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Mée-disances - octobre 2010 (2)

Ecrit le 20 octobre 2010

 Allo, j’ écoute !

Libération.fr du 14/10 : L’avocat de l’ex-trader Jérôme Kerviel, Me Olivier Metzner, a indiqué qu’il envisageait de poursuivre la Société Générale pour « escroquerie ». La banque a récupéré en déductions d’impôts une partie des milliards d’euros perdus dans l’affaire Kerviel, dans laquelle son client a été condamné.

« J’envisage très sérieusement de déposer une plainte contre la Société générale pour escroquerie car on n’a pas le droit de demander devant un tribunal une somme qu’on a déjà perçue », a-t-il indiqué .[…]

Par ailleurs, Olivier Metzner, avocat dans de nombreux dossiers sensibles comme les affaires Clearstream et Bettencourt, affirme qu’il a « toutes les chances » d’être « sur écoutes », estimant que l’on vivait dans « une République où l’on veut faire taire les gens ». […] « Ce ne me paraît pas banal, ça me paraît être la République actuelle. Une République où l’on veut faire taire les gens, une République où il ne faut pas dire du mal d’une banque, d’une institution française », a-t-il jugé.

Les « écoutes » ou interceptions téléphoniques sont strictement encadrées par la loi. Judiciaires ou administratives, elles ne peuvent être ordonnées que par un juge pour les besoins de son enquête (29.000 en 2009, selon la Chancellerie) ou par le Premier ministre après avis de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (5.000 en 2009).

En dehors de ces deux cadres juridiques, les écoutes sont qualifiées de « sauvages » et donc illégales. Elles seraient, selon des estimations de milieux spécialisés, de l’ordre de 100.000 par an.

 Fichier ethnique

L’Humanité.fr du 14/10 : « Nous n’avons pas de fichier MENS, je le saurais. Autant dire la vérité quand on parle devant la commission des lois, ça évite les désagréments... » Auditionné par les députés, le général Jacques Mignaux, directeur général de la gendarmerie nationale, a démenti l’existence d’un fichier ethnique visant les Roms et les gens du voyage.

La semaine dernière, quatre associations avaient déposé plainte contre le fichier de gendarmerie Minorités étrangères non sédentarisées (Mens), jugé « ethnique », « illégal » et « non déclaré ». D’après ces associations, ce fichier serait mis en place par l’Office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) pour« effectuer une généalogie des familles tsiganes » sans que la Commission nationale de l’Informatique et des libertés (Cnil) en ait été informée. […]

Devant la commission des lois, le général Mignaux a relégué les accusations des associations à des « allégations » et autres « tentative de déstabilisation ». Car le DGGN est formel : Mens n’est autre qu’un « acronyme, un vocable utilisé pour faciliter le classement et l’échange d’informations et non pour constituer des fiches ». Et d’assurer que la Cnil a constaté « l’absence de toutes bases de données (...) utilisant des critères ethniques ».

Ndlr : si ce n’est qu’un « acronyme »… !

  Attentat de Karachi

Nouvelobs.com du 14/10 : lors de la séance des questions au gouvernement par le député PS Bernard Cazeneuve (rapporteur de la mission parlementaire sur l’attentat de Karachi en 2002 qui avait coûté la vie à onze salariés de la Direction des constructions navales et fait naître des soupçons sur le financement de la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995), la ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie a nié toute obstruction au travail judiciaire.

Pourtant, le juge d’instruction Marc Trévidic réclame que lui soit communiqué le contenu des auditions réalisées par la mission d’information parlementaire sur l’attentat, présidée par Yves Fromion (député UMP du Cher), qui a rendu son rapport le 12 mai dernier. Mais on lui oppose une fin de non-recevoir, en vertu du principe de la séparation des pouvoirs.

Revenant à la charge, Marc Trévidic va alors jusqu’à invoquer l’article 99-3 du code de procédure pénale qui permet au magistrat « par tout moyen, de requérir (...) de toute administration publique » la transmission de documents. […]

En raison de ces obstacles auxquels se heurte la justice, Bernard Cazeneuve (PS) défendra ce jeudi trois amendements :
– L’un de ces amendements obligerait ainsi les présidents de mission d’information parlementaire à transmettre l’ensemble des éléments qu’ils collectent aux magistrats qui en font la demande.
– Un autre vise à rendre publiques les conclusions des rapporteurs adjoints du Conseil constitutionnel, dès qu’il s’agit de valider ou rejeter des comptes de campagne. [on a récemment appris que trois rapporteurs du Conseil constitutionnel avaient proposé le rejet des comptes de campagne du candidat Balladur en raison de dons douteux en espèces d’une dizaine de millions de francs. Un avis que le Conseil constitutionnel n’avait finalement pas suivi, validant les comptes de campagne en octobre 1995].
– Enfin, une troisième disposition autoriserait le Parlement à mener une « commission d’enquête » en bonne et due forme sur des faits dont l’autorité judiciaire a déjà été saisie – et non pas seulement une « mission d’information », dotée de pouvoirs d’investigation bien moindres.

Ndlr : on va enfin tout savoir !..... ?

 Micropartis

Libération.fr du 14/10 : « Nouvel oxygène », « France9 », « Changer c’est possible » et la désormais célèbre « Association de soutien à l’action d’Eric Woerth »... On a découvert, cet été, l’existence de ces partis de poche, au détour des révélations sur certains gros chèques signés par Liliane Bettencourt. Ces micro-écuries dédiées à une seule personne et ne comptant que de rares adhérents, voire aucun, sont depuis dans le collimateur de la gauche, qui y voit une façon de s’asseoir sur les lois de financement des partis. Pour mieux encadrer les dons de personnes physiques aux formations politiques et garantir la transparence sur ces flux, les députés socialistes ont déposé une proposition de loi visant à compléter les lois de 1988, 1990 et 1995 sur « la moralisation du financement de la vie politique ».

La proposition de loi socialiste a été rejetée en commission des Lois.

 Séances sur le divan

Le médecin psychiatre recevait la patiente trois fois par semaine. Elle était la dernière à passer dans la matinée et venait avec une collation à partager avec le docteur... Elle est devenue la maîtresse du psy, raconte La Nouvelle République.

Le psy a expliqué au tribunal que « le premier quart d’heure » sur le divan « était purement professionnel ». Il était donc normal qu’il soit rémunéré et que la patiente soit remboursée par la Sécurité Sociale. Mais après, il la rejoignait sur le divan, passait aux relations plus intimes, puis elle repartait… L’affaire a duré près de trois ans de 2004 à 2007. Mais le psy s’est marié avec une autre femme... La patiente n’a pas apprécié ! Elle a donc porté plainte pour viol. Mais la justice n’a pas reconnu ces « accusations ». […]

Le praticien poursuivi pour « déclaration inexacte en vue d’obtenir un paiement indu », se défend « d’avoir eu une relation sérieuse tant sur le plan thérapeutique que sentimental ». Au Président du tribunal, qui s’étonne que le praticien ne se soit pas rendu compte que « le remède pouvait être pire que le mal », celui-ci répond : « C’est discutable », estimant « avoir largement contribué à son mieux être ». Selon son avocate, « la seule femme qui peut lui faire des reproches est son épouse ». Freud lui-même avait soigné une proche, ajoute-t-elle. Mais une mauvaise langue répond : « Sauf qu’à l’époque, il n’y avait pas de sécu »….

Verdict : 5000 euros d’amende et une indemnité de 5000 euros à verser à la Caisse d’Assurance Maladie Régionale.

(sélection de textes faite par R. le Gall)



Ecrit le 27 octobre 2010

 Jean Sarkozy obtient sa 2e année de droit

JDD du 22/10 : Jean Sarkozy, 24 ans, a obtenu sa deuxième année de droit à l’université Paris 1-Sorbonne, avec une moyenne de 13,34. Le fils du chef de l’Etat, inscrit en septembre 2006, a réussi du premier coup sa première année, mais a peiné à valider la seconde année du cursus. Jean Sarkozy suit un programme « aménagé », qui lui permet de concilier ses études et son poste de conseiller général des Hauts-de-Seine.

 Jean Sarkozy réélu à la tête de l’UMP à Neuilly

Libération.fr du 22/10 : Jean Sarkozy, le fils cadet du président, a été réélu par les militants UMP, délégué de la circonscription de Neuilly-Puteaux, un an après l’épisode très polémique de l’Epad (Etablissement public de la Défense.
« Jean Sarkozy a été réélu avec 85,62% des voix et un taux de participation trois fois supérieur à celui du dernier scrutin en 2008 » pour lequel il était le seul candidat. Jean Sarkozy, 24 ans, était resté très discret depuis l’épisode très polémique de l’Epad (Etablissement public de la Défense), qui avait alors nui à l’image du chef de l’Etat. Il conserve avec ce vote la tête de la section UMP de Neuilly, où son père a été maire pendant près de vingt ans, écrasant les quatre autres candidats qui se présentaient face à lui. […]

La section UMP de cette ville huppée à l’ouest de Paris est l’une des plus importantes de France en nombre d’adhérents par rapport à la population. Elle a été dirigée pendant près de dix ans par Arnaud Teullé, mais ce dernier a été suspendu de l’UMP au cours de la campagne municipale lorsqu’il s’est présenté comme candidat dissident face au divers-droite Jean-Christophe Fromantin, soutenu par l’UMP.

Ndlr : l’Epad, oui, mais des Sarkozy !

 Drame de l’amour

Ouest-France du 21/10 : Patrick Ollier, député UMP, a confié au détour d’une audition à l’Assemblée Nationale, qu’il ne sera « jamais ministre ». « C’est le drame de l’amour » a-t-il expliqué. Patrick Ollier est le compagnon de Michèle Alliot Marie, la garde des sceaux.

Ndlr : l’amour est aveugle !

 Professeur, ce beau métier !

Libération.fr du 15/10 : Sans préparation préalable et en l’absence de conseiller pédagogique, seuls devant les élèves, sous la tutelle d’une inspection si peu attentive à leurs demandes, certains des nouveaux profs ayant obtenu leur Capes démissionnent.

Deux ans déjà que les universitaires dénonçaient cet aspect de la réforme. […]
En vain... Les pouvoirs publics sont restés sourds aux avertissements contre les risques encourus par ce qui est mal nommé la mastérisation. Contrairement aux déclarations du ministère, la formation des enseignants régresse au profit d’une rentabilité immédiate. Pour des besoins d’économie, la recherche, réduite à la portion congrue dans le mémoire de master, n’est plus au cœur de la formation et le temps d’apprentissage concret du métier est considéré comme inutile. Une mesure de bon sens devrait s’imposer en rétablissant une formation digne de ce nom (dit Michèle Riot-Sarcey, Professeur d’histoire contemporaine université Paris-VIII).
Ndlr : La situation des jeunes enseignants lâchés sans formation pédagogique devant les élèves s’apparente à celle d’un jeune de 16 ans à qui on proposerait la conduite automobile accompagnée, sans accompagnateur, au volant d’un 38 tonnes, et tenant pour lui-même le rôle du moniteur d’auto-école !

Codes ultra-secrets

Libération.fr du 22/10 : Les codes ultra-secrets qui permettent au président des Etats-Unis de déclencher une frappe nucléaire ont disparu pendant « des mois » alors que le président Bill Clinton était à la Maison Blanche, écrit dans ses mémoires son ancien chef d’Etat-major. […]

Le désastre découvert, le général Shelton s’est rué dans le bureau du secrétaire d’Etat à la Défense de l’époque, William Cohen, en lui lançant : « Vous n’allez pas le croire !.. » Les procédures ont été modifiées après l’incident et la crainte de voir l’affaire révélée à la une de la presse ne s’est jamais matérialisée.

Empreintes génitales

« Il y a deux fichiers majeurs : le fichier des empreintes génitales et le fichier des empreintes génétiques », avait déclaré dans l’émission politique M. Hortefeux à propos du fichage.

Ce qui rappelle un lapsus récent de l’ex-garde des Sceaux Rachida Dati parlant de « fellation » à la place d« inflation » .

Ndlr : Pour les empreintes digitales, on mettait les doigts … !

Les nègres

Le JDD du 22/10 : « Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé », avait déclaré Jean-Paul Guerlain lors du 13 heures de France 2, à propos de la création de son parfum le plus célèbre, Samsara.

Le septuagénaire avait ensuite présenté ses excuses. « Mes paroles ne reflètent en aucun cas ma pensée profonde mais relèvent d’un dérapage hors de propos que je regrette vivement », disait-il. Les associations de lutte contre le racisme, dont SOS Racisme et le Cran, ont décidé de porter plainte contre ces propos. La journaliste de France Inter, Audrey Pulvar, a prononcé un cinglant édito sur les ondes mardi matin, s’achevant sur une citation d’Aimé Césaire : « Eh bien le nègre, il t’emmerde ! »

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Rue89 du 21/10 : Par François de Rugy | Député Verts. « Le 9 septembre, lors du débat sur les retraites à l’Assemblée, je défendais, dans une indifférence médiatique la plus totale, un amendement au projet de loi sur les retraites qui visait à l’alignement du régime accordé aux députés, sénateurs et membres du gouvernement sur le droit commun. Seul à le défendre, au nom de mes collèges écolo, et seul à le voter, face à des députés UMP qui, à la demande conjointe du rapporteur et du ministre se sont exprimés contre, tandis que mes collègues des autres groupes présents dans l’hémicycle regardaient ailleurs. Et puis voilà qu’il y a une dizaine de jours, j’ai commencé à recevoir des messages fort sympathiques de responsables syndicaux, ou de salariés en lutte contre la réforme des retraites, qui me remerciaient pour avoir tenté de faire respecter un minimum d’éthique.

D’avoir pensé que les parlementaires pouvaient imposer à des millions de Français des dispositions drastiques, tout en s’exonérant de l’effort leur paraissait légitimement incompréhensible, et pour tout dire inacceptable. […]

Les mobilisations sur la Toile commencent à porter leurs fruits : alors que nous n’avions pas de nouvelles du groupe de travail sur le statut des députés et leur retraite, voilà que, dans l’improvisation la plus totale, Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée, annonçait que des mesures seraient étudiées lors de la prochaine réunion du bureau de l’assemblée, mercredi prochain.

Peu importe que, pour faire croire à un processus normal et contrôlé, Accoyer ait cru bon d’affirmer qu’il avait transmis ses propositions de réformes aux présidents de groupe -ce qui est faux ! L’essentiel, c’est, qu’enfin, ça bouge ! Et, sur ce sujet -sur lequel les députés écologistes l’avaient saisi dès le mois de juin- comme sur ceux de l’usage des indemnités de frais de mandat, ou d’autres éléments du statut de députés, il reste encore à faire pour rétablir la confiance entre le peuple et ses représentants ».