque », explique le quotidien, qui rappelle que les pertes de l’héritière de L’Oréal dans l’escroquerie sont évaluées à 30 millions d’euros.

Le Parisien/Aujourd’hui évoque au moins une rencontre entre Patrice de Maistre et Bernard Madoff « entre 2007 et 2008 », s’appuyant sur le témoignage que doit publier le 15 septembre (Madoff et moi, Flammarion) un jeune Français ayant travaillé pour l’un des fonds Madoff à New York, Hugues Armand-Delille.

 Coûteux coup de cœur 

Le figaro.fr du 10/09 : Le prince Charles ne regarde pas à la dépense quand il s’agit de sauver un chef-d’œuvre architectural. En 2007, il avait avancé pas moins de 20 millions de livres pour préserver Dumfries House, une superbe maison de maître du XVIIIe en Écosse, dont cherchait à se débarrasser le richissime marquis de Bute, plus connu sous le nom de Johnny Dumfries quand il était pilote de Formule 1.

L’édifice est un bel exemple de l’architecture palladienne anglaise, mais c’est surtout l’un des rares palais de la noblesse britannique conservant encore tout son mobilier d’origine. Pour éviter que ce trésor ne s’éparpille, le prince Charles lança en catastrophe un projet pour transformer le palais en musée. À l’époque, la presse anglaise avait salué son initiative  , notant qu’il avait fait le travail qu’aurait dû faire l’État, garantissant la somme de 20 millions de livres « avec sa fortune personnelle ».

Mais l’histoire était trop belle, a rapporté le Times. L’héritier de la Couronne avait en fait emprunté l’argent par l’intermédiaire de sa fondation qui finance ses nombreuses activités caritatives, avec comme garantie un projet immobilier dont la valeur a chuté de 6 millions de livres en trois ans. Autant d’argent qui n’ira pas aider les plus démunis, remarque le Times.

 Eurocamouflet

Rue89 du 10/09 : par 337 voix contre 245 (et 51 abstentions), le Parlement européen, par un vote du 9 septembre, « s’inquiète vivement de la rhétorique provocatrice et ouvertement discriminatoire qui a marqué le discours politique au cours des opérations de renvoi des Roms dans leur pays ».

Depuis la condamnation, il y a dix ans, de l’Autriche qui avait fait entrer l’extrême droite au gouvernement, jamais la politique d’un pays membre n’avait été aussi explicitement désavouée à Strasbourg.

Michèle Striffler, députée du groupe Parti populaire européen (PPE - droite) issue de la Gauche moderne dirigée par Jean-Marie Bockel, a voté contre la résolution et « regrette que le Parlement européen se mêle de politique intérieure française ».

Jean-Marie Cavada (PPE), issu du Nouveau Centre, était également opposé au vote de la résolution : « Pourquoi la France subit-elle l’opprobre de l’Union pour la question des Roms, pendant que l’Italie détruit des campements à coups de bulldozers en banlieue de Rome ? ».

« Le problème, c’est que l’Union européenne n’a pas fait son travail », poursuit Jean-Marie Cavada. « Je veux proposer un statut pour les migrants européens à l’intérieur des frontières de l’Union. Ce statut garantirait leur liberté de migration, mais imposerait des devoirs d’éducation des enfants et d’accès aux soins. L’Europe obligerait les communes à créer des espaces salubres afin que les gens du voyage puissent s’y installer ».

 Rentrée scolaire

Un rapport « confidentiel » rédigé par les services de l’Education nationale vient contredire le tableau peint par le ministre Luc Chatel en cette période de rentrée des classes. […]

Selon ce rapport, publié en intégralité sur le site de Mediapart, vendredi 10 septembre, la rentrée 2010 est « techniquement réussie ». Cependant « la baisse des moyens de remplacement laisse sceptique », alors que « la situation est déjà difficile » et que Luc Chatel (UMP) « insiste sur la nécessaire amélioration du remplacement » cette année. Le ministère n’a souhaité faire « aucun commentaire ».

Dans les lycées, la dernière réforme a contribué à ce que « l’offre de formation » ne soit « pas revue à la baisse », estime le rapport. Et pourtant, ce serait là un des moyens de « diminuer le coût du système éducatif ». En conséquence, « la pression budgétaire oblige à faire des économies sur les autres leviers » que sont « le nombre d’élèves par classe » et « la gestion des personnels, dans et hors les classes ».

En collèges et lycées, où « le recrutement de professeurs titulaires est à peine suffisant pour couvrir les postes à pourvoir », des « tensions » sont « prévisibles dans la continuité des difficultés rencontrées » en 2009/2010 : « titulaires remplaçants insuffisants dans certaines disciplines », « davantage de postes partagés entre plusieurs établissements », plus de vacataires, etc.

Le rapport souligne que les recteurs « doivent accueillir 25.000 élèves en plus avec l’équivalent de trois ou quatre mille emplois en moins’ ». Au total, ce sont 16.000 postes qui sont supprimés dans l’éducation nationale en 2010, mais la plupart concernent des postes de stagiaires, supprimés par la réforme de la formation des enseignants.

Selon le rapport, les crédits de fonctionnement sont même « insuffisants pour terminer l’année civile ». « Les autorités académiques s’apprêtent à annuler de nombreux stages en formation continue faute de pouvoir payer les déplacements et les formateurs ».
Tout va bien !

 AVSI (auxiliaire de vie scolaire individuel)

L’inspection d’académie de Loire-Atlantique, dans un courrier daté du 9 septembre 2010, a écrit aux parents d’enfants handicapés : « Je réduis de trois heures une grande partie des accompagnements afin de dégager des moyens nécessaires pour assurer la prise en charge de toutes les demandes ». Et voilà comment on partage la pénurie !