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Santé dans le Pays de Châteaubriant

Ecrit le 29 septembre 2010

 Quel accès aux soins dans l’avenir ?

Les organisations syndicales : Confédération Paysanne, CFDT, CGT ont décidé de faire une enquête sur la région de Châteaubriant : « Quel accès aux soins dans l’avenir ? ».

90 personnes ont répondu au questionnaire diffusé avant l’été. Certaines réponses sont collectives : elles sont le fruit de la recherche de plusieurs personnes pour fournir les réponses concernant un même médecin.

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« Nous avons, en outre, eu des entretiens avec certains médecins du secteur qui ont fait un bon accueil à notre démarche. Nous tenons à les en remercier. Eux-mêmes sont inquiets quant à l’avenir de leur profession. N’oublions pas que deux médecins généralistes de Châteaubriant ont quitté récemment l’exercice libéral et n’ont pas été remplacés » dit Paul Rabel.

 Eléments positifs

Aujourd’hui, des éléments positifs sont à noter en matière d’accès aux soins :

– Convention et CMU : sur l’ensemble des médecins généralistes, seuls deux d’entre eux ne sont pas au secteur 1 de la convention sur tout le pays de Châteaubriant  . « Il ne nous a été signalé aucun refus de prise en charge de patients à la CMU » dit Yves Le Gall

– Tous assurent les consultations sur rendez-vous, « les rendez-vous sont donnés dans les 2 jours ou en moins de 5 jours dans la plupart des cas. On ne note pas de problèmes quant aux visites à domicile. La majorité participe aux gardes du CAPS (Centre d’Accueil et de Permanence de soins) » dit Joseph Plantard.

– Stabilité des médecins : quand ils s’installent dans le pays de Châteaubriant   les médecins y restent, l’installation n’a pas de caractère transitoire au vu des dates d’installation.

 Inquiétude justifiée

« Mais les éléments d’inquiétude que nous avions pour l’avenir sont tout à fait confirmés. Ils portent surtout sur l’âge des médecins et le refus quasi unanime des jeunes médecins de s’installer en zone rurale » :

Les chiffres

Le pays de Châteaubriant   compte 55868 habitants. Avec 38 médecins généralistes sur son territoire, cela représente 1 médecin pour 1470 hab alors que la Loire Atlantique compte 1 médecin pour 713 habitants. Au niveau national le ratio est de 1/900 habitants.

Nous connaissons l’âge de 33 médecins sur les 38 du pays de Châteaubriant  . Moyenne : 52 ans. Au plan national la moyenne d’âge est de 50 ans en 2009.

L’âge moyen de départ à la retraite des médecins est de 65 ans (64 ans pour les femmes). 8 médecins seront en retraite dans les 5 ans qui viennent (21%). Dans 5 ans, c’est-à-dire demain. Dans les 10 ans ils seront 15 (40%). Notre enquête confirme bien ce que nous pressentions.

Les généralistes sont majoritairement des hommes : 6 femmes pour 32 hommes (16% des médecins). Les femmes représentaient, au plan national, 10% de cette profession en 1962, 52% en 2009 et le taux d’étudiantes dans certaines facultés atteint aujourd’hui 64% (statistiques du CNOM Conseil National de l’Ordre des Médecins).

On sait que les étudiants en médecine, pour la plupart, ne s’orientent pas vers l’exercice de la médecine générale et parmi ceux qui l’envisageraient, suivant un sondage du CNOM auprès d’étudiants en médecine en 2005, les garçons ne sont que 11% à envisager à exercer en milieu rural et 8% pour les filles. Quel avenir pour l’accès à un médecin généraliste dans la région si – dès aujourd’hui - la majorité des médecins qui sortent de la faculté refuse une telle implantation ?

Comment, demain, assurer la proximité médicale et, en conséquence, la sécurité de l’accès aux soins pour tous ?

 Nos propositions

« Prenant en compte les réalités, nous formulons quelques propositions dont l’objectif est, d’une part, de réunir des conditions d’un exercice de la médecine de proximité conforme aux aspirations légitimes de jeunes médecins qui veulent choisir cette profession, d’autre part, de proposer aux citoyens l’optimum de confiance et de sécurité en matière d’accès aux soins médicaux » dit Yves Le Gall
Maisons médicales

Nous considérons qu’il faut généraliser l’implantation de maisons médicales de proximité. Certaines ont été réalisées dans le département sur un modèle couteux en financements publics (inves-tissements immobiliers ambitieux). Cela ne pouvant être une réponse générale, il faut envisager autre chose.

Selon Paul Rabel, « Ces maisons médicales pourraient être des points d’accueil et de consultations simples, des lieux de rencontre médecins-patients. Il faut que puissent y adhérer des équipes de 6 ou 8 médecins avec des présences assurées de 2 jours par semaine réparties entre eux. Ceci permet des activités en parallèle (hospitalière ou autre…) et permet d’intégrer plus souplement la participation au CAPS ».

Il serait ainsi économique, gérable et vivable de voir un médecin parcourir 10 ou 20 km pour assurer une présence journalière alors qu’il serait irrationnel de contraindre 30 ou 40 patients à se déplacer sans en avoir tous les moyens, pour rejoindre une importante maison médicale à 40 km.

Pour Joseph Plantard « Il est donc impératif d’avoir une politique coordonnée et uniformisée sur l’ensemble du territoire départemental, voire de la région ».

Le réseau des pharmaciens devrait s’intégrer dans cette organisation.

Ces maisons médicales de proximité doivent bénéficier d’une convention de service avec des structures de transport publiques ou privées, ceci afin de répondre aux besoins nécessaires. Des tranches de rendez-vous organisés doivent faciliter et rendre plus économe cet indispensable service.

 Lieu de confiance

Nous suggérons fortement que la notion de médecin traitant soit partagée entre les partenaires médicaux d’une maison médicale qui deviendrait, en quelque sorte, la « structure médecin traitant ». L’intérêt en serait multiple. « A n’importe quel moment le patient pourrait bénéficier d’une orientation médicale quel que soit le médecin présent. Les rendez-vous plus urgents ne seraient plus tributaires de la présence de son médecin ».

La Maison Médicale de proximité s’identifierait comme l’endroit de la confiance pour le patient et celui d’une relation solidaire pour le médecin.

En résumé :
– des investissements légers supportables localement,
– des temps de travail et de garde très partagés permettant d’autres tâches médicales
– une proximité rassurante pour le citoyen avec une garantie des moyens d’accès quelle que soit sa condition.

En tout état de cause, cette question de l’accès aux soins d’un médecin généraliste devrait :
– Mobiliser tous les acteurs du pays pour une prise en compte de nos réalités
– S’inscrire dans un débat au niveau régional et national car il s’agit d’une question fondamentale de santé publique dont tous les politiques doivent s’emparer

L’intersyndicale CFDT-CGT-Confédération paysanne va soumettre ces propositions aux acteurs politiques, avec l’espoir, dans un premier temps, de ne pas voir la situation s’aggraver et, dans un deuxième temps, de voir se dessiner une attractivité pour de jeunes médecins.

Le projet médical de territoire, à élaborer avec le pôle de santé hôpital-clinique et les médecins de ville, permettra peut-être d’aboutir à quelque chose d’intéressant …



Ecrit le 29 septembre 2010

 23 % des Français renoncent à se soigner

Selon le baromètre 2010 de Europ Assistance, deux tiers des Français considèrent que la France est « le pays dans lequel on est le mieux soigné ». 69% d’entre eux pensent même que la France est le pays « où l’on est le mieux remboursé pour les frais de santé ».

Mais, caractéristique de la crise, la part des Français préférant différer leurs soins a bondi de 11% à 23% en un an seulement.

Si ce phénomène de renoncement ou de report d’une visite chez le médecin, le dentiste ou d’un examen, d’une intervention chirurgicale ou même d’achats de médicaments est également désormais monnaie courante dans les pays voisins, notamment en Allemagne et en Italie, il prend en France (et en Pologne) une dimension plus dramatique.

Par ailleurs la moitié des Français (49%) jugent que le système de santé ne garantit pas l’égalité de l’accès aux soins. L’exacte autre moitié, ou quasiment (48%), pense le
contraire.

(Source : La Tribune 21 sept 2010)
Et http://www.europ-assistance.com/presse/