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Retraites : manif du 23 novembre 2010

Ecrit le 1er décembre 2010

 Un soir de novembre, dans la rue ...

Neuvième manifestation : le 23 novembre, 185 personnes étaient dans la rue, à Châteaubriant, toujours au sujet des retraites. Baroud d’honneur ? Honneur, sûrement ! Les générations futures ne diront pas que la réforme a été acceptée sans protester. Baroud, pas sûr … il y aura des lendemains !

Après la « place de la relance sociale », après le « rond-point de l’injustice sociale », cette fois CGT, CFDT et SUD appelaient à se rassembler à l’ancien Hôtel des Postes, haut-lieu évoquant Mai 68, rebaptisé, pour la circonstance : « l’abri social ».
Voici des extraits des prises de parole.

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Manif 23 novembre
Châteaubriant

 C’est pas une aumône

Pour Serge Adry, CGT, « la loi sur les retraites a été promulguée dans le mépris le plus total des 70% de la population qui refusaient cette réforme. Le remaniement ministériel n’a pas gommé les attentes sociales portées par un formidable mouvement social unitaire depuis des mois. Le gouvernement poursuit ses agressions jetant de plus en plus de personnes vers la pauvreté : la loi sur les retraites entraîne une baisse généralisée du niveau des pensions ; la réforme Bachelot de la santé a des conséquences en terme d’accessibilité aux soins et de prise en charge financière, et pour parfaire le tableau voici le projet sur la prise en charge de la dépendance ».

C’est pourquoi les retraités réclament un rattrapage immédiat de 300 euros par mois pour tous. « La retraite n’est pas une aumône, c’est un droit que l’on ouvre » .

Le sentiment d’injustice sociale ressenti par une très large majorité de Français ne peut que perdurer et être porteur de luttes sociales. Les luttes peuvent prendre de nouvelles formes. Comme celle des salariés de chez Bouhyer à Ancenis qui viennent de gagner sur les salaires et les conditions de travail. Les attentes sont toujours là et les braises de la mobilisation sont loin d’être éteintes.

« D’autres choix sont possibles. Déterminés nous pouvons les gagner ensemble ».

 Plus de 10 000 personnes

Pour Bernard Gaudin, CFDT, « depuis le 24 juin, les manifestations à Châteaubriant ont rassemblé plus de 10 000 personnes : salariés du public et du privé, travailleurs indépendants, agriculteurs, demandeurs d’emploi, jeunes lycéens, retraités, de toutes les catégories sociales et pas seulement des habitués des mouvements sociaux ».

Rarement une réforme aura provoqué autant de rejets et de protestations. Malgré les demandes de négociations et les propositions avancées par les organisations syndicales, le gouvernement a refusé de jouer la carte de la démocratie sociale. « Cette attitude incompréhensible voire irresponsable, a renforcé la crédibilité du mouvement syndical et l’adhésion de l’opinion publique à ce mouvement ».

En ajoutant un amendement -in extremis- qui fixe un rendez-vous en 2013 pour une réforme systémique, le gouvernement apporte la preuve que sa réforme que l’on a qualifié d’injuste, est également inefficace. « La CFDT, continue d’exiger :
– Une réforme qui reconnaît la pénibilité et les carrières longues
– Une réforme qui compense les inégalités homme /femme
– Une réforme qui prend en compte les parcours accidentés des salariés
– Une réforme qui maintient l’âge de départ à 60 ans dans le cadre d’une carrière complète ».

 Bizutage

Mais aucune réforme des retraites ne sera efficace, si l’on ne règle pas la question de l’emploi. « Il est urgent d’ouvrir de nouveaux chantiers, pour permettre aux jeunes d’accéder à l’emploi sans bizutage social, pour permettre aux seniors de ne pas être virés de l’entreprise, pour éviter que des salariés soient pris dans la spirale du chômage de longue durée ».

Ce n’est pas la petite musique de la reprise que l’on nous joue actuellement qui va nous rassurer ; « c’est tout simplement indécent que de nous jouer cette petite musique, quand malheureusement la zone d’emploi de Châteaubriant affiche la plus forte évolution du nombre de demandeurs d’emploi depuis un an sur l’ensemble de la Région Pays de Loire ».

Les entreprises que l’on n’a pas beaucoup entendues ces derniers temps, ne peuvent pas se dédouaner de leurs responsabilités. « Leurs comportements en matière d’emploi, de recrutement, de formation, de pouvoir d’achat, et de conditions de travail sont déterminants ».

La CFDT continuera son action pour obtenir des avancées pour les salariés, sur l’emploi, les conditions de travail et le pouvoir d’achat. La CFDT reste mobilisée pour une autre réforme des retraites.

 Nicolas promulgue, Guillaume encaisse

Pour Gilles Barracand, syndicat SUD, la mobilisation menée depuis le 24 juin est « historique » par l’ampleur des protestations, par les actions ponctuelles de blocages, informations, actions interprofessionnelles, et par l’appui majoritaire de la population. « Et les jeunes ont compris que le pire à venir serait pour eux ».

« Ce qui est posé publiquement, c’est la question essentielle de la répartition des richesses produites dans le pays. Il faut imposer un autre partage : le fait qu’une minorité accapare le profit tiré du travail de l’immense majorité n’est pas un phénomène inéluctable, c’est un choix politique, une question de société. Et que dire du propre frère du Président de la République, pdg du groupe Malakoff-Méderic, qui se lance déjà dans les retraites par capitalisation ? Nicolas promulgue, Guillaume encaisse. L’enjeu des retraites nécessite une grève générale, frappant les possédants à la caisse ».

Le soutien populaire est grand, la solidarité interprofessionnelle et intergénérationnelle est active. « C’est pourquoi nous plaçons nos pancartes sur ce haut-lieu de la lutte syndicale qu’est l’ancien bureau de poste, parce qu’après tout la lutte que nous menons vat bien celle de mai 68 ».