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2010 : chape de plomb sur la presse

Ecrit le 30 juin 2010

 Chape de plomb sur la presse

Stéphane Guillon et Didier Porte licenciés. La direction de France Inter passe l’humour et la liberté d’expression à la moulinette sarkozyste.

« France Inter est une radio qui coûte cher à l’actionnaire, qui n’est pourtant pas très bien traité par la station », expliquait doctement Philippe Val, directeur de France Inter promu par la volonté de Sarkozy, le 8 janvier dernier. Six mois plus tard l’actionnaire va être satisfait : les humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte viennent d’être brutalement licenciés par le président de Radio France, Jean-Luc Hees. Ils avaient le tort de ne pas rigoler dans le sens du poil. . Sauf que l’actionnaire, c’est le peuple qui paie ses impôts, pas le prince qui en dispose

A moins de deux ans des présidentielles, et alors que les scandales ne cessent d’éclabousser la droite gouvernementale, c’est une chape de plomb sakozyste qui est en train de s’abattre sur la radio de service public.

Comme dit le journal AgoraVox, « le monde de la France libre ne peut être que consterné par cette ambiance de chasse à l’homme. Personne ne veut voir les réalités en face, les vrais problèmes, et assumer sa part de responsabilité. Alors, on fait payer à quelque uns le marasme généralisé. Anelka a payé pour les Bleus, Guillon et Porte payent pour l’état lamentable de la société, sa dette, sa croissance molle, ses turpitudes, ses incompétences. Avec les règles morales pratiquées en Angleterre, une bonne demi-douzaine de ministres ne seraient plus en poste, de Jouyandet et son jet à Bachelot et sa gestion calamiteuse de la grippe, en passant par l’homme qui fumait les cirages payés par l’argent public et j’en passe. Mais ces gens là préfèrent viser quelques boucs émissaires pour conjurer le marasme. Un coup d’identité nationale, un coup de burqa et deux coups de fusil pour les deux trublions de France Inter. ».

 La fin d’un Monde

Ceci n’est que la suite logique d’une reprise en mains engagée de longue date. Comme le révèle le Canard Enchaîné, N.Sarkozy a déjà à sa botte les directions de TF1, du Figaro, d’Europe 1, du JDD etc. Il a aidé à imposer le milliardaire Bernard Arnault à la tête des Echos. Il fait en sorte, par l’entremise de son fidèle Guéant, que le moribond France Soir, atterrisse dans les mains d’un opaque oligarque russe. I

Bref, ça se voit comme le nez au milieu de la figure : N.Sarkozy prépare à sa manière le terrain pour sa réélection de 2012. Pour lui, un bon média est un média aux ordres.

Qu’en démocratie la presse soit un contre-pouvoir : impensable !

Qu’une rédaction soit indépendante : intolérable !

Que les journalistes du « Monde », pourtant bien modérés, qui ont eu le toupet d’évincer son bon ami Alain Minc, alors président du conseil de surveillance, décident aujourd’hui de choisir à qui ils veulent confier leur journal : bolchevik ! Et pourtant, ceux-ci le savent, c’est la dernière fois qu’ils peuvent encore exercer ce pouvoir, puisqu’une fois le journal vendu la minorité de blocage leur échappera (ils ne seront plus actionnaires majoritaires).

(…) Mais si Sarkozy rêve d’une rédaction aux ordres, il risque d’être déçu. Car si les entreprises de presse sont fragiles et tombent souvent sous le coup de puissances d’argent (ou du pouvoir politique), nombre de journalistes, eux, ont ceci de curieux : la liberté d’expression, ils n’y sont pas complètement indifférents.
(d’après Jean Luc Porquet)
Le Canard Enchaîné du 16 juin 2010)

Ndlr : Les sociétés des personnels du groupe Le Monde ont voté, vendredi 25 juin, en faveur de l’offre de rachat de Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, écartant celle proposée par le fondateur du Nouvel Observateur Claude Perdriel, qui s’était allié à l’Espagnol Prisa et à la société Orange. Le conseil de surveillance du Monde, qui rassemble, outre les dix représentants des personnels, dix partenaires externes, se réunit lundi 28 juin pour se prononcer à son tour sur les deux offres de reprise

 Sondage-retraites : Commentaire de Bernard Thibault

Anticipant une journée de mobilisation unitaire pour la défense des retraites qui s’annonce puissante, les avocats du projet de loi gouvernemental multiplient les tentatives pour réduire l’ampleur des protestations à l’expression d’une minorité agissante.

Ainsi, Le Figaro fait sa Une, le 23 juin, sur le résultat d’un sondage IFOP pour tenter d’accréditer l’idée que « 58 % des Français approuvent la retraite à 62 ans ». Il y aurait un revirement de l’opinion des Français puisque toutes les enquêtes ont montré jusqu’à présent une forte majorité en profond désaccord avec la volonté de saborder le droit au départ à la retraite à 60 ans.

A y regarder de plus près, je constate que :
• l’on interroge les Français sur le caractère « acceptable » du recul de deux ans de l’âge légal de départ à la retraite et qu’on leur fait dire qu’ils « approuvent les 62 ans »,
• 70 % des retraités jugent « acceptable » une mesure qui ne les affecte pas, tout comme 67 % des professions libérales et 61 % des artisans et commerçants,
• Le Figaro aurait pu faire son titre sur les 67 % qui jugent la réforme « plutôt injuste ».

Cette tentative de manipulation de l’opinion conduit l’éditorialiste du Figaro à affirmer de manière péremptoire « les Français comprennent la nécessité de porter l’âge légal de la retraite à 62 ans, ils approuvent le gouvernement d’avoir pris cette décision ». C’est une version du « comment prendre ses désirs pour des réalités ».

Parallèlement, une autre enquête IFOP également publiée le 23 juin mettrait en évidence que 57 % des Français ne font pas confiance aux syndicats. Là aussi, il s’agirait d’une rupture avec toutes les enquêtes précédentes sur le sujet qui ont toutes mis en évidence un taux de confiance oscillant entre 53 et 57 % à l’avantage des syndicats.

L’explication réside sans doute dans l’avertissement discret commentant le résultat « les comparaisons sont difficiles. La méthode du sondage n’est pas la même que les années précédentes ». Les sondés ont été sollicités via Internet, ce qui représente un « biais », selon les spécialistes des sciences sociales.

En effet, faut-il être abonné à Internet pour que son opinion soit prise en compte ? Peu importe ce détail pour les commanditaires, l’essentiel est d’alimenter le discrédit sur la parole syndicale.

Les mauvaises langues ont relevé que ces deux enquêtes d’opinion, relayées dans les médias, émanent de l’IFOP dont la Vice-présidente n’est autre que Madame Parisot, par ailleurs Présidente du Medef !

Je ne peux m’empêcher de rapporter ces faits à d’autres tout aussi préoccupants. Ainsi, à deux reprises cette semaine, une radio et une chaîne de télévision, toutes deux publiques, ont décommandé l’invitation qui m’était faite de venir exprimer nos positions avant la journée de mobilisation du jeudi 24 juin. Une autre invitation, celle-ci prévue pour demain soir, est mise en suspend. A chaque fois, c’est l’actualité footballistique qui justifierait ces changements de programme.

Le débat de société sur l’avenir des retraites qui engage le sort de millions de salariés pour plusieurs décennies devrait s’effacer derrière les péripéties de notre équipe de football !

B. Thinault

http://www.liberation.fr/medias/0101643039-stephane-guillon-et-didier-porte-les-chroniques-qui-derangent

Deux mille personnes manifestent : http://www.liberation.fr/medias/0101644704-deux-mille-personnes-pour-porte-et-guillon

Bouffon : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/guillon-le-martyr-non-guillon-le-77828

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/societe/20100628.FAP4580/reprise-du-journal-le-monde-les-conseils-de-surveillance-acceptent-de-negocier-avec-le-trio-bnp.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/politique/20100704.FAP4885/reprise-du-monde-henri-guaino-dement-toute-intervention-de-l-elysee.html