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Notre Dame des Landes : financement et contestation

Ecrit le 6 octobre 2010

 Avions et casus belli

Les uns en attendent des retombées économiques positives. Les autres craignent les dégradations écologiques irréversibles. Les citoyens s’interrogent. Les élus socialistes de Nantes, Conseil Général et Conseil Régional ont tranché.

Pour eux, « l’aéroport du Grand-Ouest à Notre-Dame-des-Landes a franchi cet été une étape décisive, avec la désignation par l’Etat du groupement conduit par Vinci, pour sa construction jusqu’en 2017 et son exploitation ultérieure. C’est un équipement essentiel pour l’ouverture internationale de l’Ouest, souhaité depuis de nombreuses années par les acteurs économiques, sociaux et politiques de ce territoire »

Jacques Auxiette, président du Conseil Régional des Pays de la Loire, Patrick Mareschal, président du Conseil Général de Loire-Atlantique et Jean-Marc Ayrault, président de Nantes Métropole déclarent : « Nous sommes au bout de l’Europe, loin des centres de décisions. Nous ne pouvons pas nous couper du reste du monde. La métropole régionale doit être reliée au monde et au cœur de l’Europe au moment où les gains de temps grâce aux LGV donnent de nouveaux arguments à de nombreux territoires autour de nous »

« Dans le monde où nous vivons, le transport aérien peut apporter ces liaisons. Régions et département, conseils économiques et sociaux, chefs d’entreprises, expriment leurs attentes vis-à-vis de ce nouvel équipement, souhaitant voir apporter des réponses à ces questions d’accessibilité et d’attractivité ».

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Aéro
Notre Dame des Landes

Le futur aéroport, au centre d’une zone de chalandise de 6 millions de personnes (dans un rayon de 2 heures), aura vocation à concentrer les flux de passagers des deux Régions partenaires [Pays de Loire et Bretagne] sur ce projet, pas seulement de faire un nouvel aéroport pour Nantes ou la Loire-Atlantique, mais bien le premier équipement partagé par ces territoires et leurs habitants.

« Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, le projet a été validé au motif qu’il s’agit bien d’un transfert et non d’une structure aéroportuaire supplémentaire, motivé par des problématiques environnementales et de sécurité fortes, par la saturation à moyen terme des installations existantes et les besoins de développement du grand ouest ».

Sur un projet global évalué à 560 M€, en-deçà de l’enveloppe annoncée en 2006 (581 M€), la répartition s’établit comme suit :
Vinci apportera au projet autour de 320 M€, sur les 450 M€ du coût de la plateforme aéroportuaire estimés par lui ;
• l’Etat et les collectivités se sont engagés sur une contribution publique totale de 241 M€, les collectivités territoriales prenant à leur charge une contribution totale de 115,5 M€, inférieure à celle de l’Etat.
Pour Jacques Auxiette, Patrick Mareschal et Jean-Marc Ayrault , ce sera « la fin des nuisances, des contraintes et des risques dans l’agglomération nantaise »

Ils avancent aussi que « les plus gros types d’appareils, parmi lesquels l’A380 fabriqué en partie dans la région des Pays de la Loire, qui constituent la perspective du trafic aérien des prochaines années, ne peuvent utiliser à pleine charge la plateforme actuelle [à l’aéroport de Nantes-Atlantique] » et donc que le nouvel aéroport serait une nécessité industrielle.

Cet aéroport est prévu pour traiter 5, 6, puis 8 millions de passagers, en accueillant tous les types d’appareils. De plus l’aéroport à Notre-Dame-des-Landes sera le plus exigeant au plan environnemental de tous ceux qui existent :
– des temps de vols, de descente et de roulage, donc des émissions de gaz à effet de serre, réduits au minimum, grâce à l’utilisation de deux pistes spécialisées ;
– une intervention minimale sur l’environnement de la plate-forme : la trame bocagère sera maintenue autour des pistes et sur les parkings (lesquels ne seront pas imperméabilisés, mais inclus dans l’emprise -des champs existants, avec maintien et même reconstitution de haies). Au total, la superficie mobilisée n’excédera pas 700 ha, dont une infime partie sera artificialisée ;
– un parti architectural visant la performance énergétique la plus élevée (bâtiment à énergie passive) : centrale photovoltaïque, recours à la lumière naturelle par de larges ouvertures vitrées, toitures végétalisées…

« Au total, l’impact carbone par passager de cet aéroport devra être trois fois inférieur à l’existant » affirment-ils.

Les modalités du soutien financier des collectivités

L’apport financier des collectivités ira à l’Etat, sous la forme d’une contribution d’investissement globale et forfaitaire, et pour l’ensemble des opérations à réaliser Il reviendra à l’Etat d’en assurer la bonne ventilation avec le concessionnaire. Cet apport se fera sous forme d’avance remboursable, dans le cadre d’une clause de « retour à meilleure fortune » qui a été intégrée au contrat de concession : une part des bénéfices de l’exploitant reviendra aux collectivités.

En outre, les collectivités contributrices ont demandé à l’Etat que le produit de la vente des terrains de Nantes Atlantique, lors de la fermeture de celui-ci, et jusqu’à un montant maximal de 50 M€, soit reversé aux collectivités, au prorata de leur apport.

Jacques Auxiette, Patrick Mareschal et Jean-Marc Ayrault concluent : « Cet aéroport sera au service de l’aménagement et du dynamisme des Pays de la Loire, de la Loire-Atlantique et de la métropole nantaise, ainsi que des régions voisines. Il n’est pas un objectif en soi mais l’un des atouts que nous voulons pour l’Ouest qui doit être doté des moyens de déplacement à la hauteur des enjeux d’une grande région européenne ; il sera un levier pour l’industrie, l’emploi, un moyen de conforter notre place face à la mondialisation que nous voulons apprivoiser, dans le respect des valeurs d’ouverture et de tolérance qui nous caractérisent ».


Ecrit le 6 octobre 2010

 Réactions

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Areo
Notre Dame des Landes

L’ACIPA (Association Citoyenne Intercommunale des Populations concernées par le projet d’Aéroport de Notre Dame des Landes) estime que les collectivités territoriales, à majorité socialiste, en panne de financement pour leur mission sociale, s’engagent à financer un projet ultra libéral destiné aux compagnies low-cost. « cet accord de financement grèvera les finances publiques pour 55 ans alors qu’elles disent être en manque de financement pour la santé et l’enseignement notamment »

Les présidents de la Région, du Département et de Nantes Métropole détailleront leur soutien à l’aéroport du Grand Ouest et annoncent un vote simultané le 18 octobre 2010. Tou-te-s les élu-e-s Europe Ecologie, se prononceront contre l’accord de financement d’un aéroport inutile, dépassé et budgétairement dangereux.

 Casus belli !

Notre-Dame-des-Landes est un cas d’école pour le mouvement écologiste, un casus belli avec le PS. « Un projet du passé incohérent » pour Jean-Philippe Magnen, vice-président Europe Écologie du Conseil Régional, et, à ce titre, garant du contrat de gestion avec le PS… Europe Écologie est passé à la menace : l’abandon du transfert de l’aéroport serait un préalable à tout accord politique national avec le PS pour les échéances électorales de 2012.

Deux conceptions de la modernité se télescopent sur les pâturages. Les élus locaux PS et l’UMP veulent y aménager une autre vitrine, plus en phase avec les canons traditionnels du développement économique. À quelques encablures de Nantes se joue quelque chose qui ressemble à un choix de société.