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La clownerie et le rire

Ecrit le 20 avril 2011

 Pour rire ... plus de 2 min par jour

Rire de tout ce qui se fait ou se dit est sot, Ne rire de rien est imbécile.
disait Erasme

Dans le cadre du CLSPD (conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), une action de prévention du suicide a été organisée les 6-7 avril 2011 avec une conférence clownesque et différents ateliers d’expression.

La clownerie
(photo : F.Havard)

Conférence clownesque ? C’était pour parler du rire, en riant, tout en énonçant des choses sérieuses. Deux petites bonnes femmes, dynamiques en diable, ont animé la soirée du 6 avril, revendiquant leur appartenance à un parti … le parti d’en rire, « celui de ceux qui n’ont pas de parti ». Bonnet rouge, nez rouge, trompette, un tuyau de douche comme cordon de téléphone, et du bagout.

Le rire ? Mal vu autrefois. Pour Platon le rire appartient aux « Grimaces de la laideur », il faut le laisser aux fous et aux méchants. Au Moyen-Age on disait que le rire est l’œuvre du diable, car il déforme le corps et le fait trembler, il compromet la maîtrise de soi. On peut pleurer de rire et même pisser de rire. Oh, c’est pas bien !

Au XVIe siècle, avec Erasme et Rabelais, se produit la libération du rire ! Finalement cela ne fait que 500 ans que nous avons le droit de rire ? Avec Spinoza et Voltaire, le rire devient moyen de contestation. Au XIXe siècle, Charles Darwin, en s’intéressant à l’expression des émotions chez les humains, présente le rire comme l’expression primitive de la joie ou du bonheur.

Pour Henri Bergson, « on ne goûterait pas le comique si l’on se sentait isolé. Il semble que le rire ait besoin d’un écho » (…) . Notre rire est toujours le rire d’un groupe. [...] « Le rire doit répondre à certaines exigences de la vie en commun. Le rire doit avoir une signification sociale ».

Alors … rions ! Un peu ? Beaucoup ? D’après les deux comédiennes de La Clownerie, « on riait 19 minutes par jour en 1930, puis 6 minutes en 1980 et maintenant 2 minutes par jour. C’est-à-dire 0,1 % de notre temps ! » Dommage !

Car le rire est un état émotionnel positif.. Quand on rit, on secrète des endorphines et des catécholamines. L’endorphine c’est l’hormone du bonheur, une hormone naturelle anti-douleur, anti-dépression, qui permet à l’organisme de se surpasser. Les catécholamines renforcent les défenses immunitaires de notre corps, attaquent les microbes. Enfin le rire produit de la sérotonine qui favorise le sommeil et chasse les idées noires.

La clownerie
(photo : F.Havard)

Finalement le rire est une morphine naturelle 200 fois plus puissante que les morphines chimiques. Le rire permet une meilleure gestion du stress, régule la tension et la fatigue, augmente la libido et améliore les douleurs chroniques.

Et la conférence se termine en clowneries : des tuyaux représentent le cœur, un ballon rouge évoque le sang frais qui coule dans nos veines, chargé d’oxygène et de nutriments, un ballon gris figure les déchets que produit notre corps. Et tout cela fonctionne avec les comédiennes, dans un grand éclat de rire ! Une bonne soirée !

 Les mots de l’être

L’un des ateliers s’est intéressé au bien-être et au mal-être, aux mots qui les expriment. Dans le champ des positifs, les mots famille, amis, travail, fête ont été relevés : pouvoir se confier, partager des choses ensemble. Mais sans idéaliser : la famille peut être destructrice, le travail peut être épuisant ou dévalorisant. Une « petite amie », ça coûte cher « Mais c’est obligatoire, ça participe à la reconnaissance ». Les participants ont relevé les effets négatifs de l’isolement, le trop peu de liberté des individus dans notre société. Mais n’ont pas hésité à terminer sur une note d’espérance … L’espérance c’est le désir qui nous pousse vers l’avenir…

 Le Germe

Voici une histoire qui s’est passée en Mayenne, non loin de Fougères. En 1997, un rapport médical relève que le taux de suicide sur le territoire de la Com’Com’   de l’Ernée, est plus élevé que la moyenne nationale. Un groupe de réflexion se met en place, réunissant élus, associations et professionnels de la santé et du social. Afin d’enrichir la réflexion sur le thème du mal-être et de ses causes, le groupe fait intervenir un psychiatre, une anthroplogue, un sociologue et un économiste. En 2000, un forum jeunesse est organisé sur le thème du mal-être. Les associations engagées sur ce thème sont présentes : Familles rurales, association d’aide à domicile en milieu rural... SOS paysans, viennent témoigner.

Créée dès 1997, le groupe informel Germe - Groupe d’écoute de rencontre et de mise en relation au pays de l’Ernée - est rattaché au Centre Intercommunal d’Action Sociale de l’Ernée et animé par des bénévoles. Son but : susciter la réflexion et mettre en place des actions de prévention face à des situations de mal-être et d’isolement, en collaboration avec l’ensemble des citoyens et pas seulement les acteurs associatifs, de la santé et du social.

Les actions, appuyées surtout sur du bénévolat, ne nécessitent qu’un petit budget de l’ordre de 3 à 4.000 euros par an, essentiellement destiné à financer les prestations des intervenants extérieurs et leurs frais de déplacement.

 Des veilleurs et des « Pauses-Café » dans chaque commune

Depuis 2001, des Pauses-Café sont organisées dans les communes pour un moment de rencontre convivial. Sur la base de témoignages d’habitants, entre 50 et 100 personnes débattent sur le thème du mal-être. Ces échanges sont animés par un professionnel de la santé ou du social. Chaque année, quatre communes différentes sont concernées.

Un réseau de bénévoles est organisé afin que chaque commune du territoire dispose d’un « veilleur ». Ces volontaires repèrent les personnes en difficultés puis les contactent pour discuter de leurs problèmes. Une fois par mois, les « veilleurs » se rencontrent et font le point sur les situations rencontrées avec l’aide d’un psychologue ou d’un sociologue.

En 2003, l’initiative   de la communauté s’élargit au territoire du département. Un collectif départemental pour la prévention du mal-être et du suicide est créé. « Le message que partagent tous les groupes est celui de la prévention citoyenne », souligne Jacqueline Arcanger, maire-adjoint, ajoutant  : « Chacun peut-être acteur de la prévention sur son territoire, en collaboration bien sûr avec des professionnels qui viennent en appui. »

En juin 2007 est mis en place l’Espace Découvertes et Initiatives (EDI), animé par des bénévoles et l’animatrice du Cias, qui offre des moments de rencontre autour d’activités telles que le jardinage, la cuisine ou le spectacle. « Par cette initiative  , nous souhaitons aider les personnes en situation d’exclusion car éloignées de toute insertion professionnelle. L’objectif est de les mobiliser sur un projet à travers la rencontre avec d’autres personnes », précise Jacqueline Arcanger.

A noter également , depuis avril 2007, une épicerie sociale intercommunale, « La p’tite épicerie » permet non seulement aux familles en difficultés financières passagères d’acheter des denrées alimentaires et produits d’hygiène à moindre coût mais également de les inscrire dans une démarche participative. L’aide alimentaire peut parfois être un facteur mobilisateur d’insertion sociale et ou professionnelle. Un atelier cuisine ouvert à tout public rencontre d’ailleurs un vif succès et privilégie le lien social tout en apportant indirectement un soutien à la gestion du budget des familles.

« Pour mieux prévenir le mal-être, les personnes en difficulté ne doivent plus être seulement des consommateurs mais aussi des acteurs de la vie sociale locale »


Note du 4 juin 2014

Elles n’attendent plus pour réagir !

Micheline Bichon et Salivette Pimpon sont en campagne d’information pour réhabiliter le rire dans notre société, nos relations et notre vie de tous les jours.
Conférencières intarissables, elles amènent le public à être acteur de leur bien-être.
Entre propos scientifique et jeu clownesque, ce spectacle invite à une réflexion collective, en passant par l’histoire, les statistiques et la physiologie du rire.

Voir la VIDEO


NOTES:

Association La Clownerie : http://www.laclownerie.org/lassociation/