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Mée-disances - octobre 2010 (1)

Ecrit le 6 octobre 2010

 Néo nazi d’origine juive

Le figaro.fr du 28/09/2010 : La révélation éclate à Varsovie au milieu des années 1990. Pawel, à peine la vingtaine, est marié à son amour de jeunesse, Ola. Ensemble, ils partagent les mêmes convictions : la Pologne doit appartenir aux « vrais Polonais ». Exit donc les Noirs, les Arabes, les Juifs, ou toute autre « race » qui viendrait perturber cette suprématie. Depuis plusieurs années, ils sont engagés dans le mouvement skinhead. Pawel, régulièrement, « tabasse » avec ses amis, tous issus du même milieu.

Ola, un jour, se remémore une conversation avec sa mère qui lui parle de ces racines, prononce le mot « juive ». Mais Ola, qui n’a que 13 ans, ne prête guère attention à ces propos : « Cela ne m’intéressait pas, cela m’est sorti de la tête ».

Plus tard, inquiète, elle se rend à l’Institut d’histoire juive de Varsovie, qui compte plus de dix siècles d’archives. Elle trouve des réponses à ses questions : elle est juive. Lui vient alors l’idée de rechercher les origines de son époux : tout comme elle, Pawel est juif...

"Je ne savais pas comment lui dire. Je l’aimais, qu’il soit punk ou skinhead, qu’il frappe des gens ou non. A l’époque, ce mouvement était très actif en Pologne », se souvient Ola. Une fois de retour à la maison, Ola raconte tout à Pawel, qui s’empresse de se rendre chez ses parents qui lui confirment qu’il a bien des origines juives. Le secret familial est dévoilé.

« Quand j’ai découvert que j’étais juif, raconte Pawel, j’étais en colère, triste, effrayé, incertain (...) Je ne pouvais pas me regarder dans une glace. J’y voyais un Juif. Je détestais la personne que je voyais ». […]

Aujourd’hui, Pawel et Ola sont des membres actifs de la communauté juive varsovite. Pawel suit une formation pour travailler dans un abattoir où la tradition casher est respectée. Ola, de son côté, travaille dans la cuisine d’une synagogue.

« Le fait qu’ils aient été skinheads ne fait qu’accroître le respect que j’éprouve pour eux, explique le rabbin Michael Schudrich. […] Ils ont compris que ce n’était pas le bon chemin, ils ont accepté, plutôt que de la fuir, l’idée de faire partie de ces gens qu’ils avaient l’habitude de détester ». […]

Ndlr : à transmettre à tous les Français, d’origine récente ou non !

 Accueil des étrangers

La Croix du 28/09 : […] D’un côté il y a les statistiques, qui prouvent que la France reste une grande terre d’accueil. Le pays a ainsi procédé à 67 000 naturalisations par décret les huit premiers mois de cette année, soit 15 % de plus que l’année dernière pour la même période, et le nombre d’autorisations de long et de court séjour a augmenté de près de 10 %. De l’autre, force est de constater l’inhospitalité des services des préfectures qui gèrent le gros des flux d’étrangers : Paris, les départements de la petite couronne, Lille, Lyon, Marseille, Toulouse.

La préfecture de Bobigny, dont la direction des étrangers reçoit 1 500 personnes chaque jour, remporte de loin la palme de l’administration la moins accueillante. Dans la file réservée aux demandeurs de titres de séjour, des centaines de personnes s’amassent chaque nuit sur l’esplanade du bâtiment dans l’espoir d’être les premières à retirer les précieux tickets d’attente qui permettent d’être reçu. Une situation qui favorise le trafic : les meilleures positions dans la queue se négocient autour de 20 €. […]

Le préfet de Seine-Saint-Denis a reconnu que la situation s’était dégradée depuis le début de l’année. Il a promis un « renfort en personnels et en moyens techniques », avec le développement du traitement des dossiers par voie postale, l’ouverture d’un accueil supplémentaire à Saint-Denis et l’installation de toilettes à proximité des files d’attente. Manière de reconnaître que l’attente peut être longue…[…]

Pour Alexis Spire, sociologue au CNRS spécialiste de l’immigration, qui a enquêté plusieurs années dans les coulisses des services de préfecture, l’amélioration des services dédiés aux étrangers ne peut passer que par une politique de recrutement plus exigeante et rigoureuse : « Au bas de l’échelle administrative, la majorité des guichetiers en poste dans les services d’accueil des étrangers n’ont pas choisi leur affectation, explique-t-il. Parmi eux, beaucoup sont vacataires ou intérimaires. Ils doivent faire face à l’absence de formation en droit, alors que leur fonction nécessite de maîtriser une matière dense de connaissances juridiques. Soumis à des rendements en termes de dossiers à instruire, ils ne peuvent que s’en remettre aux routines inculquées par leur hiérarchie. Pour eux, il est plus rapide de faire un refus ou de renvoyer les personnes chez elles avec un avis temporaire plutôt que de fournir des arguments pour l’octroi d’un titre de séjour. »

 Turco-Brestois

Marianne.fr du 28/09 : L’affaire va sûrement passionner la commission de Bruxelles. Selon les syndicats CGT, CFDT et SUD de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) du Finistère, le directeur départemental de la protection des populations (DDPP) vient d’être chargé d’effectuer des contrôles sur 4 établissements de restauration rapide. Les coordonnées de ces derniers ayant été obligeamment fournies par le service départemental du renseignement intérieur (ex DST et RG). C’est ce qui a dû mettre le feu aux poudres chez les syndicalistes.

En effet, si l’origine géographique des 4 restaurateurs – Afrique du Nord et Moyen Orient — peut être implicitement déduite des noms des propriétaires, dans un cas, il est carrément fait référence à l’origine « turco-brestoise » de l’un d’eux. Et ça, c’est illégal. C’est ce qu’expliquent les syndicats dans un courrier expédié au Préfet du Finistère le 8 septembre. Dans cette lettre, les élus du personnel expliquent « qu’ils couvriront tout agent qui refusera d’intervenir dans le cadre de contrôles dont le ciblage se fait sur l’origine des exploitants ».

Ils ont dû toucher le point sensible car on apprenait le 28 septembre que la Préfecture suspendait les contrôles prévus.

 Procès Villiers-Le-Bel

Marianne du 30/09 : C’est un procès dont Nicolas Sarkozy et Michelle Alliot-Marie avaient voulu faire un exemple, mais dont l’ultime rebondissement se retourne contre eux. Christopher B, le témoin-clé du procès de Villiers-Le-Bel, dans lequel quatre jeunes ont été condamnés à des peines allant de 3 à 15 ans de prison pour avoir tiré sur des policiers, vient de se rétracter officiellement. En juillet dernier, ce jeune homme fragile gavé d’antidépresseurs avait confié à Marianne avoir été « manipulé » : « j’espère qu’il y aura un procès en appel. Je dirai que j’ai menti. Je regrette ». Hier, son avocate a déposé plainte à Paris pour « subornation de témoin ».

Selon elle, les autorités judiciaires et policières ont fait pression sur Christopher B, un jeune taulard de 22 ans originaire de Houilles (78) « instable et particulièrement faible », pour qu’il témoigne contre deux des accusés, Adama Kamara et Maka Kante. […]. La plainte dénonce aussi des « manœuvres » policières « dans le dessein d’influencer le contenu même du témoignage » de Christopher B.

Mais la totalité des témoignages ayant été recueillis sous X, et le seul autre témoin à avoir parlé à visage découvert étant revenu sur toutes ses déclarations à l’audience, le fragile Christopher B devenait l’unique clé scellant la condamnation des présumés tireurs. Mise en cause par ce dernier, la procureure de Pontoise, Marie-Thérèse de Givry, affirme que Christopher B n’a subi aucune pression de la part du Parquet, mais reconnaît : « c’est un garçon très fragile ». Pas au point de l’empêcher de témoigner dans un procès d’assises, semble-t-il…


Ecrit le 13 octobre 2010

 Lepénite aigüe

Nouvelobs.com du 08/10 : Un ophtalmologiste d’Aix en Provence a refusé de soigner un père et sa fille de 6 ans en raison de leurs origines et leur a violemment interdit l’accès à son cabinet. « Sale arabe, dégage, tu me salis mon cabinet ! », aurait dit le spécialiste, des propos confirmés par d’autres membres du personnel soignant du centre médical.

« On a mis nos enfants dans une école catholique justement pour qu’ils sentent qu’il n’y a pas de différence entre les religions, qu’on est tous Français. Je ne sais pas expliquer ce qui est arrivé », a expliqué, choqué le père de la fillette .

L’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône a été saisi. Il doit entendre l’ophtalmologiste avant de décider de sanctions. Le père a également déposé une plainte auprès du commissariat.

 Chiffres truqués

L’Expansion.com du 07/10 : Alors que la mobilisation contre la réforme des retraites se durcit, et à quelques jours de la prochaine journée de manifestations du mardi 12 octobre, Bernard Thibault livre une anecdote qui éclaire d’un nouveau jour la guerre des chiffres entre les syndicats et le gouvernement.

« Samedi dernier, à 10 heures du matin, soit environ quatre heures avant le début de la manifestation parisienne, un fonctionnaire syndiqué (de la Direction centrale du renseignement intérieur) travaillant dans un service du ministère de l’Intérieur m’appelle. Ce correspondant m’annonce à 10 heures du matin le chiffre de manifestants que la préfecture de police annoncera dans l’après-midi. Autrement dit, le chiffre des autorités ne correspond pas à un constat mais découle d’une décision politique. En d’autres termes, selon Bernard Thibault, le chiffre est faux. Et effectivement assure-t-il, à 16 heures, le nombre de manifestants annoncés par les autorités était le même que le chiffre qui lui avait été communiqué dès 10 heures ».

C’est à dire 65.000 à Paris, alors que les syndicats comptaient, eux 310.000 personnes dans le cortège.

 Prénom vendeur

leparisien.fr du 06/10 : Mohamed, en bac pro au lycée d’Etion à Charleville-Mézières (Ardennes) commence à peine son stage de télévendeur chez Maximo lorsque l’un des conseillers de l’entreprise lui demande de prendre un pseudo.

« Alexandre, ça passe mieux dans le commerce », lui souffle-t-il. Le lycéen, qui a pour mission de démarcher des clients de l’enseigne spécialisée dans la vente et la livraison de produits alimentaires, en est choqué. Il part se plaindre auprès du directeur de l’agence. Mais l’affaire dérange.

… Et Mohamed se fait renvoyer.
Le jeune Français vient de saisir la justice pour « discrimination ». La direction de Maximo a prétendu que le changement de prénom était juste un exemple lors de la procédure de présentation du poste. L’entreprise, qui s’estime atteinte dans son image, a argué que « le prénom d’Alexandre a été utilisé uniquement à titre d’exemple par la personne chargée de la formation du jeune homme ». Y a-t-il eu malentendu ? Maximo rappelle aussi que l’usage d’un pseudonyme chez les télévendeurs était une démarche courante, « destinée à préserver leur identité ».
Pour Faouzi Lamdaoui, ex-secrétaire national du PS à l’Egalité, cette histoire est « révélatrice des dégâts » du débat sur l’identité nationale. […] « Le préjugé de prénom est considéré par la jurisprudence comme un délit pénal et une atteinte aux droits fondamentaux des citoyens ».

En attendant, Mohamed a retrouvé un stage dans une autre entreprise. Et on ne lui a pas demandé de changer de prénom.

Ndlr : Maximo… maxi-facho ?

 Harcèlement

Ouest-France du 04/10 : Cet ancien cadre des Mutuelles du Mans Assurances aurait pu y laisser sa santé. Après sept ans de procédure, la justice lui donne enfin raison. Son ancien employeur lui a fait endurer un incroyable parcours du combattant. Après deux infarctus et des moments dépressifs, les juges de la cour d’appel de Rennes lui ont accordé 105 000 € en dommages et intérêts.

Tout commence alors qu’il dirige la branche santé individuelle du groupe Winterthur-Assurances. « J’étais à la tête de 250 salariés. » Une belle réussite après avoir démarré comme simple inspecteur. En 2002, les MMA rachètent cette société suisse. Sentant venir un vent de licenciements pour ses collègues, il accepte un mandat syndical CFTC. « C’est le début de mes ennuis. En tant que cadre supérieur, je suis complètement mis à l’écart. »

Christian R. se retrouve dans son bureau, sans travail, sans ordinateur... Pour les magistrats de la chambre sociale de la cour d’appel de Rennes, « le fait que la société MMA l’a contraint à rester à sa disposition, sans lui fournir aucun travail, présume bien de l’existence d’un harcèlement ». Sur son bulletin de salaire, l’employeur mentionne même : « dispensé d’activité et sans fonction ». […]

Jusqu’à son licenciement en janvier 2005, il subit toutes les humiliations possibles. Muté comme gérant dans une agence à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, il s’y retrouve en garde à vue « pour des malversations que je n’avais pas commises ». On lui interdit d’y retourner après ses vacances de Noël en métropole. Là encore, les juges retiennent le harcèlement. Auparavant, son employeur l’avait aussi empêché d’exercer son mandat de syndicaliste CFTC. Là encore, aucune équivoque chez les juges : « Le fait que les MMA ont contesté systématiquement sa qualité de délégué syndical du groupe présume du harcèlement. » […]

Ndlr : MMA, zéro tracas, zéro bla-bla !!!

 La RATP le vaut bien

Cachez ce dessin que je ne saurais voir... Comme l’a révélé Le Canard enchaîné, les usagers du métro n’auront pas le droit de découvrir l’affiche de la pièce « le Banier de crabes », qui se joue actuellement au théâtre des Deux ânes.

Média transports, la régie publicitaire de la RATP, l’a refusée au motif qu’elle mettait dans le même panier deux personnalités de l’Etat (Sarkozy et Eric Woerth) et deux personnes mises en examen dans le cadre de l’affaire Bettencourt (Patrice de Maistre et François-Marie Banier).

« Nous avons un devoir de neutralité », justifie Média transports qui invoque le caractère potentiellement « diffamatoire » de l’affiche.

Ndlr : Media Transport est bien sûr potentiellement « neutre » !

 Brebis égarée

Liberation.fr du 08/10 : Comme d’autres vont à confesse pour se laver de leurs péchés, Nicolas Sarkozy rend visite au pape ce matin pour faire oublier aux catholiques sa « séquence » sécuritaire de l’été.[…]

Beaucoup de catholiques critiquent la politique d’immigration du gouvernement. Notamment les dispositions restreignant le droit de vivre en famille et d’asile, et punissant le délit de solidarité.[…].

Par rapport à sa première visite au Vatican, où il était scotché à son téléphone et à son ami comique Bigard, la métamorphose est miraculeuse : Nicolas Sarkozy s’est montré presque contrit devant Benoît XVI, allant jusqu’à bredouiller un « Notre Père » et à se signer à quatre reprises.

Juste avant son arrivée, un conseiller de l’Elysée avait fait changer le grand fauteuil capitonné spécialement installé pour Nicolas Sarkozy au profit d’une simple et sobre petite chaise rouge.