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Mée-disances de juin 2011 (2)

Ecrit le 15 juin 2011

 Ferry : éthique en toc

Le Canard Enchaîné du 08/06 : « Le mauvais élève Luc Ferry est convoqué, ce mercredi 8 juin, par le président de la fac. S’il ne se présente pas, l’université est bien décidée à lui réclamer le remboursement de son salaire - 4.499 euros net par mois - pour toute l’année scolaire« (2010-2011). Depuis 1997, Luc Ferry est employé et payé (sauf quand il était ministre) comme professeur des universités à Paris 7 (...) mais les ministres de l’Enseignement successifs l’ont dispensé d’assurer ses cours en raison des charges qui lui étaient confiées par ailleurs ».

« La procédure est parfaitement légale, juste un chouïa complaisante. Car les charges qui incombent à notre philosophe ne sont pas trop accablantes », ajoute le journal qui rappelle que « depuis 2004, (Luc Ferry) est président délégué du Conseil d’analyse de la société, un comité Théodule chargé de pondre des rapports pour Matignon ». Cette « dispense a pris fin le 30 septembre 2010 », date à laquelle l’ancien ministre de l’Education nationale « a donc obligation de disserter pendant 192 heures par an » devant des étudiants.

Mais M. Ferry ne s’est jamais présenté, tout en continuant de toucher son salaire malgré trois courriers du président de Paris 7 qui lui rappelle « l’obligation d’effectuer son service d’enseignant statutaire, comme les autres professeurs de l’université (...) ».

Ndlr : le ferry s’envase !

 Hortefeux, le retour

Le Nouvel Observateur du 07/06 : Brice Hortefeux est jugé en appel ce mardi 7 juin pour atteinte à la présomption d’innocence. Le 17 décembre 2010, Brice Hortefeux avait été condamné à 1 euro de dommages et intérêts pour atteinte à la présomption d’innocence de David Sénat, ex-conseiller de l’ancien ministre de la Justice Alliot-Marie. […] . La même chambre doit être saisie d’une autre affaire d’atteinte présumée à la présomption d’innocence visant Brice Hortefeux, attaqué cette fois par Riadh Hennouni, un Français suspecté d’avoir fait le jihad en Afghanistan. […]

Le 9 juin Brice Hortefeux comparaitra devant la chambre 2-7 de la cour d’appel pour injure raciale, pour des propos jugés « outrageants » envers les personnes d’origine arabe. L’ancien ministre avait été condamné le 4 juin 2010 à une amende de 750 euros après la diffusion d’une vidéo qui le montrait tenant des propos racistes pendant qu’il posait avec un jeune militant, Amine, né de père algérien, lors de l’université d’été de l’UMP. Une militante expliquait à Brice Hortefeux qu’Amine mangeait du cochon et buvait de la bière, le ministre rétorquant : « Ah mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype ». Puis il ajoutait : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ».[…] La 17e chambre avait relaxé Hortefeux pour la première phrase, mais considéré que la seconde était « incontestablement outrageante pour des personnes »présentées négativement, du seul fait de leur origine".

 La diagonale « fou du roi »

Le Point.fr du 06/06 :. Stéphane Bern quitte France Inter et rejoint RTL à la rentrée. Il animera un rendez-vous en fin de matinée. Ce transfert n’est pas une surprise tant, Stéphane Bern semblait décidé à s’éloigner de Philippe Val, avec lequel ses relations n’ont jamais été heureuses.

Stéphane Bern assure ne pas craindre de « remettre son titre en jeu » alors que Le fou du roi fonctionne très bien sur France Inter. […] « L’année qui vient est une année de campagne présidentielle. Quoi qu’il arrive, pour les émissions d’humeur, ce sera une année difficile. Je veux pouvoir la passer sereinement et continuer à prendre du plaisir. »

 Niveau CM2

Invité de l’émission de Bourdin sur RMC et BFM TV, le ministre de l’Education nationale a été collé par une question de niveau CM2. Le problème est tiré du cahier d’évaluation soumis aux élèves. « Dix objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent quinze de ces objets ? » demande le journaliste. Luc Chatel hésite, puis lâche… 16,50 euros ? S’il connaissait sa règle de trois, le ministre aurait pu répondre « 33 ». « Vous me sécherez toujours sur une question comme ça, se défend-il. Ça montre qu’on peut être ministre et se tromper. J’assume pleinement. »

Pour résoudre l’équation du recrutement des professeurs pour la rentrée, il devrait vérifier à deux fois sa copie.

 Deux tiers

Le ministre Claude Guéant s’est aussi emmêlé les pinceaux dans une histoire de statistiques. Ce qui a inspiré le comité de défense de la statistique publique qui écrit : « Les ministres du quinquennat 2007 ont deux fois plus de chance de ne pas maîtriser la règle de trois que les autres. Ainsi, selon la règle Guéant, les deux tiers des Français qui ne maîtrisent pas la règle de trois sont des ministres. » (1)

 Liliane B...

Mediapart du 07/06 : Le juge d’instruction bordelais Jean-Michel Gentil, accompagné de policiers et de médecins experts, est arrivé mardi 7 juin à 8h chez Liliane Bettencourt, (88 ans), pour vérifier son état de santé. L’héritière de L’Oréal avait décliné récemment deux convocations de Jean-Michel Gentil qui voulait l’entendre comme témoin, dans le cadre de l’information qu’il mène contre X pour trafic d’influence passif commis par une personne investie d’un mandat électif public, financement illicite de parti politique ou de campagne électorale, notamment.

Dans un courrier en date du 3 juin, Liliane Bettencourt avait réitéré l’impossibilité médicale pour elle de se rendre à ce rendez-vous. La vieille dame a fait connaître par ailleurs sa préférence pour une audition à domicile, à Neuilly, et de disposer des facilités dont peuvent bénéficier les personnes malentendantes.

Ndlr : il faut avoir des égards pour les vieilles dames assujetties au RSA  .

 Biens mal acquis

leMonde.fr du 10/06 : Les détournements d’argent opérés par les familles Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ont alimenté les révoltes au nord de l’Afrique, et une colère similaire se développe sur le reste du continent. Ces réflexes légitimes sont encouragés par les discours occidentaux prônant la « bonne gouvernance ».

Mais le Parquet de Paris, soumis statutairement au pouvoir exécutif, vient de refuser à deux juges d’instruction l’autorisation d’élargir leurs investigations dans l’affaire des « biens mal acquis ». Saisis d’une plainte déposée en 2008 pour « recel de détournement de fonds publics » à l’initiative   des ONG Transparence internationale et Sherpa, les deux magistrats possèdent déjà un inventaire des achats suspects, notamment immobiliers, effectués en France par les familles des présidents du Congo-Brazzaville, du Gabon et de la Guinée équatoriale.

Leurs investigations viennent de révéler que ces transactions s’étaient poursuivies. Par exemple, Ali BONGO actuel chef d’un État dont 20 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour, a acheté une « Continental Flying speed », bolide de 2,5 tonnes, capable d’atteindre 322 km/h, et coûtant plus de 200 000 euros. Les juges d’instruction avaient besoin du feu vert du Parquet pour enquêter sur ces opérations récentes et déterminer l’origine des fonds. Le refus du Parquet est sans appel alors que policiers et douaniers ont établi de nombreux faits troublants. […]

Nicolas Sarkozy peut-il soutenir les peuples arabes en révolte contre leurs dirigeants corrompus, alors que son ministre de la justice couvre pareille interdiction d’enquêter sur les « biens mal acquis » dans ces trois pays producteurs de pétrole et « amis » de la France.

Rappelons que la France a ratifié la convention de l’ONU contre la corruption (2003), qui fait de la restitution des avoirs frauduleux un principe du droit international. Il est temps de la mettre en œuvre concrètement.


Ecrit le 22 juin 2011

 Du Chatel à moitié ?

Le Canard enchaîné du 15/06 : sénateur UMP de la Haute-Marne, Bruno Sido craint de ne pas retrouver son fauteuil en sep-tembre par la faute du ministre Luc Chatel. Car, note-t-il, la politique de suppression de milliers de postes dans l’Education nationale indispose élus des petites communes et autres grands électeurs, qui n’apprécient guère les fermetures de classes ou d’écoles : « pour quelques voix, un sénateur risque de ne pas être réélu, et la majorité du Sénat peut basculer ».

Le danger selon lui est d’autant plus grand que les sénatoriales auront lieu au lendemain de la rentrée des classes, en septembre. D’où sa solution lumineuse : geler les suppressions de postes dans la moitié des départements soumis à renouvellement sénatorial, et les reporter après les élections… !

Son argument : « il faut quand même être intelligent et savoir faire un peu de politique. »

 Médecins en zones rurales

Les Echos rend compte de l’édition annuelle de l’Atlas de la démographie médicale, dévoilé par le Conseil national de l’Ordre des médecins : « le Conseil sou-ligne avec satisfaction qu’un nombre signi-ficatif de jeunes médecins s’installent dans les zones rurales ». « Ces jeunes diplômés qui ont choisi d’être médecins de campa-gne ont été plus d’une centaine, soit 23% de ceux qui ont choisi l’activité libérale. Mais ces derniers ne représentent eux-mêmes que 9,4% des 5.392 médecins nouvellement inscrits en 2010 ».

Selon le journal « 70% des jeunes préfèrent une activité salariée » ; « la démographie médicale reste préoccupante avec plus de médecins partant à la retraite que de praticiens s’installant ».

Pour le président du Conseil de l’Ordre, le CESP, Contrat d’Engagement de Service Public, annoncé en décembre par Nicolas Sarkozy, est un échec : «  seuls 200 contrats ont été signés. En échange d’une bourse de 1 200 € par mois accordée à 400 étudiants, les bénéficiaires devaient s’engager à travailler en désert médical ».

 Bloggeuse fantôme

Libération.fr du 14/06 : Un Américain de 40 ans étudiant en Ecosse a avoué se cacher derrière la jeune lesbienne bloggeuse de Damas, devenue icône du mouvement démocratique en Syrie, semant la colère parmi ceux qui avaient soutenu l’opposante et illustrant une nouvelle fois les dérapages de la Toile. […]

La bloggeuse était en fait Tom MacMaster, un barbu américain de 40 ans qui étudie en master à l’Université d’Edimbourg, en Ecosse. « Je n’aurais jamais cru provoquer ce niveau d’intérêt », écrit–il dans une « lettre d’excuses aux lecteurs » . […]
Le faux blog soulève une nouvelle fois la question de la fiabilité des réseaux sociaux sur internet, largement utilisés dans le cadre de la couverture du « Printemps arabe », où l’accès à l’information sur le terrain est très restreint. […]

 Communes hors la loi

L’Humanité.fr du 16/06 : La Fondation Abbé Pierre a établi son palmarès tri-annuel des constructions de logements sociaux, montrant que plus de la moitié des communes ne remplit pas les objectifs fixés par la loi. Trois ans après la publication de son premier palmarès en février 2008, la Fondation a souhaité refaire le point sur l’application de l’article 55 de la loi Solidarité et Renouvellement Urbains (SRU), en vigueur depuis 2000, qui impose aux communes de disposer d’au moins 20% de logement sociaux sur leur territoire. Sur les 682 communes de plus de 50.000 habitants concernées par l’étude, 343 (soit 50,3%) n’atteignent pas leur objectif de construction de logements sociaux. Le nombre de mauvais élèves est cependant en diminution car il était de 60,4% il y a trois ans.

Le palmarès de la fondation met à l’honneur Béziers, Grenoble, Quimper, Annecy et Lyon qui ont dépassé leurs objectifs de construction de logements sociaux. A l’inverse, Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), Hyères (Var), Toulon et Nice sont montrés du doigt. Interrogé dans Le Parisien, le secrétaire d’Etat au Logement, Benoist Apparu affirme que l’objectif national de 75.000 logements sociaux construits sur trois ans a été dépassé (122.000). « Je n’exclus pas d’infliger des sanctions plus fortes aux villes qui se mettent volontairement hors la loi », assure M. Apparu. Ndlr : chiche !!!

 Sieste à Fukushima

Liberation.fr du 16/06 : Une préfecture japonaise a trouvé un moyen pour écono-miser l’électricité devenue rare depuis l’accident nucléaire de Fukushima : inciter les fonctionnaires à faire la sieste après le déjeuner, ce qui permettra d’arrêter provi-soirement les systèmes d’air conditionné fonctionnant à plein pendant l’été.

Le tsunami du 11 mars a entraîné l’arrêt d’une quinzaine de réacteurs nucléaires dans le nord-est du Japon, et le fonctionnement de plusieurs tranches a été suspendu par précaution. Moins de 20 des 54 réacteurs du Japon sont actuellement exploités, d’où des mesures pour faire face au pic de consommation estival.

Au pays du travail roi, l’administration ne compte toutefois pas offrir ces deux heures de sieste quotidiennes : elles seront déduites du temps de vacances.

Ndlr : interdit de rêver pendant la sieste !

 Soutien scolaire privé

Lemonde.fr du 16/06 : Au pays de l’école gratuite, les familles françaises consacrent, au total, 2,2 milliards d’euros en aide aux devoirs chaque année. Le marché de l’aide aux devoirs montre que les élèves français sont devenus des clients comme les autres. Ils seraient jusqu’à deux millions à consommer des cours privés, faisant de la France la championne d’Europe de la discipline. En cause : la course aux diplômes, les comparaisons internationales peu flatteuses, les coupes budgétaires de l’éducation nationale, mais aussi un enseignement de plus en plus théorique à l’école, laissant aux parents le soin d’encadrer les exercices. Les tarifs - autour de 35 euros de l’heure - expliquent l’arrivée de plusieurs plates-formes de soutien scolaire en ligne, meilleur marché.

Les 2 heures offertes aux élèves en difficulté depuis 2007 du primaire au lycée n’y changent rien. Le marché continue de progresser. « Nous sommes entrés dans l’ère de la marchandisation de l’offre scolaire, où les élèves et leurs familles deviennent des clients comme les autres, s’inquiète M. Bray, directeur du Centre de recherche en éducation comparée de l’université de Hongkong. Après quatre ans de recherches, ce professeur a remis à la Commission européenne, le 30 mai, un rapport intitulé » Le défi de l’éducation de l’ombre ".

 Lapidation

20minutes.fr du 17/06 : Selon le site ynetnews.com, un tribunal rabbinique ultra-orthodoxe de Jérusalem a récemment condamné à mort par lapidation un chien errant. Son tort ? Etre la réincarnation d’un avocat laïque qui avait insulté les juges religieux il y a vingt ans. Le chien serait entré dans le tribunal en charge des litiges économiques, dans le quartier juif ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem. Là, il aurait effrayé ses occupants et refusé de quitter les lieux malgré leurs tentatives de chasser l’animal.

Un des juges s’est alors souvenu de ce célèbre avocat laïque qui, vingt plus ans tôt, avait été maudit par le tribunal, et condamné à être réincarné en chien, une créature considérée comme impure par la Halakha, la tradition religieuse juive. L’audacieux chien-avocat a alors été condamné à mort par lapidation. Pour la petite histoire, l’animal a finalement réussi à échapper aux enfants du quartier chargés d’exécuter la sentence.

Une association pour la défense des animaux a décidé de porter plainte.

(1)

 Le tiers de deux tiers - Note du 6 juillet 2011

On le savait depuis un mois, mais c’est
désormais officiel : quand Claude
Guéant, ministre de l’Intérieur, affirmait
au micro d’Europe 1 le 22 mai, que
deux tiers des enfants en échec sco-
laire étaient des enfants d’immigrés, il
disait n’importe quoi. Quand, ensuite, il
disait tenir ça d’une étude de l’INSEE,
il mentait. Et quand un journaliste disait qu’il se trompait, il faisait porter un
droit de réponse par un motard de la
République pour confirmer ses propos,
il s’enfonçait.

L’INSEE savait bien que le ministre
avait tort. Mais contredit-on un ministre ? La question s’est posée pendant un mois ! Il a fallu que les syndicats s’en mêlent. Jugeant que le silence de l’INSEE en faisait un complice de l’entreprise de désinformation
du ministre, et mettait en cause l’indépendance et la réputation de l’institut
statistique, les représentants du personnel ont réagi.
Et l’INSEE a déclaré que « la proportion d’enfants d’immigrés parmi les
élèves sortis sans qualification de l’enseignement secondaire peut être estimée à 16% » (il s’agit des enfants dont les
deux parents sont immigrés. Si on y
ajoute les enfants dont un seul parent
est immigré, le pourcentage monte à
22 %).

M. Guéant : deux tiers, cela fait 66 %
22 % c’est trois fois moins que deux
tiers ! Et l’explication des échecs n’est
sans doute pas à rechercher du côté
de « enfants d’immigrés », mais plutôt
du côté de « famille défavorisée ». Ces
familles, en effet, n’auront jamais les
moyens d’offrir aux enfants des cours
particuliers, des livres chers, des visites de musée à Paris ...
L’inquiétant dans cette affaire c’est de
voir un membre du gouvernement por
ter atteinte à la réalité des chiffres, et à la confiance que l’opinion accorde à la parole publique.