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La Commune de Paris

Ecrit le 22 juin 2011

La Commune de Paris de 1871-2011 : 140e anniversaire

La Commune

En Afrique et en Orient le feu est mis au
poudre, et les trônes sont ébranlés par une
révolution populaire en quête de libertés,
par une révolution qui, transcendant les
clivages politiques et religieux, est la
représentation réelle du peuple qui exprime
sa colère et construit une société nouvelle.
Cela ne vous rappelle rien ?

Il n’y a pas si longtemps en France, il y a
140 ans pour être précis, eut lieu ce qui
selon Marx fut la première révolution
prolétarienne de l’histoire. Du 18 mars au
28 mai 1871, le peuple de Paris fut lui
aussi uni. Révolution populaire, libertaire,
socialiste qui en annonce bien d’autres.

"L’Histoire de la Commune a été escamotée, dit Michelet pour la Révolution
Française. L’histoire de la Commune de
1871 a été fabriquée par des escamoteurs. Méconnaître ou haïr la classe qui
produit tout, est la caractéristique actuelle
d’une bourgeoisie jadis grande, qu’affolent
aujourd’hui les révolutions d’en bas " écrit
Lissagaray en 1876.

"Celle du 18 mars 1871 est la plus haute
marée du siècle, la plus étonnante
manifestation de cette force populaire qui
prend la Bastille, ramène le roi dans Paris,
assure les premiers pas de la Révolution
Française, saigne au Champ de Mars,
enlève les Tuileries, expulse le Prussien,
extirpe la Gironde, alimente d’idées la
Convention, les Jacobins, l’Hôtel de Ville,
balaie les prêtres, plie sous Robespierre,
se redresse en prairial puis s’endort vingt
années pour se réveiller au canon des
alliés, replonge dans la nuit, ressuscite en
1830, aussitôt enlacée remplit de
soubresauts les premières années du règle
orléaniste, rompt ses filets en 48, secoue
trois jours, en juin, la République marâtre,
refoulée de nouveau éclate en 60, vide les
Tuileries en 70, s’offre encore contre
l’envahisseur, est encore dédaignée, flétrie,
jusqu’au jour où elle écrase la main qui
veut l’étreindre.

Ce flot révolutionnaire
court, ininterrompu, dans notre histoire,
tantôt au grand jour, tantôt souterrain,
comme ces fleuves qui s’abîment
soudainement dans les gouffres et les
sables,
pour reparaître
bien plus
formidables au soleil étonné« .(...) »L’avènement graduel, irrésistible, des
classes laborieuses est le fait culminant du
XIXe siècle. En 1830, en 1848, en 1870, le
peuple escalade l’Hôtel de Ville pour le
céder presque aussitôt aux subtiliseurs de
victoires ; en 1871 il y reste, il refuse de le
rendre, et, pendant plus deux mois,
administre, gouverne, mène au combat la
cité« . (...) »La France a chargé des hommes plus ou
moins nuancés ou illustres de lui fabriquer
des lois, et ces lois, toujours faites au seul
profit d’un petit nombre, ont abouti à
l’amoindrissement de la puissance natio-
nale. L’expérience a trop duré ; elle est finie.
Le lion ne remorquera plus la bourrique.
Trois fois le prolétariat français a fait la
République pour les autres ; il est mûr pour
la sienne"

Source : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/
bpt6k36518g/f5.image.r=lissagaray.langFR

Quand la foule aujourd’hui muette,
Comme l’océan grondera,
Nous reviendrons foule sans nombre,
Nous viendrons nous serrant les mains.
La mort portera la bannière ;
Le drapeau noir crêpe de sang ;
Et pourpre fleurira la terre,
Libre sous le ciel flamboyant.
 
Louise Michel, mai 1871