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Les Roms et le bulldozer

Ecrit le 4 avril 2011

8 avril, journée internationale des Roms

Cette année, l’événement est un peu particulier puisqu’il y a 40 ans, eut lieu le Congrès de Londres, durant lequel des militants roms venus de toute l’Europe, fondèrent l’Union romani internationale (URI) et déclarèrent vouloir être reconnus sur la scène internationale en tant que nation rom. Sous cette appellation politique furent regroupés les groupes roms, manouches/sinté, gitans/kalé, désormais unis sous un drapeau et un hymne communs. La 1re minorité transnationale européenne, sans revendication d’un état/territoire unique où exercer sa souveraineté, était née.

Femme Rom

Le 8 avril est un moment symbolique fort marquant la volonté d’émancipation des Roms, la reconnaissance de leurs cultures et du génocide qui les frappa durant la 2nde guerre. C’est aussi et surtout l’occasion de rappeler un autre objectif primordial que s’est donné l’URI, à savoir la revendication des droits des Roms, trop souvent encore bafoués, et qui sont aussi ceux de tous les êtres humains (droit au logement, droit au travail, et droit à un traitement égal et digne pour tous).

Mais à Nantes, la fête est triste, pour une histoire de bulldozer. Au départ, il y a eux familles Roumaines d’origine rom, constituées de deux cousines, mères isolées, l’une avec deux enfants et l’autre avec quatre enfants, qui se sont installées avec leurs trois caravanes le dimanche 20 mars sur un terrain vague inoccupé, à Nantes, appartenant à l’enseigne commerciale Leclerc. Elles arrivaient d’un autre terrain, situé à proximité, et dont elles craignaient d’être expulsées.

Mardi 22 mars, un homme se présente sur le terrain, comme le « chef de Leclerc » dit-il, et, sans essayer de parler aux adultes, il laisse aux enfants une photocopie représentant un bulldozer, et s’en va. Jeudi 24 mars, vers 10 heures, un bulldozer commence à creuser des tranchées autour des caravanes et à ériger un mur de terre. Les mères sont parties faire des démarches, et les enfants sont seuls, le plus vieux a 12 ans, l’aîné est au collège. Vers 16 heures, une douzaine d’hommes poussent les caravanes hors du terrain, détruisant l’une d’entre elles. Puis, ils entrent par effraction dans une voiture, et ne pouvant la démarrer, la poussent au bulldozer. Les familles se retrouvent sur le bord de la route.

Appelée, la police se contente de constater que les caravanes sont sur le bord de la route. Lorsque les familles se présentent à l’hôtel de police pour porter plainte, le vendredi 25, elles sont, dans un premier temps été éconduites, puis rappelées, elles déposent une main courante dont l’objet a été libellé ainsi : « indésirables et perturbateurs ».

Ces enfants et ces femmes étaient en situation de faiblesse et de vulnérabilité. Rien ne peut justifier ce qui s’est passé. Les Roms, citoyens européens, et les Gens du Voyage, citoyens français, ont les mêmes droits que tous les autres citoyens. Nul n’a le droit d’employer la force pour se faire justice, ni d’expulser quiconque sans une décision de justice.

Les collectifs associatifs nantais dénoncent avec vigueur cet acte qui se situe dans la même ligne que les propos xénophobes de l’été 2010 notamment à l’encontre des Roms et des Gens du Voyage.

C. Guéant nie avoir employé le mot « Roms »