Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Thèmes généraux > Santé, questions générales > Médicaments > Médicaments : encore des déremboursements

Médicaments : encore des déremboursements

Ecrit le 15 décembre 2010

Une politique du médicament et des dispositifs médicaux incompréhensible

Un projet de décret a été soumis à l’approbation de la CNAMTS : il prévoit la possibilité d’une baisse supplémentaire de 5 points des remboursements de médicaments à vignette bleue et de 10 points des dispositifs médicaux comme les pansements, les compresses, les lunettes, les cannes, les bas de contention, les minerves, les genouillères... Ainsi les médicaments à vignette bleue pourraient ne plus être remboursés qu’à 25%, et les dispositifs médicaux à 50%.

Jean-Pierre Davant, Président de la Mutualité Française, condamne ce projet. La Mutualité Française condamne une politique du médicament et des dispositifs médicaux incompréhensible pour les usagers, pénalisant les citoyens et créant des inégalités d’accès aux soins de plus en plus fortes.

Pour Jean-Pierre Davant, ces mesures purement financières ne règlent en rien les dysfonctionnements et la dérégulation de notre système de santé. « Nous sommes dans la politique du fait accompli », dénonce-t-il dans le quotidien régional Sud-Ouest, ajoutant qu’il regrette que les décisions de déremboursement, qui se multiplient, se fassent « sans concertation ».

« Réduire de 10% leur remboursement, ce n’est pas rien, que la différence soit à payer par les patients ou par leur mu­tuelle. (...) C’est une politique à la petite semaine », il faut absolument « simplifier le système de remboursement et remettre de l’ordre dans notre pharmacopée. Que l’on rembourse tout ce qui a été validé et déclaré efficace par les scientifiques et rien d’autre », insiste Jean-Pierre Davant qui relève sur lemonde.fr que ce projet de décret est discuté « au moment même où on s’interroge sur le Mediator®, un médicament qui était remboursé à 65% alors qu’on savait depuis 1999 qu’il n’avait aucune utilité ». (1)

Qui doit se charger de cette évaluation ? « La Haute Autorité de santé doit tester les médicaments et vérifier leur efficacité à la lumière des connaissances scientifiques récentes, répond le président de la Mutualité Française. Car certains produits, autrefois utiles, n’ont plus leur place. Ils doivent donc logiquement être retirés du champ du remboursement ».

Quant aux complémentaires santé, « leur rôle sera de prendre le reste en charge, mais sur des bases précises et donc sans payer ”à l’aveugle” ». « L’argent doit surtout servir à financer les traitements indispensables, destinés à lutter contre les maladies graves, comme le cancer, et qui coûtent extrêmement cher », conclut Jean-Pierre Davant.

(1) A noter qu’on s’interroge aussi actuellement sur un autre médicament, l’hormone de croissance GH (synthétique) : des personnes traitées ainsi pour retard de croissance, ont montré une surmortalité par rapport à celle observée dans la population générale. 9800 enfants sont concernés. Le CHU d’Angers a mis en place un numéro vert : 0 800 74 04 62.

L’affaire du Médiator : plus grave que celle du sang contaminé : http://jeanmarcelbouguereau.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/01/13/l-affaire-du-mediator-plus-grave-que-celle-du-sang-contamine.html

Déremboursements