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Accueil > Châteaubriant > Entreprises > Politique économique, soutien à l’emploi > Emploi- situation locale > ANPE : 97 offres d’emploi, plus une

ANPE : 97 offres d’emploi, plus une

J’ai déjà eu l’occasion de vous dire que je me suis inscrite sur le site internet de l’ANPE. J’ai changé de sexe, j’ai rajeuni et j’ai proposé mes services dans un métier « en tension » (comme ils disent) où les entreprises réclament à cor et à cri des salariés. Je me suis même inscrite trois fois comme manœuvre-maçon, maçon hautement qualifié, chef d’équipe, maçon VRD et tous corps de bâtiment, demandant à recevoir les offres récentes dans la région de Châteaubriant et sur la Loire-Atlantique.

Entre le 23 novembre 2006 et le 8 janvier 2007, j’ai reçu 97 offres. Plus une. La petite dernière est adorable : c’est l’offre 244727A, l’offre du siècle, jugez-en :

– Lieu de travail  : CHATEAUBRIANT
– Type de contrat : CDI
– Expérience DEBUTANT ACCEPTE , URGENT
– Salaire indicatif : HORAIRE 8,27 Euros
– Durée hebdo 1H00 HEBDO

Oui, vous avez bien lu : un contrat CDI (bravo !) pour une heure par semaine. « Vous travaillerez 1 H/SEM, et ferez de la mise en rayon en devant de caisses, des chocolats « F... » dans un super-marché de Châteaubriant » .

Eh oui, ce genre d’offre existe. On trouve même à Châteaubriant des offres pour des hôtesses de salon embauchée pour une journée, pour occuper les messieurs.

Bon, voyons maintenant les 97 offres que j’ai reçues entre le 23 novembre et le 8 janvier inclus.

4 offres seulement sur Châteaubriant-Villepôt, pour des contrats de 6 mois chacune.

Les plus proches ensuite sont à Blain (une offre) , Ancenis (3) , Nort sur Erdre (1), Saffré (1), Trans sur Erdre (1) .

Toutes les autres (86 offres sur 97) concernent la région Nantes-St Nazaire. On nous dit pourtant que la région de Châteaubriant a de nombreuses offres de travail en maçonnerie. On les voit où, ces offres ?

La plupart des entreprises proposent 35 heures/semaine, mais on sait bien qu’il y a [parfois ?] une différence importante entre la promesse et la réalité.

Les offres proposées sont très diverses : poseur de panneaux publicitaires, canalisateur, calorifugeur, superviseur-écha-faudeur, bancheur, enduiseur, etc.

C’est au niveau des contrats de travail que l’examen est le plus intéressant :

Sur 97 offres, on compte 60 offres de travail à temps partiel : de 2 jours à 6 mois. Deux jours, oui, deux jours, on trouve une offre ANPE, sur informatique pour 2 jours de travail. On trouve quand même deux offres à 24 mois, pour un couvreur ... en apprentissage.

Les CNE (contrats nouvelle embauche) sont mentionnés 3 fois sur 97. Mais une offre peut être « CDI » et se transformer en « CNE » sur le terrain.

Les exigences des employeurs sont parfois incroyables : réclamer un chef d’équipe ayant 10 ans d’ancienneté et ne lui promettre que deux mois de travail.

36 offres sur 97 annoncent le SMIC (8,27 € soit 1254 € bruts) et 31 offres proposent jusqu’à 1500 € bruts : cela fait donc 67 offres sur 97 en dessous de 1500 euros bruts.

Des petits malins proposent : « de 8,27 € à 10,81 € » pour un contrat d’un mois. Les 10,81 € vous y croyez ?

Un petit rigolo propose, lui, la fourchette :
8,27 - 8,28 €, pour un contrat de 9 mois « contrat de professionnalisation jeune ».

Les salaires les plus élevés relevés : 1500-2000 euros pour un couvreur en CDI et 1440-1970 € pour un chef d’équipe.

 Groupement d’employeurs ?

Quand on voit tous ces contrats à durée limitée, qui trouvent sûrement difficilement preneur, on se demande pourquoi le secteur du bâtiment n’a pas encore lancé une structure genre « groupement d’employeur » qui mettrait du personnel qualifié à disposition des entreprises, garantissant à la fois la sécurité de l’emploi (et un salaire correct) aux salariés, et la certitude de trouver du personnel pour le bâtiment.

A propos, deux choses encore à signaler :

– ils ne sont pas rares les salariés des Pays de l’Est qui travaillent en groupe et « fondent » tout-à-coup sur un chantier comme un essaim de mouches sur un morceau de viande. Il arrive même qu’ils arrivent ainsi à enlever un chantier à une équipe qui l’avait déjà.

– il n’est pas rare non plus de voir des entrepreneurs du bâtiment qui paient leurs salariés très tardivement. Et ceux-ci, quand ils en arrivent au licenciement, s’aperçoivent qu’ils n’ont pas été déclarés et qu’aucune cotisation n’a été versée, ni à l’ASSEDIC ni à la Caisse de Congés Payés....

Ainsi, malgré tout ce qu’on nous raconte, les temps sont durs pour les travailleurs.

B.Poiraud


Ecrit le 17 janvier 2007 :

 La Suisse manque de bras

D’après le journal Le Temps, du 9 janvier, « La Suisse manque cruellement de personnel qualifié », explique Charles Bélaz, directeur général de Manpower Suisse. A tel point que « plus de 50% des entreprises éprouvent des difficultés à recruter le personnel adéquat pour pourvoir les postes vacants ou en créer de nouveaux »

« Toutes les branches sans exception manquent de main-d’œuvre. La pénurie est particulièrement aiguë pour les postes qualifiés et hautement qualifiés », estime pour sa part Michael Agoras, patron d’Adecco Suisse.

 Plus assez d’étrangers

Toujours est-il que, dans certains secteurs, la pénurie devient critique, comme dans l’horlogerie, la finance, la pharma et la chimie. Sans parler des technologies de l’information et des ingénieurs. « Les entreprises ont beaucoup engagé à l’étranger grâce à la libre circulation des personnes, mais cette manne s’avère désormais insuffisante », selon Charles Bélaz, qui ne considère pas que la démographie ait eu un rôle aggravant.

Même dans le commerce de détail, un manque de bouchers et de spécialistes de l’habitat et du jardinage se fait sentir. Chez Migros Genève, qui a engagé l’an passé 440 personnes, on a parfois des difficultés à trouver des vendeurs, notamment dans les secteurs des fruits et légumes, des produits laitiers et de la poissonnerie. Chez Swiss, c’est dans la maintenance technique des avions que des difficultés apparaissent.

Comme en 2000, certaines entreprises n’hésitent plus à offrir des primes à leurs employés s’ils les aident à trouver la perle rare. Ces rémunérations oscillent entre 500 et 3000 francs. A Zurich, près de 5 % des postes seraient repourvus de la sorte, d’après la NZZ. Depuis l’an dernier, Gétaz Romang offre une prime de 500 francs à tout employé qui propose une candidature valable et qui aboutit à un engagement.

Autre solution, plus onéreuse : passer par des sociétés de chasseurs de tête.

 Réflexion

Cet article du journal suisse donne à réfléchir. Pour un peu il accuserait les salariés potentiels de n’avoir pas fait le nécessaire pour être qualifiés juste à temps, juste comme l’entreprise en a besoin.

Et en même temps les entreprises passent leur temps à déqualifier la main d’œuvre, à sous-payer les gens qualifiés, à embaucher quelques apprentis (parce que ça fait de la main d’œuvre facile) mais à ne pas faire l’effort d’offrir massivement des « contrats de qualification ». Les entreprises se désintéressent des jeunes diplômés qu’elles embauchent presqu’exclusivement en intérim. Ce n’est pas comme cela qu’on peut motiver des jeunes.

On nous dira que les jeunes ne tiennent pas dans les entreprises. C’est vrai. Mais cela correspond aux refrains à la mode : « bougez, faites preuve de mobilité, accroissez votre expérience en changeant d’entreprise ». C’est bien ce qu’ils font ! Mais alors on leur reproche d’être instables.

Mobiles ou instables ?