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Grèce : avec la génération sacrifiée

Ecrit le 22 juin 2011

 Une histoire de dette

La situation en Grèce continue de retenir l’attention et de tétaniser les investisseurs. Le Parti socialiste grec, le Pasok, est aujourd’hui majoritaire au Parlement, mais impuissant : le mouvement social (des « indignés » de la place Syntagma aux salariés mobilisés par les organisations syndicales), ne faiblit pas et exige un moratoire sur le remboursement de la dette, et l’arrêt des plans d’austérité et de privatisation. De plus en plus de jeunes, conscients d’appartenir à une « génération sacrifiée » descendent dans la rue en manifestant mais aussi en chantant et dansant. La peur changerait-elle de camp ?

Le peuple grec, contrairement aux banques grecques, n’a rien à voir dans l’explosion de la dette publique. Il a continuellement été tenu à l’écart de ce qui se tramait jusqu’au jour où on lui a demandé de payer l’addition.

– La dette publique contractée par les colonels grecs entre 1967 et 1974 est-elle légitime ?

– La dette publique contractée pour les J.O. d’Athènes de 2004, alors que les coûts initiaux ont été multipliés par 10 pour le plus grand profit des spéculateurs, est-elle légitime ?

– La dette publique contractée pour financer le plan de sauvetage des banques grecques en 2008 et 2009, dont le montant est, comme dans tous les pays européens, un véritable secret d’Etat, est-elle légitime ?*

– La dette publique (les 140 milliards de prêts de l’UE et du FMI), contractée en 2010 et 2011 pour sauver les grandes banques européennes de la faillite, est-elle légitime ?
L’augmentation des déficits publics et donc de la dette publique, due au refus de diminuer le montant des dépenses d’armement pour satisfaire les marchands de canon américains et européens, est-elle légitime ? Est-elle légitime alors-même que le Premier ministre turc, avait essuyé un refus définitif lorsqu’il s’était rendu, début 2010, à Athènes pour proposer une réduction de 20 % du budget militaire de chacun des deux pays ?
 
C’est au peuple grec, et à lui seul, d’en décider.

 Le jeu pervers des agences de notation

(Selon Marianne) Dans plusieurs aver-tissements convergents, les désormais célèbres agences Standard & Poor’s, Moodys et Fitch, qui n’avaient rien trouvé à redire des produits subprimes jusqu’en 2007, ont annoncé qu’à la moindre modification dans les termes des obligations d’Etat, elles déclareraient la Grèce en « défaut de paiement », ce qui interdirait à Athènes de lever le moindre euros sur les marchés, ruinerait les banques et l’économie grecques, et poserait aussi quelques problèmes aux grandes banques allemandes et françaises.

Pire encore, en cas de défaut, c’est un comité de 15 banquiers qui déciderait souverainement d’honorer les CDS, (crédit défaut swap) ces produits financiers complexes qui ont permis aux spéculateurs d’attaquer la Grèce. 5,2 milliards d’euros de CDS ont été souscrits, et c’est autant de profits faciles qui seraient réalisés. Et les Etats n’y peuvent rien, car ce comité ne reconnaît aucune autre autorité que lui-même. La finance a créé sa propre loi et sa propre justice. Et les institutions politiques européennes acceptent d’être liées par le jugement d’organismes privés. Jusqu’à quand ?