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Journaliste à Madagascar

Ecrit le 26 juin 2006

  Journaliste à Madagascar : ni censure ni liberté

M. Rahaga RAMAHOLIMIHASO, 
directeur général de la Société Malgache d’Edition, 
et directeur de publication du journal 
« Madagascar-Tribune » 
est passé à Châteaubriant à l’occasion d’une vaste tournée dans l’Ouest. 
Il venait y rencontrer Michel ORIOT 
chef de rédaction à Châteaubriant, 
qui a passé trois mois à Tananarive 
au titre de la coopération instaurée par l’association 
« Ouest-Fraternité ».

Il raconte à « La Mée » le quotidien de la presse là-bas

Madagascar
Michel Oriot - Rahaga Ramaholimihaso

Madagascar : le pays, un peu plus grand que la France, est colonisé en 1895 par la France, qui y recherche ses richesses en matières premières et sa position stratégique sur la route des Indes. Le général Galiéni écrase dans le sang (100 000 morts), la résistance malgache. L’ordre colonial impose la « francisation » forcée des habitants, le statut de l’indigénat, et un système juridique inégalitaire qui réduit les habitants à l’état de sous-hommes, avec la complicité d’une partie des élites bourgeoises de l’île.

Après diverses tentatives d’insurrection, l’indépendance du pays est proclamée le 26 juin 1960. Mais la France continue à exercer une domination culturelle et économique (par le biais de la monnaie) et même, jusqu’en 1972, elle contrôle directement l’administration et l’armée.


La presse malgache est née en 1866. Le premier périodique malgache, intitulé « Teny soa », a duré jusqu’en 1952, il était d’inspiration protestante. Il existait aussi des périodiques publiés par les catholiques. Tous étaient fortement contrôlés par le pouvoir politique, tout en se limitant aux domaines religieux et culturel.

Avec la colonisation, la presse malgache est ... pressée par un régime juridique assez astreignant. Seuls les citoyens français peuvent être autorisés à gérer un journal. La censure préalable est de mise. La bataille pour la liberté de la presse est donc un des grands thèmes des combats nationalistes malgaches. Celle-ci est obtenue avec l’arrivée au pouvoir en France du Front Populaire (1936). Les événements de 1947 entraînent à nouveau une mise en tutelle de la presse, saisies, suspensions de parution....

 Censure à 4 h du mat’

Le Courrier de Madagascar est créé dans les années 50, avec l’Etat français comme actionnaire. Journal gouvernemental, il est incendié en 1972 lors de la chute du Président Tsiranana. Il est alors remplacé par Madagascar Matin qui sera lui même remplacé en 1983 par Midi Madagasikara, quotidien national d’information, créé par Marthe ANDRIAMBELO.

Le journal « Madagascar Tribune » est créé par M. Rahaga RAMAHOLIMIHASO en 1988. C’est encore le régime de la censure. « Nous bouclions le journal vers 4 ou 5 h du matin, et nous devions le porter à un fonctionnaire dont nous attendions le bon vouloir. Après caviardage de certains articles et remplacement de certains mots, nous pouvions imprimer et sortir vers 7 h du matin » raconte Rahaga.. Finalement la censure est levée à la fin du mois de février 1989 car le Président en exercice, M. Didier Radsiraka, souhaite des élections « libres » (du moins en apparence). Il est réélu en mars 1989.

Août 1991, manifestations de rue : la répression policière fait une centaine de morts. La censure sur la presse est rétablie. « Nous refusons de nous soumettre à la censure » dit le journal Madagascar-Tribune. En réalité, il n’a tenu que 2 ou 3 jours. « Alors nous avons pris un risque : nous sortions des exemplaires censurés ... et d’autres non censurés ! » sourit Rahaga

 Indépendant

La ligne du journal ? : « Nous ne sommes pour aucune force politique, religieuse ou économique. Nous sommes indépendants », dit M. Rahaga Ramaholimihaso. « Nous ne voulons ni donner dans la brosse à reluire, ni être l’objet de pressions diverses. Moi je n’ai aucune compétence en matière de presse. Je fais confiance aux journalistes à qui je demande de faire le meilleur journal possible »

« Une caractéristique de notre journal : donner la parole aux lecteurs. Il y a donc les pour, et les contre. Dans certaines pages le lecteur lira « noir », dans d’autres il lira « blanc » : c’est à lui de se faire sa propre opinion ».

M. Rahaga Ramaholimihaso, par la suite, envisage de lancer une télévision. Lors de la venue d’une délégation économique française, il s’enquiert d’un spécialiste de télévision. « C’est alors qu’on m’a mis en contact avec Louis Le Meter, de Ouest-France. Peu à peu j’ai renoncé à la télévision et un échange s’est fait entre nous et l’association Ouest-Fraternité créée par Ouest-France ».

 Sur le terrain

C’est dans ce cadre que Michel Oriot est allé travailler à Madagascar à l’été 2005. « La presse est jeune à Madagascar, les journalistes ont des formations universitaires diverses mais ils ont beaucoup à apprendre en matière journalistique. C’est le but de notre échange avec Ouest-Fraternité » précise Rahaga.

« Nous avions imaginé des cours classiques. Et finalement nous avons pratiqué le travail de terrain » dit Michel Oriot qui a fait le tour des rédactions, pour rencontrer ses collègues journalistes, une soixantaine, « là où ils sont, avec ce qu’ils sont. Je n’étais pas là pour donner des leçons mais pour m’adapter aux circonstances, à la culture locale, à l’environnement, aux attentes locales. Ce fut davantage un accompagnement qu’une formation ».

Avec Michel Oriot, les journalistes recherchent l’actualité, débattent pour savoir comment ne pas rester au niveau des informations institutionnelles, comment éviter de « servir la soupe » . Avec d’autres journalistes de Ouest-Fraternité, ils travailleront l’art d’écrire. La présence de journalistes étrangers leur permet de remettre en cause une pratique trop répandue : celle des enveloppes. « Quand les journalistes ont de très bas salaires, ils peuvent être tentés d’accepter des enveloppes, ou de cumuler les emplois, par exemple : attaché d’un ministère et journaliste chargé de rapporter les activités de ce ministère ». L’indépendance de la presse reste un combat important, explique Michel Oriot.

 Charte

Chère indépendance, qui vaut de la prison aux journalistes malgaches et aux éditeurs de presse. A la fin novembre 2005 le président Marc Ravalomanana critique violemment les journalistes et des patrons de presse qu’il considère comme des opposants, presque comme des terroristes au même titre que Ben Laden. Il laisse entendre qu’il prendra des mesures draconiennes à l’encontre de ceux qui lui sembleraient récalcitrants ou têtus et demande à son ministre de l’Intérieur (un général de gendarmerie) de prendre les mesures qui s’imposent pour rétablir l’ordre.

Cette intervention du chef de l’Etat, fait craindre le retour de la censure, de ce qu’on appelle là-bas « hazalambo » (chasse au sanglier, comme on dit chez nous : chasse aux sorcières).

Du côté des magistrats, des accusations sont aussi lancées envers la presse. C’est alors que les journalistes comprennent l’importance d’avoir un code de déontologie.

La Charte professionnelle des journalistes et éditeurs de presse a vu le jour le 26 avril 2006. Elle s’inspire de la Déclaration de Munich de 1971, laquelle, adaptée au contexte malgache, porte sur les droits et devoirs des journalistes. Il est en l’occurrence fait mention de dispositions d’ordre rédactionnel, [tels la responsabilité de l’éditorial, le traitement des faits divers, les commentaires du journaliste, le choix des photos] et d’ordre éthique (relations familiales, impertinences,...) ou encore d’ordre institutionnel et financier (règlement intérieur, activités complémentaires, enveloppes, salaire,...)

Les professionnels s’engagent ainsi à honorer leur ... profession, ne serait-ce que pour « contrer » les attaques ou accusations souvent gratuites à leur égard.

 Carpette

Bernard RICHARD, autre journaliste de Ouest-Fraternité, relativise ces accusations quand il écrit : « Les autorités et les sources ont toujours des mouvements d’humeur contre le journaliste quand ce dernier écrit ce qui ne leur plait pas. Mais au bout du compte, ce journaliste est respecté parce qu’il n’est pas manipulable »

« Foin des journalistes-carpettes, on les utilise mais on les méprise. »

 15 % du salaire

A Madagascar il existe une foison de journaux, dont certains, très éphémères, sont édités à l’approche d’élections, servant ainsi de supports médiatiques à des partis politiques.

Cette floraison de quotidiens n’est pas à la portée de toutes les bourses. En juin 2006 le journal reste pour une grande majorité de Malgaches un produit de luxe, avec un prix de vente au numéro autour de 400 Ariary (équivalent à 0,15 euro), quand le salaire minimum équivaut à 25 €. S’il devait acheter un journal par jour, le Malgache dépenserait 15 % du salaire minimum mensuel (soit 10 fois plus qu’en France).

Les « grands » quotidiens sont généralement écrits en français, ce qui en réserve la lecture aux élites qui disposent d’un bon pouvoir d’achat. Ils ont cependant une partie « Malagasy » en langue malgache.

Les transports posent de gros problèmes pour la diffusion des journaux. Quand le taxi-brousse met 2-3 jours à rejoindre sa destination, il est évident que les « dernières » nouvelles ne sont plus fraîches. Le bouche à oreille contribue cependant à la diffusion.


Autres nouvelles du pays :

La fête est triste

Madagascar a célébré le 26 juin, la fête de l’Indépendance. Villes ornées, maisons pavoisées du drapeau national, repas de famille .... mais, selon Madagascar-Tribune, « la pauvreté et le manque de pouvoir d’achat pèsent au niveau de la population.

Fini les grands festins où les dindes et les poulets ornaient les tables, avec vins spiritueux et champagnes. C’est maintenant l’apanage des hauts dignitaires, grands dirigeants du pays ». « Fête morose et triste pour plusieurs couches de la population » .

Cependant « à voir, les villas et les voitures 4X4 qui poussent dans tout le territoire, sans parler du rythme de vie, l’argent existe. Le problème réside non pas dans son utilisation, mais dans la pratique inégale de la distribution et de l’exploitation. »

« Nous sommes au pouvoir, on accapare toutes les richesses ». Cet adage dictatorial connu dans le monde entier est suivi à Madagascar, comme dans tous les pays pauvres.

Désert

La caserne de la gendarmerie nationale du village de Faux-Cap a été rayée de la carte par l’avancée des dunes de sable. Le village lui-même risque de disparaître d’ici peu. Par ailleurs, le village d’Androka ainsi que la baie d’Ampalaza ont subi le même sort depuis plusieurs années.

Pour le ministre de Eaux et forêts et de l’environnement, Sylvain Rabotoarison, « l’avancée des dunes n’est plus une menace, mais un réel danger pour la population »
L’envahissement des « raketa mena » (cactus rouge ) constitue aussi une menace sérieuse pour le sud de l’Ile. Plusieurs centaines d’hectares de terrains sont bouffés par cette espèce parasite.

B.Poiraud


Ecrit le 6 décembre 2006

 Exposition d’arts malgaches

Les 9 et 10 décembre aura lieu une exposition d’arts malgaches à la salle paroissiale, 25 bis rue Saint GEORGES à Châteaubriant organisée par l’association les Enfants de la Grande Ile.

Le bénéfice de cette exposition sera reversé intégralement aux religieuses Jeanne DELANOUE pour financer les projets de restauration d’école, les parrainages collectifs, hospitaliser et soigner les enfants, acheter les fournitures scolaires, les médicaments, etc...

Les besoins sont immenses dans ce pays qui reste un des plus pauvres de la planète.

26 enfants attendent un parrain ou une marraine pour leur permettre d’aller à l’école, de prendre un repas par jour, d’être soignés et habillés. Ces enfants sont dans des situations de grande détresse. Ils sont orphelins ou vivent avec leur mère souvent avec des frères et sœurs sans ressources. C’est le cas d’une fillette, par exemple, qui a été placée, à l’âge de 8 ans, dans une famille malgache à TANANARIVE pour servir de bonne à l’âge de 8 ans et qui voudrait bien retourner à l’école.

Pour parrainer c’est simple il suffit de verser 16 € par mois, le parrain ou la marraine reçoit la petite histoire de l’enfant avec sa photo et des nouvelles de l’enfant 2 fois par an. Un reçu fiscal est adressé en début d’année. Les sommes versées sont reversées intégralement au profit des enfants. L’association ne fonctionne qu’avec les cotisations des adhérents.

Jeux d’enf
Famille_de_7_enfants_qui_vit_dans_cette_unique_piece
Une famille de 7 enfants vit dans une unique pièce

Pour mieux connaître l’association :
http://enfantsgrandeile.free.fr

Contact : Hélène et François RIBREAU
3 rue de la treille, 44240 Sucé sur Erdre.
Tel fax 02 40 77 99 93