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Journaux - La presse est libre en France

Ecrit le 2 mai 2007

 Des pressions ? oh non !

Source : article de Libération

Les yeux au ciel, la main sur le cœur, François-Régis Hutin, PDG de Ouest-France, signe un édito, le 28 avril 2007 affirmant qu’en France la presse est liiiibre et que « les journalistes n’acceptent ni de se laisser imposer leurs interlocuteurs ni de se faire dicter leur calendrier ».

On se souvient pourtant que c’est en 24 heures que 5 journalistes de la presse régionale (dont un de Ouest-France) ont été convoqués pour la conférence de presse, en novembre 2006, au cours de laquelle Sarkozy devait annoncer sa candidature. ...

Les autres journaux de la presse quotidienne régionale et départementale ont été avisés qu’ils allaient recevoir cette interview exclusive. Ils l’ont presque tous publiée sauf Sud-Ouest qui a protesté sur la façon de procéder et a déclaré « on ne passe pas une interview qu’on n’a pas recueillie ». . « Cela sent un peu le coup médiatique » déclarait alors Pascal Arnaud, rédacteur en chef de la Nouvelle République.

Dans un article du 28 avril 2007 du journal Libération trois courageux journalistes, Raphaël GARRIGOS, Catherine MALLAVAL, Isabelle ROBERTS, détaillent « la haute main de Sarkozy sur les médias ».
C’est bien Nicolas Sarkozy qui, lorsqu’il était encore ministre de l’Intérieur, a exigé et obtenu le limogeage du patron de Paris Match, Alain Genestar, qui avait eu l’outrecuidance de montrer Cécilia en compagnie d’un autre que lui. Maintenant Paris-Match pratique le chouchoutage du candidat Sarkozy ...

C’est bien Nicolas Sarkozy qui a piqué une grosse colère (récemment, en coulisses de l’émission France Europe Expresssur France 3, parce qu’il n’avait pas de loge), et qui a adressé des invectives directes à des journalistes de France 3/Nord/Pas de Calais pour un reportage qui lui a déplu sur le conflit à l’Imprimerie Nationale de Douai.

C’est bien Sarkozy qui dispose d’un important réseau d’amis dévoués : Martin Bouygues, le plus proche de tous, son meilleur ami et, ça tombe bien, patron de TF1 (soit un tiers de l’audience télévisuelle en France). Mais aussi Arnaud Lagardère, patron du groupe qui abrite en son giron Europe 1, Paris Match, le JDD, etc. Sans compter Serge Dassault, propriétaire du Figaro, Bernard Arnault, le témoin de son mariage avec Cécilia, et propriétaire de la Tribune, ou encore François Pinault, propriétaire du Point avec qui Sarko partage entre autres la passion du vélo.
« Tous ces patrons-actionnaires ont-ils le petit doigt sur la couture et peuvent-ils vraiment mettre leurs journalistes au garde-à-vous ? Pas si simple. Mais certains faits sont troublants. » dit l’article qui parle de coups de fil, conseils et auto-censure de peur de déplaire à Sarko.

La crise des banlieues de 2005 en est l’illustration toute spéciale. Novembre de cette année-là, TF1 saisit en caméra cachée une provocation policière envers des jeunes. Savon du directeur de l’information. Août 2006, Sarko invité sur TF1 pour une interview, en profite pour passer un savon mémorable à un journaliste. La raison ? Un reportage sur les sans-papiers de Cachan, jugé trop complaisant.

Est-ce un hasard si les Guignols s’en donnent à cœur joie sur un si zélé Jean-Pierre Elkabbach qui, du haut d’Europe 1, pratiquerait à outrance des interviews cire-UMP ? En tout cas, en février 2006, le Canard enchaîné révèle que Jean-Pierre Elkabbach, directeur de la station, a pris conseil auprès de Nicolas Sarkozy sur le choix d’un journaliste politique !

Et si ce n’est pas Sarko, ce sont ses lieutenants qui exercent des pressions diverses et variées sur une presse liiiibre !


Ecrit le 2 mai 2007

 Débat sur le débat

Le débat provoqué par Ségolène Royal avec François Bayrou a foutu un coup d epied dans la fourmillière électorale. Sarkozy a essayé de l’empêcher, estimant que les Français ne devaient plus entendre que les deux candidats finalistes. Déjà qu’on n’a pas eu de débat public avant le 1er tour, fallait-il réserver l’expression aux deux seuls qualifiés ? Le débat sur le débat a pourri la semaine de Sarkozy et l’a obligé à se trouver sur le défensive.

Le Syndicat National des Journalistes, Premier syndicat français de journalistes, déclare dans un communiqué :

« Avec le pitoyable feuilleton du débat [presque] empêché entre Ségolène Royal et François Bayrou, les médias se trouvent une nouvelle fois au cœur d’une des bavures majeures de la campagne électorale. (...)

L’arithmétique pointilleuse du CSA d’un côté, le poids des sympathies auprès du candidat Sarkozy de l’autre, font que le devoir d’informer subit une entrave insupportable dans une démocratie comme la nôtre.

Les concentrations excessives dans la presse française ; les amitiés particulières entre le monde politique et les directions des médias ; la façon dont sont nommés les membres du CSA, jettent la suspicion sur tout un secteur professionnel et constituent une atteinte directe au droit légitime des citoyens d’être correctement informés.

Le SNJ, premier syndicat chez les journalistes, dénonce avec vigueur ce déni de démocratie. « Cette situation le conforte dans sa lutte pour une véritable indépendance des médias, des équipes rédactionnelles, et l’inscription dans la Constitution du droit à une information honnête, complète, pluraliste et indépendante des pressions politiques. »
le 27 avril 2007


 Saint Sarkozy, martyr de la presse

Voir http://www.radical-chic.com

 Sarkozy, la haute main sur les médias

Voir Libération