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Les mots de la faim

Ecrit le 29 juin 2011

 Les mots de la faim

La distribution gratuite de nourriture en Europe a été lancée pour la première fois,
dans l’urgence, lors de l’hiver exceptionnellement froid de 1986. A cette époque, l’Europe disposait de stocks excédentaires de
produits agricoles. Ils furent donnés à des
associations caritatives se chargeant de
leur distribution aux plus démunis. Mais,
lors de la réforme de la PAC (politique agricole commune) en 1990, ces stocks européens furent supprimés.
L’Europe remplaça les stocks par une enveloppe financière représentant 1% du
budget de la politique agricole de l’Union
Européenne, soit 500 millions d’euros attribués aux Etats de l’UE qui les répartissent
entre les associations distributrices.

Mais, l’Allemagne et la Suède, ont déposé
une plainte devant la Cour Européenne de
Justice disant que ces 500 millions d’euros
constituent, selon elles, une aide financière
purement sociale qui "aurait perdu tout lien
avec la politique agricole commune" et qui
enfreint les principes de l’OMC (Organisation mondiale du commerce).
La Cour européenne de Justice leur a
donné raison en avril dernier. La Commission n’a pas fait appel. Et, le 21 juin,
elle a décidé de réduire l’allocation au programme d’aide alimentaire destiné aux plus
démunis des Européens : de 500 millions,
l’aide serait ramenée à 113 millions en 2012
Selon plusieurs associations caritatives, la
baisse drastique de l’aide aux plus démunis
pourrait priver au moins 2 millions d’Européens de l’aide alimentaire dont ils ont
besoin. Depuis 1987, le Plan Européen
d’Aide aux plus Démunis (PEAD), a permis
d’apporter une aide alimentaire à plus de
13 millions de personnes dans 19 des 27
États membres.

Pour les Restos du Cœur, cette aide représente aujourd’hui 23% des produits que les
bénévoles distribuent chaque jour à 850
000 personnes accueillies. Selon les
estimations, 43 millions de personnes dans
l’Union Européenne sont menacées par la
pauvreté alimentaire. Et dire qu’elles
s’obstinent à vouloir manger ! Non mais,
quel toupet ! L’Europe se soucie de
l’orthodoxie financière et du sauvetage des
banques mais pas de la nourriture des
êtres humains !

 Passe-passe

N. Sarkozy a annoncé, le 21 juin, un gel
des fermetures de classes en primaire en
2012 ! Un « tour de passe-passe » à l’approche des élections présidentielles de
2012. Depuis plusieurs mois, parents et enseignants, relayés par les maires et
conseillers généraux, manifestent contre
les suppressions de postes, principalement
dans le primaire, qui risquent de fragiliser
davantage les zones rurales et de montagne. Selon le budget de l’Etat 2011, près
de 16 000 postes, quasiment tous de professeur, vont être supprimés à la rentrée -
dont 8 967 dans les écoles publiques -
après 50 000 suppressions de 2007 à 2010
(sur environ 850 000 enseignants). Les
suppressions de postes dans le primaire,
qui devaient entraîner, à la rentrée 2011, 1
500 fermetures de classes, au moment où
les écoles accueilleront 4 900 élèves de
plus, « seront compensées par des créations de postes » indique Le Figaro, après
l’annonce de M. Sarkozy.
Pour 2012, selon un rapport du ministère
du budget, l’éducation nationale devrait
perdre 14 000 postes.

 La fin du Samu

Le Samu social, soumis à des restrictions
budgétaires par l’Etat, a annoncé qu’il fermerait le 30 juin son seul centre d’hébergement d’urgence parisien accueillant des
femmes, « une population tout particulièrement vulnérable ». Le Samu social est financé à 92% par l’Etat.
Quant aux centres d’hébergement, c’est-à-
dire accueillant des précaires dans leurs
murs, ils sont « totalement saturés », selon la
mairie de Paris, qui estime "qu’il manque
13.000 places en Ile-de-France".


Ecrit le 26 octobre 2011

 100 milliards et un demi-milliard

100 milliards d’euros : c’est la somme sur laquelle se sont accordés les Etats membres de l’UE pour recapitaliser les banques européennes, selon la ministre autrichienne des finances, Maria Fekter. Cette enveloppe, qui doit s’ajouter aux 50 milliards d’euros déjà levés par les banques entre janvier et avril et aux fonds levés depuis sur le marché, concernerait une soixantaine des principales banques de l’Union. La recapitalisation des banques est un sujet majeur du sommet européen de Bruxelles le 23 octobre 2011.

 Un demi-milliard

En 2011, le programme européen d’aide aux plus démunis est de 480 millions d’euros pour l’Europe. Il permet d’apporter de l’aide alimentaire à 13 millions de personnes. Il correspond à 1% du budget de la PAC (politique agricole commune) et représente environ 1 euro par Européen.

En France, le programme est de 72 millions d’euros. Il aide près de 4 millions de personnes à se nourrir par l’intermédiaire de quatre associations (Banques alimentaires, Croix-rouge, Restos du cœur et Secours populaire   français).

Pour 2012, la Commission européenne a décidé que, pour l’Europe, le budget sera diminué de plus de 75% : le programme passera de 480 à 113 millions d’euros. Pour être ensuite peut-être menacé de disparition. La part de la France sera amputée de près de 80%, tombant de 72 à 15 millions d’€uros.

Pour le Secours Populaire   qui apporte une aide alimentaire à 1,3 million de personnes, ce programme représente plus de la moitié des produits distribués. Derrière les chiffres se cache la détresse d’enfants et de familles, de personnes âgées, de chômeurs, de travailleurs pauvres, de jeunes... Cette restriction aurait des conséquences dramatiques sur le quotidien des personnes déjà victimes de beaucoup trop de privations. Le « Livre porte-voix de la pauvreté » édité par le Secours populaire   en octobre 2010, en témoigne : des familles avec enfants dont le frigidaire est vide le 15 du mois, car il faut payer le loyer, les factures... ; les pensions de retraites insuffisantes pour s’alimenter correctement après toute une vie de travail... Qu’arrivera-t-il si plus de la moitié de cette aide disparaît ?

 Syndicats européens

« Le secteur financier est à l’origine de la crise. Les citoyens la paient. Ce sont eux qui créent la croissance et paient des impôts. Ce sont eux qui sauvent l’euro et les banques. Plutôt que de reconnaître la valeur de leurs efforts, leurs droits sont attaqués. Les travailleurs attendent des responsables et des institutions européens qu’ils agissent pour davantage de démocratie et non pour miner l’Europe sociale, les droits syndicaux et les droits du travail, y compris les négociations collectives » dit la Confédération Européenne des Syndicats


Ecrit le 23 janvier 2013

Aide alimentaire : un euro par an

Banque alimentaire, Croix Rouge  , Restos du Cœur, Secours Populaire   : les quatre associations françaises d’aide alimentaire se sont unies à leur homologue allemand, Die Tafeln, pour porter leur message auprès du Président du Parlement européen, Monsieur Martin Schulz, qui les a reçues, à Bruxelles, mercredi 9 janvier et qui a affirmé son soutien à la cause des plus démunis. Il s’est prononcé pour le vote d’un budget à la hauteur des besoins, c’est-à-dire au moins équivalent au budget actuel, considérant que l’Europe se doit de rétablir un équilibre social.

Les cinq associations saluent cette initiative   fortement symbolique, claire et courageuse et restent résolument mobilisées afin d’obtenir un vote favorable des chefs d’Etats à la veille du Conseil européen des 7 et 8 février prochain durant lequel le budget du futur programme sera discuté.

Elles ont avancé les chiffres d’une augmentation toujours plus inquiétante du nombre de personnes venant chercher de l’aide : plus de 10% par rapport à l’année passée. Ce constat alarmant s’inscrit en contradiction forte avec la volonté de certains Etats de supprimer ce programme bénéficiant à 18 millions d’Européens depuis plus de 25 ans et dont le coût n’est pourtant que d’un euro par an et par Européen.

Si le Conseil européen supprimait ou diminuait le budget de cette aide, le coût économique et social en serait considérablement plus élevé que si l’on maintenait ce programme. De même, les répercussions écologiques (sur le développement durable, la lutte contre le gaspillage...) ainsi qu’en matière de santé seraient catastrophiques. Bien au-delà, une telle décision conduirait à un véritable tsunami alimentaire et au retour de carences alimentaires
graves sur notre continent.

Naissance et mort d’un bébé dans la rue