Accès rapide : Aller au contenu de l'article |  Aller au menu |  Liste complète des articles  |  Aide  |  Contact |
bandeau

Accueil > Châteaubriant > Environnement, écologie, pollution > La Chère et le Don > L’indigne d’un don

L’indigne d’un don

Ecrit le 4 mai 2011

 L’indigne d’un don

JPEG - 162.5 ko
Le Don à Treffieux

Un langage technocratique à en mettre plein la vue au bon peuple a été relevé dernièrement. Encore la passion du don ...De quoi s’agit-il ?

« Prévoir le curage de la rivière le Don.
Supprimer les barrages inutiles.
Remettre la rivière à 10 m. de largeur.
Les riverains qui l’ont rétrécie doivent la rendre à la première limite... »

Devinez d’où vient encore cette directive ?...Ce plan de destruction systématique aux motivations douteuses !

Première réponse :
C’est l’annexe 5 de la directive-cadre de la loi sur l’eau du 23 octobre 2000.
Mauvaise pioche !

Deuxième réponse :
Ce sont ces fameux lobbies gestionnaires des rivières !
Mauvaise pioche !

Troisième réponse :
Alors, ça ne peut venir que du syndicat d’aménagement du bassin versant du Don, ces sacrés élus, gaspilleurs, de l’argent public.
Encore mauvaise pioche.

Vous donnez votre langue au chat, n’est-ce pas ? Voilà la réponse : Bien antérieure aux syndicats de rivières et à la communauté européenne, c’est tout simplement, l’extrait d’une délibération du conseil municipal de Treffieux en date du 17 juillet 1853.

Il y a 158 ans, il n’était pas question de continuité écologique... Avouons quand même, qu’il existe bien une continuité historique.

Il n’est pas interdit de savourer le (don) d’en rire !

R.Philippot


Ecrit le 11 mai 2011

 Lettre ouverte à René Philippot

ancien maire de Treffieux, ancien président du Syndicat du Don

Mon cher René,

Ton dernier article dans La Mée du 4 mai m’a laissé sur ma faim. On a le droit de polémiquer – et je n’ai pas l’intention de m’en priver car cela fait partie de la démocratie – mais c’est encore mieux quand on emploie des arguments sérieux.

Or s’appuyer sur une « décision » du conseil municipal de Treffieux de 1853 qui préconise de « prévoir le curage de la rivière le Don, supprimer les barrages inutiles »… pour justifier la politique actuelle des gestionnaires de nos rivières tombe très mal.

Tu oublies le contexte politique de l’époque : nous sommes au début du Second Empire qui a commencé par le Coup d’Etat du 2 décembre 1851 et qui a emprisonné ou déchu de leurs fonctions tous les républicains sincères. C’était le début d’un régime autoritaire honni des républicains.

Et tu oublies un autre « détail » : à cette époque, les maires étaient nommés par le préfet, qui était bien sûr à la botte de Napoléon III.

Alors quand tu évoques une « décision du conseil municipal » de Treffieux de 1853, on n’a même pas besoin de consulter les archives de l’histoire locale pour comprendre que le maire, nommé par le préfet, exécute les décisions venues d’en-haut.

On peut donc être d’accord avec toi sur la notion de « continuité historique » : le conseil municipal de Treffieux ne continue-t-il pas à exécuter les décisions venues d’en-haut ?

Quant à la « continuité écologique » qui sert désormais de dogme à nos gestionnaires de rivières, tu sais à quoi elle me fait penser ? Tu vas bondir sur ton siège… elle me fait penser au dogme de « l’immaculée conception », un dogme que l’Eglise n’a imposé qu’à la fin du XIXe siècle.

Pureté de la vierge Marie ou pureté de la rivière… la comparaison n’est pas si bête qu’elle en a l’air, car la « nature » sacralisée a remplacé la religion dans l’esprit de beaucoup de nos concitoyens. Parce qu’il faut bien se raccrocher à quelque chose quand tout s’écroule, qu’on perd son travail, qu’on a perdu la foi de nos ancêtres, que la famille se disloque, qu’on se demande comment on va boucler la fin du mois, qu’en un mot l’individualisme négatif envahit nos consciences et ruine nos solidarités…

Bon, ceci était la réponse polémique à ton article polémique. Mais si on parlait sérieusement des questions de fond concernant notre rivière au nom si prophétique, le « Don » ?

J’en vois trois :

JPEG - 143.9 ko
Le Don à La Mulnais 23 avril 2011

La question de la propriété privée des barrages

Tu poursuis, envers et contre tout, ton combat contre les propriétaires privés des barrages sur le Don. Cette rivière étant classée « non navigable », elle n’a pas été rattachée au domaine public sous l’Ancien Régime. Elle ne l’a pas été non plus sous les différents régimes républicains, même aux époques où les tendances étatistes étaient beaucoup plus fortes qu’aujour-d’hui. Elle ne le sera pas demain…

Ce combat, qui peut se comprendre, est perdu d’avance. Il faut chercher d’autres solutions. D’ailleurs, pourquoi s’en prendre à de petits propriétaires, héritiers d’un site remarquable et attachant, ou acquéreurs de ce site avec leurs économies, alors qu’on fait d’énormes cadeaux à des gens mille fois plus riches qu’eux à travers le bouclier fiscal ou autre combine fiscale ? La défense de la petite propriété est une des constantes de la gauche française depuis la Révolution et surtout depuis le programme agricole du Parti socialiste adopté au congrès de Marseille en 1892 et complété au congrès de Nantes en 1894. Les tendances gauchistes ou étatistes contre toute forme de propriété privée font partie d’un passé révolu.

La question de la bonne gouvernance de l’eau

Il faut donc faire « avec » les propriétaires des barrages et non pas contre eux. Compte tenu de la politique affichée par le Syndicat du Don qui vient de lancer un appel d’offre pour la « Réduction d’impact des ouvrages hydrauliques du Don afin de rétablir la continuité écologique » (marché n°2011/M001) – tu remarqueras le progrès dans la langue de bois depuis le Second Empire : on parlait à l’époque tout bonnement de supprimer les barrages, aujourd’hui on parle de « réduction d’impact » – les propriétaires de moulins et barrages n’ont pas d’autre alternative que de se battre frontalement contre cette politique. J’estime qu’ils ont raison. Sans doute, un jour, en viendra-t-on à une bonne entente entre les gestionnaires de l’eau et les propriétaires des barrages, mais pour cela il faudra changer radicalement la politique de ces mal-nommés « syndicats de rivières ». En fait, il s’agit de services intercommunaux chargés de l’entretien des rivières. Ce sont, en quelque sorte, des cantonniers de la rivière. Mais est-ce aux employés municipaux de décider de notre politique de l’eau ? En démocratie, c’est aux citoyens, à tous les citoyens de décider. Là encore, en France, nous sommes les héritiers d’un pouvoir monarchique qui n’a pas entièrement disparu, malgré les révolutions. Nous pourrions, en matière de bonne gouvernance de l’eau, nous inspirer de ce qui se passe dans d’autres pays.

La question de l’énergie hydraulique

La question décisive qui m’a fait pencher en faveur des défenseurs des vieux moulins à eau et de leurs barrages, c’est la question de l’énergie. On prétend aujourd’hui – avec plus ou moins de conviction, je l’admets – qu’il faudra sortir un jour du nucléaire. Mais alors quelles énergies faudra-t-il mobiliser si l’on veut conserver notre confort, même en faisant toutes les économies possibles ? Et pourquoi ne fait-on plus rien pour mieux capter l’énergie hydraulique ?

Avec ma compagne, nous faisons partie de ceux qui utilisent la géothermie pour se chauffer et qui avons investi dans les panneaux photovoltaïques. Nous en sommes assez déçus : peu de rendement pour de gros investissements. Des contraintes pour EDF : nous payer les kWh cinq fois plus chers que ceux qu’elle nous vend. Combien de temps cela durera-t-il ? Je n’en sais rien. Mais ce que je sais, c’est que malgré nos efforts nous restons entièrement dépendants de l’énergie électrique, même pour ouvrir nos volets. Que se passerait-il en cas de panne générale, suite à un incendie, un attentat ou un séisme ? Notre maison deviendrait invivable sans source d’énergie électrique de proximité.

Et je me mets à penser que si l’ancien barrage de la Fleuriais, tout proche de notre maison – que la municipalité a imprudemment « ouvert » – était transformé en petite centrale hydroélectrique, cela pourrait nous dépanner pour les besoins d’urgence…

C’est à l’avenir qu’il faut penser. En profitant de l’expérience pluriséculaire de nos Anciens : ce n’est pas par hasard qu’ils ont choisi les sites des barrages. Tu le dis toi-même : le barrage de la Fleuriais est placé au terme d’une longue boucle et retient donc une bonne quantité d’eau. Et tu disais toi-même dans ton article précédent qu’il fallait remettre des vannes à ce barrage… le plus tôt possible.

Voilà une base sur laquelle nous pouvons construire ensemble un avenir de réconciliation !

René Bourrigaud <
Nouvel habitant de Treffieux


Ecrit le 11 mai 2011

 Droit de réponse de l’ADEJ

Jean Louis Kléfize, président de l’ADEJ (Association de Défense de l’Environnement Janséen) a lu l’article de René Philippot au sujet du Don. Pour une bonne partie, il est personnellement d’accord avec son analyse, d’autres points sont, pour lui, discutables. Néanmoins il estime que, vers la fin, les propos de René Philippot contiennent une inexactitude et rouvrent un vieille polémique. Il a donc envoyé le droit de réponse suivant :

« L’ADEJ, contrairement à ce qu’a affirmé René Philippot, s’est constituée contre l’établissement d’une décharge par enfouissement sur 40 ha ! (sans aucun aménagement de sécurité écologique, modèle Tougas) à Jans à La Butte Noire - et c’est cela qui a déclenché la création de l’Association de Défense de l’Environnement Janséen. L’ADEJ a aussi reconstruit la Chapelle du Trépas et aménagé l’Ile des Gués, tout en poursuivant son action de veille écologique, d’où sa mobilisation pour le Don.

Je rappellerais que René Philippot, dans Ouest-France du 2 mars 1994 affirmait : « Il n’a jamais été question que nous soyons la poubelle du département. Un centre comme ça peut accueillir 5000 tonnes, 10000 tonnes par an tout au plus ». Devant une telle inexactitude, on peut comprendre que l’ADEJ soit toujours méfiante. Si nos renseignements sont exacts on atteindrait le chiffre de 38 000 tonnes/an ».

JL Kléfize


Ecrit le 18 mai 2011

 Polémique et aban ... Don

Il faut savoir clore une polémique, sous peine de la voir bourgeonner à l’infini. Reprenons simplement quelques points. Pour terminer.

Le statut de la rivière : qu’il s’agisse du Don ou de la Chère, la propriété privée de la rivière n’est plus adaptée et doit être remise en cause, tout comme a été remise en cause la propriété privée des bords de mer. Car :

1- Elle empêche le libre accès, puisque chaque riverain peut l’interdire. Il y en a de plus en plus … On rencontre des murs de clôture avec six et sept rangs de fils barbelés.

2- Elle maintient les privilèges féodaux des propriétaires d’anciens moulins, alors que l’activité n’existe plus. L’eau, substance publique, de plus en plus rare, de plus en plus précieuse, ne doit pas être retenue par des barrages privés, entretenus avec l’argent des contribuables.

Les syndicats de rivières sont dirigés par des élus, sous la responsabilité de conseils d’administration, composés de personnes élues par les citoyens. La démocratie directe, pour séduisante qu’elle soit, ne fonctionne pas, laissant souvent tout pouvoir à une « élite éclairée ». Oligarchie contre oligarchie … tous comptes faits celle des élus est bien préférable car, dans nos pays du moins, elle peut être remise en cause par des élections.

L’action collective (si rare !) est nécessaire pour créer un rapport de force, avant de discuter. Mais elle doit s’appuyer sur des arguments irréfutables et non pas faux ou amplifiés et ne pas brandir des épouvantails sans fondements, dans le but d’ameuter le public. « A mon humble avis, même si l’objectif est noble, on doit rester dans la vérité. Pour moi, j’affirme que la fin ne justifie jamais les moyens. Dans le syndicalisme agricole, je m’en suis éloigné, chaque fois, que la vérité n’était pas respectée » dit René Philippot. Dans le cas du Don, des personnes sont allées voir le barrage de la Fleuriais, s’attendant à le voir détruit, alors qu’il n’en est rien. Des aménagements ont été faits, en expérimentation et il sera toujours possible de remettre une porte si nécessaire.

Des personnes, voire des associations, ont débattu au sujet du Don, par l’intermédiaire de La Mée. Cela ne peut être que positif. Comme dit l’un des interlocuteurs : « On peut être en opposition et même adversaire sur un point, à un moment donné, sans pour cela se haïr. Quand on se dit ce qu’on pense, même en se respectant, ça peut faire mal sur le coup, ça fait aussi réfléchir et avancer ».

Donc arrêtons là … sans pour autant nous désintéresser de la suite des événements !


NOTES:

Ecrit le 11 mai 2011

Treffieux : Au sujet du centre d’enfouissement technique des Brieulles

Le Centre des Brieulles, qui s’est agrandi par rapport au territoire d’origine, est autorisé pour 42 000 t/an jusqu’en 2012 puis 22 000 t jusqu’en 2028. Le tonnage enfoui en 2009 a été de 35 061 tonnes

Les élus ont toujours eu la volonté politique de ne pas se contenter de ce qui était en place en matière de tri et de traitement des déchets mais au contraire d’aller de l’avant en élaborant différents projets afin de toujours approfondir le tri et améliorer les équipements de traitement.

Pour exemple, depuis sa création, le Syndicat Mixte a mis en place sur les déchèteries le tri du bois, des DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques), et généralisé les DMS (déchets ménagers spéciaux), les DASRI (déchets d’activités de soin à risque infectieux) des particuliers, mais aussi investi largement sur le centre de traitement des Brieulles à Treffieux pour le traitement des Biogaz, ou l’amélioration du traitement des lixiviats.

Après l’écocyclerie de La Chevallerais, le SMCNA souhaite ouvrir une seconde écocyclerie à Savenay ainsi que plusieurs boutiques solidaires sur l’ensemble du territoire. Ses activités sont transparentes et peuvent être consultées sur son site internet : http://www.smcna.fr/