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Palestine : pas d’eau, sauf des eaux usées

Ecrit le 3 novembre 2010

 Pas d’eau

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Le gr

Dix-neuf personnes de la région de Châteaubriant et du secteur de Beaupréau se sont rendues en Palestine du 28 septembre au 10 octobre 2010. Ce fut une découverte pour 16 d’entre elles. C’est qu’il y a un monde entre ce qu’on imagine et ce qu’on voit sur le terrain. Les tracasseries de la police israélienne aux check-points (points de contrôle) se sont faits plus discrets mais la pression des Israéliens sur les Palestiniens est toujours très forte. « Les colons et l’armée font ce qu’ils veulent, y compris cueillir la récolte des Palestiniens » raconte Raoul Lépicier qui a mal vécu cette occupation. Un petit détail : les Israéliens rationnent l’eau. Quand, eux, ils en utilisent 100 litres, les Palestiniens n’ont droit qu’à 20 litres … et ils doivent tenir compte des nombreuses coupures.

Le voyage avait deux objectifs : aller voir à Beit Ommar les travaux réalisés grâce au bulldozer acheté sur des fonds publics , et rencontrer à travers le pays des Palestiniens de vécus et de sensibilités très différentes.

 Chargeur à pneus

Un bulldozer à pneus a donc été acheté par la municipalité de Beit Ommar avec participation financière du Conseil Général (40 000 €), du Conseil Régional (25 000 €uros) et même de la Com’Com’   du Castelbriantais (1000 €) et une participation des habitants de la région castelbriantaise et des Mauges à travers l’association (2000 €).

Avec ce bull à pneus, les habitants de Beit Ommar font le gros œuvre des chemins d’accès à leurs champs. « La ville était enclavée, il n’y avait qu’une seule sortie, facile à bloquer. Maintenant, avec la création de chemins, il y aura 25 sorties » explique Raoul Lépicier.

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Jardin à Beit O

Ils ont aussi réalisé un grand jardin -espace de jeux, ayant donné du travail à 75-140 personnes, pour accueillir tous les enfants de la commune avec des activités variées en plein air ou sous abri : cinéma, théâtre et jeux divers. Mais pas de manège électrique : l’électricité est rationnée !

Ils ont également un projet de piscine. En revanche le terrain de football a été refusé par Israël. Car en effet, en Palestine, il faut l’autorisation de l’occupant pour faire quelque chose ! « Pour tout, il faut une autorisation, même pour enterrer un bout de tuyau » dit Bernard Duclos

 L’Occupation

Les Israéliens ont fermé 1200 magasins à Hébron ville distante de 25 km au sud de Beit Ommar. Ils détruisent les maisons, ils occupent les jardins, ils font la chasse aux Résistants réels ou supposés. Par exemple, le fils du maire de Beit Ommar, 18 ans, avait déjà été emprisonné pendant 6 mois sans autre motif que : « Pour faire une enquête », pour savoir s’il ne serait pas dangereux pour la sécurité d’Israël. Enquête négative. « Et puis, quand nous étions là-bas, ils sont de nouveau venus l’arrêter brutalement en pleine nuit, juste pour faire une nouvelle enquête. Encore 6 mois de prison en perspective. C’est insupportable et c’est pourquoi les familles cèdent » dit Louis David. « C’est le rouleau compresseur. Il n’y a plus de check-point, mais un encerclement des villages palestiniens. Il y a des caméras partout. Et de très jeunes militaires … qui feraient mieux d’aller à l’école ». Et puis les barrières sont restées : rétablir un check-point c’est facile !

 Rencontrer

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Palestine : le

Le deuxième objectif du voyage : « enrichir notre connaissance de la société palestinienne en rencontrant des gens et notamment dans des situations diverses, et en particulier des Arabes citoyens israéliens ».

Le groupe a ainsi rencontré :

- des réfugiés des camps, depuis 1948, ou plutôt les enfants et petits enfants de ceux ci. Enfermés, ils ont une certaine autonomie de gestion de leur camp, et des services publics de base financés par l’organisme spécial des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, l’UNWRA - mais pas de boulot, et une grande pauvreté. Leur désir : revenir dans le village qu’ils ont dû quitter en 1948 et qui, bien souvent, a été rasé... Mais pas question pour le gouvernement israélien d’accepter le simple principe d’un « droit au retour »

- des villageois de la Vallée du Jourdain. C’est l’une des communautés les plus vulnérables de l’ensemble de la Cisjordanie en zone C (zone sous contrôle total, militaire et administratif, israélien). Ils ont des aires de pâturages très limitées, l’eau leur est rationnée et ils n’ont pas le droit de construire des maisons ou de creuser un puits. Les Bédouins n’ont plus le droit d’être nomades alors ils édifient des baraques en tôle aux portes des villes, pour avoir accès à l’eau et autres services. Mais ils en sont régulièrement expulsés. Plus de 30 colonies israéliennes sont installées dans cette vallée, en territoire palestinien, sous haute protection militaire !

- et enfin des gens originaires du village de Bar’am près de Nazareth en Galilée, arabes, chrétiens, et citoyens israéliens : expulsés en 1948, leur village a été détruit en 1953, ils n’en ont gardé que l’église et le cimetière, lieu de rassemblement pour les fêtes religieuses, les mariages et les sépultures. Ils ont porté plainte auprès de la Cour Suprême de l’Etat israélien … qui leur a donné raison, et le droit de rentrer chez eux mais l’armée a refusé. Auprès de la vieille église, ils ont construit … des toilettes, mais l’armée les a détruites aussi !

« Nous avons vu « galement des juifs extrémistes. Ils construisent dans le cœur des vieilles villes, expulsant les habitants, constituant des enclaves gardées par des milliers de soldats et jetant les ordures dans les rues » dit Martine Buron. « Les Palestiniens se sentent vraiment abandonnés de la communauté internationale. Ils avaient espéré en Barack Obama. Mais celui-ci acceptera-t-il de n’être pas réélu ? Acceptera-t-il d’être assassiné s’il tente de régler le problème palestinien dans la justice ? Le processus de paix, finalement, personne n’y croit plus ! »


Ecrit le 3 novembre 2010

 Les eaux usées

Des milliers de litres d’eaux usées venant d’un bassin de rétention de la colonie israélienne illégale Gush Etzion ont inondé plus de 5 hectares de terre agricole palestinienne dans le village de Beit Ommar, dans la nuit du 16 au 17 octobre. Sur la terre de la famille Sabarna, les arbres ont été inondés, un bulldozer a été submergé. C’est la quatrième fois cette année que la colonie déverse ses égouts sur la terre des Sabarna. Elle a vidé le bassin sur les terres en mars, avril et juin, détruisant les cultures et provoquant une perte de plusieurs milliers de shekels de revenus aux agriculteurs.

L’inondation constitue un risque sanitaire majeur pour les habitants du village. Les membres de la famille Awwad, dont le bulldozer a été submergé, ont dû patauger jusqu’aux genoux dans l’égout pour dégager l’engin, et la contamination du sol hypothèque les futures cultures dans toute la zone.

Source : http://ism-france.org/news/article.php?id=14498&type=temoignage&lesujet=Colonies